À la rencontre de Pierre Micheau

Et à l'image de Bike'N Connect : relieur de cyclistes

  • mercredi 30 janvier 2019

Derrière chaque cycliste, pro, amateur, au féminin comme au masculin se cache une personne. Et elles ont toutes une histoire à raconter. Au travers de leur chemin, des rencontres, qui montrent de très beaux projets et parcours.

Pierre Micheau est l’une de ces personnes. Et comme bon nombre de passionnés, ce mets délicieusement concocté à ses côtés nous montre qu’il a plein de belles choses à accomplir et à nous conter.

 

  • Bonjour Pierre, on t’a connu à travers le super reportage vidéo que tu avais tourné avec Crescendo. En pleine immersion avec Yoann Bagot, coureur pro à Vital Concept – B&B Hôtels, vous aviez mis à l’honneur l’application qui relie les cyclistes : Bike’N Connect. Que gardes-tu de cette expérience et des autres tournages que tu as réalisés ?

Tout d’abord, bonjour à toute la communauté ! Avec deux amis d’enfance, nous avions effectivement créé un média et nous avions réalisé beaucoup de reportages et documentaires sur l’entrepreneuriat et le sport. Une expérience exceptionnelle, riche humainement. Nous avons rencontré des entrepreneurs extraordinaires, très investis dans le sport. Des marins, des footballeurs, des nageurs, des rugbymen, des explorateurs… et même des cyclistes !

Nous avons la chance d’avoir gardé contact avec certains, d’autres sont même devenus des amis, comme Yoann Bagot. Nous partageons des valeurs communes comme la famille, le sport, la simplicité et l’astronomie.

 

  • Plus globalement, parle-nous de toi…

J’ai 28 ans, je suis ce que l’on appelle un autodidacte et je suis surtout quelqu’un de curieux dans le sens où je m’intéresse à tout. J’aime découvrir de nouveaux horizons, de nouvelles disciplines, de nouveaux codes. Je suis quelqu’un d’engagé, d’investi. Je suis Conseiller Municipal en charge des jeunes, du numérique et du sport dans mon petit village, Floure, du Sud de la France, dans l’Aude.

L’éducation à travers l’activité sportive c’est un peu mon cheval de bataille. Je travaille pour la Fédération Française de Football depuis déjà trois ans. Le foot, c’est ma première grande passion et j’ai la chance d’en vivre. Je considère ça comme un privilège.

 

  • … Et de ta passion pour le vélo.

J’ai toujours apprécié le Vélo mais ma famille n’avait pas forcément les moyens de m’en offrir un étant enfant. Mon tout premier vélo a d’ailleurs été récupéré à la décharge, et je me rappelle l’avoir remonté avec l’aide de mon oncle. Entre mes 15 ans et 20 ans, j’ai eu de graves problèmes à mon genou droit. J’ai dû abandonner le foot et faire mes rééducations chez un Kiné (Bernard Cazal). C’est lui qui m’a incité à passer du football au cyclisme, pour mon plus grand bonheur.

Cependant ces dernières années, avec mes activités professionnelles, j’avais laissé tomber le sport et donc mon hygiène de vie. Il y a un an, j’ai décidé de me reprendre en main et de me remettre au vélo. J’ai roulé 7000 kilomètres en 2018 et perdu 15 kilos. Le sentiment de liberté, les paysages, la concentration dans l’effort, la réaction que cela engendre sur notre corps, le partage de tout ça avec les gens… c’est pour toutes ces raisons que j’aime ce sport.

 

  • Tu es désormais responsable communication et marketing pour Bike’N Connect. Remontons-un peu le temps et raconte-nous votre histoire commune.

Effectivement, j’ai pris ces fonctions au premier janvier dernier en plus de mes autres activités. J’ai un emploi du temps relativement chargé… Comme dit précédemment, j’avais rencontré Yoann et Philippe Rivière lors du tournage de notre documentaire. Nous avons souvent échangé, et j’ai vu en un an leur projet évoluer, se construire, se solidifier. Bike’N Connect arrivait à un tournant important. Je vais essayer d’y apporter ma pierre à l’édifice.

 

En compagnie de Yoann Bagot et d’Anthony Saliba

 

  • Comment se porte Bike’N Connect dans sa deuxième version que Yoann Bagot nous avait présenté l’an passé ?

On se porte bien. Nous essayons d’apporter de la nouveauté dans les contenus et ça ne fait que démarrer ! Des vidéos, de l’interaction, des interviews, des astuces, des tutos… . Tout cela se met en place et on ressent déjà un impact.

Ensuite, toutes les cyclosportives sont recensées sur notre site internet et pour celles dont nous sommes partenaires, vous pouvez même vous y inscrire dessus, de même que pour des stages vélo. Ce sont de vraies opportunités, de vraies facilitées, que nous offrons à notre communauté désormais.

 

  • En parallèle, tu t’es lancé dans une très belle aventure : aider – et même participer – à la réalisation du rêve de Romain Fantaccino Lafont, cycliste malvoyant. Peux-tu nous décrire son projet ?

Romain a 20 ans, il est malvoyant et extrêmement talentueux, bien plus que moi ! Il est d’ailleurs suivi par la Fédération qui aimerait l’emmener vers les Jeux de Paris 2024 handisport. Mais il a besoin d’un pilote de moins de 30 ans pour l’accompagner dans ses courses. C’est la dimension humaine du projet qui m’attire. Je ne suis pas et je ne serai jamais un champion. Lui en a la possibilité. La seule chose que je puisse faire, c’est lui prêter mes yeux.

J’essaye ensuite de le guider sur le vélo, lui décrire le parcours, les difficultés qui approchent etc. Jaime beaucoup l’idée que quelque soit le handicap, il existe toujours une possibilité de pratiquer un sport. « Vivre c’est aider un autre à vivre » comme Romain le dit si bien. Nous allons participer aux onze manches de la Coupe de France Handisport Cofidis pour la saison 2019 ! Il faut donc s’entraîner. Il a la chance d’avoir plusieurs personnes susceptibles de le piloter pendant les entraînements car professionnellement, je ne suis pas forcément disponible tout le temps.

Afin de l’aider à financer ses projets, une cagnotte a été lancée. Déjà presque 1000€ de récoltés, et il est encore temps d’y participer !

 

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  • Quels sont tes autres prochains objectifs, avec et sans vélo ?

Il y en a tellement… 2020 sera une année charnière pour moi dans tous les domaines. « En ce qui concerne l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le permettre » comme l’écrivait Saint-Exupéry. Je m’y attelle au quotidien… On se revoit l’an prochain et on fera un bilan à ce moment-là !

 

  • Si tu devais conseiller Bike’N Connect à des passionnés de vélo, que leur dirais-tu ?

Strava c’est super pour l’après ride. Nous, nous sommes l’appli qu’il faut pour l’avant sortie ! Planifier son aventure et la partager avec du monde que l’on va rencontrer. Ensuite, Bike’n Connect c’est une vraie communauté qui s’agrandit de jour en jour, donc venez nous rejoindre ! Nous serons présents à beaucoup de cyclos cette année, comme La Jacques Gouin et le Raid des Alpilles, mais aussi sur le Paris-Nice Challenge et Paris-Roubaix. On va s’amuser !

 

  • Avec tout ça, est-ce que tu suis aussi les courses pros ?

Oui bien sûr, depuis tout petit là aussi. Avec mon frère, nous nous faisons parfois des challenges. Objectif : deviner l’effectif de telle équipe, telle saison. Et là, c’est parti pour une heure à chercher, à donner des indices etc. On se marre bien.

Gamin, mon idole c’était Jaja ; il est de Mazamet, sa femme de Carcassonne. C’était l’enfant du pays, donc ça me parlait ! Adolescent, j’adorais David Moncoutié et Damiano Cunego. Aujourd’hui, j’apprécie beaucoup Thibaut Pinot et l’italien Fausto Masnada. Le Giro est une course que j’adore vraiment, comme le Tour de Lombardie et Milan-San Remo. J’adore l’Italie et la passion que ce pays a pour le cyclisme est vraiment enthousiasmante !

 

  • Pour conclure ce dessert en saveur, quels sont tes péchés mignons ?

L’orangina, j’aime trop cette boisson. Trop long à vous expliquer ! En dessert : les fraises de mon jardin avec de la chantilly artisanale. Juste énorme.

 

Pierre Micheau au sommet du Géant de Provence

 

Un grand merci à Pierre Micheau pour ce mets riche en passion partagée. On se retrouve très vite via Bike’N Connect pour poursuivre nos missions communes : relier les cyclistes du monde.

 

Crédits photos : @LMPprod

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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