Alexis Dulin, l’homme qui monte

"J'ai toujours l'espoir de passer professionnel en 2015."

  • mardi 14 octobre 2014

Cette saison, un coureur amateur a levé les bras à quatre reprises. Sa dernière victoire date 27 septembre dernier, lors de Paris-Vierzon. Ce cycliste, qui porte les couleurs de la Team Pro-Immo Nicolas Roux n’est autre qu’Alexis Dulin. Rencontre avec un auvergnat prometteur, plein d’ambitions et de valeurs.

À  Dix-neuf ans, le jeune homme s’en est allé en Savoie, pour devenir membre de Chambéry Cyclisme Formation. Il y est resté deux ans et y a accumulé expériences et compétences.

C’est seulement l’année suivante, en 2013 que le coureur est parvenu à remporter une belle victoire au Grand Prix de Sentheim. Il portait le maillot du CC Étupes.

Depuis le début de l’année, Alexis Dulin fait donc parti du Team Pro-Immo Nicolas Roux. Le moins que l’on puisse dire, c’est que sa nouvelle équipe lui réussit : avec quatre victoires au compteur, une dizaine de podiums et de belles places d’honneur, il semblerait que l’auvergnat ait franchi un cap.

À plusieurs reprises dans sa jeune carrière, il a porté les couleurs de l’équipe de France, notamment sur le dernier Tour de l’Ain (2.1).

Avec de tels résultats, il a eu l’espoir d’être sélectionné pour faire un stage chez les grands. Seulement, la concurrence est rude, et il n’y a pas de place pour tout le monde.

Au bon dossard est allé à la rencontre d’Alexis. Nous sommes heureux de partager son expérience et notre échange.

Au bon dossard :

À quel âge as-tu commencé le vélo ?

Alexis Dulin :

J’ai commencé le vélo à l’âge de 11 ans en benjamin 1.

Au bon dossard :

Tu fais des cyclo-cross chaque hiver ? Qu’est-ce que ça t’apporte en plus de la route ? Et pour la préparation de la future saison ?

Alexis Dulin :

Oui j’ai toujours eu pour habitude de faire un peu de cyclo-cross l’hiver. A mon niveau sans pression de résultats, c’est juste pour m’amuser, casser la routine des longues sorties hivernales. Puis j’adore courir, je fais du vélo pour faire des courses, donc si je ne fais pas cyclo-cross l’hiver je trouve le temps vraiment trop long. Puis ça m’apporte beaucoup au niveau du pilotage de mon vélo car je suis peu à l’aise lorsqu’il pleut, notamment dans les descentes. Alors le fait de faire un peu de cyclo-cross m’aide à avoir les bonnes trajectoires par exemple.

Au bon dossard :

Malheureusement, j’imagine que tu n’as pas pu faire de stage ? (j’espère pour toi que ça viendra !) Comment vas-tu aborder 2015 ? Tu comptes rester dans la même équipe ?

Alexis Dulin :

Non en effet je n’ai pas eu de contacts durant la saison pour effectuer un stage dans une équipe professionnelle. C’est dommage, mais bon j’ai obtenu plusieurs sélections en équipe de France à La Polynormande et au Tour de l’Ain ou j’ai pu courir avec les pros. J’ai pu découvrir ce peloton que je ne connaissais pas et ça m’a conforté dans l’idée que j’ai vraiment envie de passer chez les pros.

Oui je reste à Pro Immo Nicolas Roux, il y a un très bon programme de courses, et en plus mon frère qui sera Espoir 2 rejoint l’équipe donc c’est l’idéal pour moi. Mais je garde espoir de trouver une équipe professionnelle pour 2015, tous n’est pas bouclé et j’espère toujours ! Beaucoup de personnes m’ont dit que ça pouvait se faire aux tout derniers moments…

Je vais aborder 2015 comme 2014 mais avec encore plus de confiance. En étant très sérieux cet hiver et avec beaucoup d’envie !

Je me suis rendu compte cette saison que je pouvais gagner de grandes courses et j’ai retrouvé la confiance en moi que j’avais en course lorsque j’étais en Juniors ou je n’avais peur de personne. Donc j’espère faire la même saison qu’en 2014 en mieux !

Au bon dossard :

Peux-tu nous parler des routes auvergnates ? (j’ai vu par moi-même que ce n’est jamais plat…). Est-ce bénéfique pour l’entraînement ?

Alexis Dulin :

Oui comme tu dis, ce n’est jamais plat ! C’est ce qui en fait leur charme ! J’habite dans un petit village à côté de Montmarault et déjà pour sortir de chez moi il y a deux kilomètres de bosse… Quand j’ai les bonnes jambes ça va mais dès que je suis pas bien ça devient limite horrible ! On a l’impression de ne pas avancer. Par exemple, je fais jamais plus de 29 km/h de moyenne à l’entraînement à moins de faire du derrière scooter. Lorsque je fais de longues sorties je peux finir avec 3000 mètres de dénivelé positif. Ce sont des routes idéales pour moi et me sont vraiment bénéfiques comme je suis plutôt un grimpeur.

J’ai des parcours d’entraînements dignes des courses en montagne que je peux faire tout au long de la saison…

Au bon dossard :

Qu’est-ce qui te passionne hormis le cyclisme ?

Alexis Dulin :

En dehors du vélo, j’ai une grande passion pour la Seconde Guerre mondiale ; mes arrières parents étaient résistants alors j’ai beaucoup étudié cette période. Avec mon frère et mon cousin, on a fait pas mal de recherches sur ce qu’on put faire mes arrières grands-parents pendant la guerre et je suis très fier d’eux ! Ce qui ma le plus marqué c’est mon arrière-grand-mère, elle faisait quasiment 120 kilomètres en vélo plusieurs fois par semaine pour aller travailler, mais en même temps elle cachait des messages dans son vélo qu’elle donnait ensuite aux résistants. Quand j’ai su ça je me suis juré de ne plus jamais me plaindre d’une course ou d’un entraînement trop long !

J’aime aussi beaucoup tout ce qui touche au cinéma et films. Je vais souvent au cinéma avec mes amis.

Au bon dossard :

Merci pour cet entretien très intéressant. Nous te souhaitons plein de bonnes choses pour cet hiver et la saison prochaine.

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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