À la rencontre d’Abdou-Raouf Akanga

Depuis le Togo, bien plus qu'un passionné de Vélo

  • jeudi 24 août 2017

Le cyclisme est presque un art de vivre qui se développe de plus en plus dans le monde entier, et ce pour notre grand plaisir !

 C’est pourquoi nous sommes ravies de vous présenter un coureur au parcours pas tout à fait comme les autres, qui n’hésite pas à dormir avec son vélo, à qui il a donné un joli surnom, tellement il aime sa machine. Actuellement en France, il vient tout droit de Kpalimé, au Togo. Voici Abdou-Raouf Akanga, un cycliste au grand cœur qui fait bien plus que partager sa passion.

 
  • Bonjour Abdou ! Suite à notre premier article consacré au Kpalimé Cycling Project, c’est avec plaisir que nous venons à ta rencontre pour partager un bon petit Plat ! Et si tu commençais par nous en dire un peu plus sur toi ? 

 

Je m’appelle Abdou-Raouf Akanga, 23 ans, actuel champion du Togo de cyclisme sur route. Je viens d’une famille de mécaniciens de vélos, où il y a forcément des bicyclettes dans la maison. j’aimais déjà en faire pour aller à l’école ou pour aller au marché.

J’étais déjà fou de vélo dès tout petit, en passant des journées entières sur mon VTT, à faire des petits concours de free style avec les potes. En 2010, pendant le passage du Tour du Togo à Kpalimé, j’ai pris contact avec quelques coureurs de l’équipe nationale togolaise de l’époque et c’était le début de mon aventure avec le cyclisme en compétition.

  • Quels sont tes meilleurs résultats et souvenirs sur un vélo ?

Ma toute première grande victoire est ma victoire au Championnat du Togo. Ensuite est venue la plus belle et émouvante qui est ma victoire sur la troisième étape du Tour du Bénin, avec la prise du maillot jaune.

  • Peux-tu nous parler de ton pays ? Comment se passe la vie au Togo ? 

Le Togo est un très beau pays de l’Afrique de l’ouest où il fait très bon vivre. Avec un climat tropical, nous avons deux saisons dans l’année (la saison sèche et la saison pluvieuse). C’est un pays de plusieurs religions et ethnies qui vivent toutes dans la paix et l’harmonie totale.

  • Comment se passe la vie d’un cycliste à Kpalimé ? Les routes sont-t-elles facilement praticables ?

Être cycliste sur les routes togolaises n’est pas si dangereux que ça, à part quelques automobilistes inconscients, ça se passe bien. J’ai même l’habitude de voyager dans le pays à vélo avec un petit sac à dos et je n’ai jamais eu de problème.

  • Y a-t-il beaucoup de courses organisées ?

Comparé à ce que je vois ici en France, je dirai que l’on n’a pas assez de courses. On a le Tour du Togo qui fait six étapes. Avant et après, nous avons environs cinq à six courses d’une journée dans la saison.

  • Globalement, quelle vision du cyclisme ont les togolais ?

Sur ce plan, je ne peux pas vraiment me prononcer sur ce que mes compatriotes pensent du cyclisme, mais la seule chose dont je suis sûr c’est que les togolais font partie des meilleurs en matière de supporters ; ils nous encouragent vraiment lors de nos différentes courses.

  • Voilà bientôt deux ans que nous avions consacré un mets à l’association Kpalimé Cycling Project. Peux-tu nous résumer l’évolution de cette belle initiative ?

Kpalimé Cycling Project a vraiment grandi depuis deux ans et sur plusieurs plans :
– Nous avons recruté plus de coureurs à qui nous offrons tout ce dont ils ont besoin pour faire du vélo dans de bonnes conditions.

– Nous avons réussi à monter une équipe féminine, avec bientôt un recrutement d’autres filles si tout va bien. Nous sommes actuellement la meilleure équipe cycliste au Togo, la preuve les gars ont remporté le GP de la Kozah le mois dernier (course de trois étapes). Ils ont réussi à gagner une étape, le maillot jaune et le classement par équipe sans moi !

– Et pour finir, le plus grand pas que l’association a fait est l’achat d’une maison qui servira comme un petit centre de cyclisme avec des dortoirs, une bibliothèque, une chambre de vélo, un atelier de mécanique… .

  • Actuellement, vous avez mis une deuxième cagnotte de financement participatif afin de poursuivre sur votre bonne lancée. Quels sont les nouveaux objectifs à atteindre ?

Nous avons récemment mis en ligne une cagnotte de financement participative qui servira à financer quelques travaux de finition de la maison ainsi que les différentes activités de l’association, que ce soit sur le plan sportif, éducation et humanitaire. Pour participer, rendez-vous ici.

  • Revenons sur ta propre saison : comment se déroule-t-elle ?

Le début de ma saison a été moyen. J’ai fait une petite coupure après les Tours du Togo et du Benin. Là, je souhaite retrouver un bon niveau pour mon plus grand objectif de la saison qui est le Tour du Faso qui se déroule entre octobre et novembre ; c’est une course UCI 2.2 de dix étapes avec un total de 1325 kilomètres.

  • Tu es en France depuis plusieurs semaines et tu as même assisté à l’arrivée de la dernière étape du Tour de France aux Champs Elysées ! Raconte-nous comment ton séjour se passe, du voyage jusqu’aux courses auxquelles tu participes.

Tout se passe très bien depuis mon arrivée ici en France. Cette année, grâce à Pierre Carrey de Direct-Vélo et de Francis Caselli qui m’héberge, j’ai pu faire le déplacement à Paris pour suivre la dernière étape du Tour du France. C’était un grand rêve pour moi, j’étais dans les étoiles ! J’ai pu assister au Tour de France en réel pour la première fois, voir les coureurs en face et faire des photos avec eux…

Après ça, je fais des courses chaque semaine et c’est très bien de courir ici. Le fait qu’il y ait des courses régulièrement est vraiment l’idéal pour une bonne progression.

  • Quelles sont ces petites choses si différentes en France de ton pays qui te marquent le plus ?

Honnêtement, je n’ai pas vraiment un manque à part ma famille et heureusement qu’aujourd’hui grâce à internet, on peut faire des appels vidéos avec des gens partout dans le monde et cela m’aide vraiment à rester proche des miens même si ce n’est pas le cas physiquement.

  • Au niveau des ravitos, as-tu modifié tes habitudes ? D’ailleurs que manges-tu chez toi pour être en forme sur le vélo ?

Pour le ravitos sur vélo, j’ai toujours les mêmes choses : des barres énergétiques, des gels… de mon partenaire Valnutrisportshop .
En dehors du vélo aussi ça n’a pas trop changé, j’aime beaucoup les pâtes, le riz et aussi la cuisine française et je me fais plaisir aussi avec quelques plats du Togo.

  • Tiens parlons de ton vélo justement ! D’après ce qu’on voit, tu le bichonnes ! Allez, dis-nous comment tu l’as surnommé ?

Depuis quelques années déjà, je ne pense qu’au vélo et c’est d’ailleurs un mode de vie qui me plait très bien ; je suis toujours avec mon vélo jusqu’au point où je pense qu’on est comme un couple et je l’ai surnommé ‘’Ma petite Chérie’’.

  • Et pour conclure cette bonne recette, quelle est la suite de ton programme de l’année, pour toi comme pour l’association ?

Continuer à travailler pour bien marcher sur mes dernières courses de la saison. Dès que je rentrerai au pays et pour l’association, nous allons finir la maison et commencer nos activités dedans, recruter plus de filles et nous remettre à l’organisation des courses pour notre école de cyclisme et si tout va bien des courses pour les filles aussi.

  • ~ Galerie photos ~

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    Abdou-Raouf Akanga

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    Abdou-Raouf Akanga

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  • Merci Pour ces beaux moments de partage Abdou ! On tient à te féliciter toi et tous ceux qui participent à l’évolution de l’association. Continue à si bien partager la passion que tu as pour le vélo

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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