C’est reparti avec la Route d’Occitanie

Une Recette au pays de la Chocolatine

  • mardi 28 juillet 2020

Qui aurait pu croire que l’on parlerait de reprise de saison en plein mois d’août ? En temps normal, on se remettrait du Tour de France, après avoir connu bien des Classiques et avoir vu la vie en Rose. Sauf que l’on ne vous apprendra rien en vous disant que cette année est tout sauf banale.

Le jour tant attendu approche. Celui où les coureurs vont enfin pouvoir épingler un (bon) dossard à leur maillot ! Quoi de mieux que de retrouver l’ambiance du peloton dans une région à l’accent chantant ?

Pour l’occasion et profitant de notre séjour à Toulouse, on vous présente à notre manière en compagnie de Romain Caubin, chargé des Relations Extérieures pour la Route d’Occitanie – la Dépêche du Midi version 2020 et retour à la compétition.

 

 

  • Bon jorn ! C’est donc du 1er au 4 août prochain que se déroulera cette nouvelle édition de la Route d’Occitanie, sous un contexte forcément particulier. Et si nous commencions par remonter le temps avec un petit historique de l’épreuve ?

La course a été créée en 1977 sous l’initiative de l’ancien sprinteur castrais Jacques Esclassan et avec l’impulsion de Francis Auriac, président historique de l’épreuve jusqu’en 2007. Dans un premier temps, elle porte le nom de « Tour du Tarn » avant d’être renommée en « Tour Midi-Pyrénées », en 1982 puis « Route du Sud – La Dépêche du Midi » pendant 26 ans. L’épreuve a été rebaptisée la « Route d’Occitanie- La Dépêche du Midi » en avril 2018 pour mieux épouser la nouvelle région Occitanie.

Depuis plus de 40 ans elle réunit une centaine de personnes, toutes bénévoles, à la fidélité sans faille. C’est important de le souligner car il s’agit de l’une des seules courses de top niveau mondial à encore être organisée par une association 100% bénévole. Quand on connait les exigences techniques et financières que demandent aujourd’hui une course cycliste professionnelle, nous pouvons être fiers de notre comité d’organisation.

Mais cela ne nous empêche pas d’avoir à notre palmarès depuis 1977 certains des plus grands coureurs du monde, de Francesco Moser à Alejandro Valverde, en passant par Laurent Jalabert, Stephen Roche, Alberto Contador ou Nairo Quintana.

 

  • Quels sont les meilleurs souvenirs que vous gardez des éditions précédentes ?

Toutes les éditions sont belles, et apportent leur lot de souvenirs. Mais je confesse que le cru 2015 a une saveur particulière. Le mano à mano entre deux champions d’exception, Alberto Contador et Nairo Quintana sur les pentes du redoutable Port de Balès, arbitré par la révélation Pierre Latour a marqué les mémoires. D’autant plus que c’était la première année que nous étions en direct à la télévision, sur les antennes d’Eurosport.

 

Valverde et Uran sur la Route d’Occitanie l’an passé – Photo : Aubin Lipke

 

 

  • Place désormais à cette année ! Pouvez-vous nous faire un édito de ce qui attend coureurs et suiveurs dans quelques jours ?

4 étapes, 2 villes inédites, une grande étape de montagne, 2 arrivées au sommet, 12 Grands Sites Occitanie, 720 kilomètres de course, 11 grand prix de la montagne et surtout 9 départements traversés sur les 13 de la grande Région Occitanie Pyrénées Méditerranée, tels sont les chiffres clefs de cette 44ème édition disputée par 21 équipes de 7 coureurs. 8 équipes World Tour, 9 équipes Continental Pro et enfin 4 formations de troisième division seront au départ à Saint-Affrique.

 

  • Avec une si belle région, comment avez-vous tracé les étapes formant un terrain de jeu propice au enjeux sportifs comme au spectacle ?

Chaque année, nous devons respecter un certain nombre d’engagements. Tout d’abord nous nous devons d’honorer nos partenaires, au premier rang desquels notre région et nos département. Comme vous le savez, nous avons la chance d’avoir un territoire qui regorge de sites d’exception, et nous en visitons chaque année plusieurs. Notre région est également vaste, avec 13 départements, ce qui élargit notre terrain de jeu. Mais nous ne faisons pas n’importe quoi et nous nous devons également d’honorer un engagement sportif auprès des champions et des équipes qui nous font confiance.

Pour vous donner un exemple, nous respectons scrupuleusement la récupération des coureurs et évitons d’avoir des transferts trop longs entre les étapes. Il faut enfin que nous ayons un tracé harmonieux et équilibré, permettant à tous les coureurs de s’exprimer, qu’ils soient sprinteurs, baroudeurs ou grimpeurs.

 

Lors de l’édition 2019 – Photo : Aubin Lipke

 

 

  • Si on vous aurait dit jadis qu’un jour, votre course rouvrirait la saison en plein mois d’août, comment auriez-vous réagi ?

Il est vrai qu’avec 40 ans d’existence, la Route d’Occitanie a pris ses habitudes au mois de juin, en tant que répétition générale de la grande messe de juillet. Historiquement la course permet aux grands champions de peaufiner leur condition en vue du Tour de France, mais aussi à des jeunes pousses d’éclore et de se révéler au grand public (nous citions Pierre Latour, mais n’oublions pas que Nairo Quintana ou encore Richard Carapaz ont performé dans le sud-ouest avant d’exploser au plus haut niveau international).

Alors si vous m’aviez dit il y a encore six mois que nous serions l’une des principales courses de reprise du calendrier international, qui plus est au mois d’août, je ne vous aurais pas cru. Mais qui pouvait prévoir que l’Euro, les JO, ou encore le Tour de France seraient repoussés à cause d’un virus mondial, et que le monde en général serait totalement bouleversé de la sorte ? Pas grand monde.

Nous sommes conscients du défi que représente l’organisation d’une course en cette période, et espérons apporter modestement notre pierre à la relance du sport professionnel. Nous serons en effet un peu plus sous le feu des projecteurs, mais, comme les années précédentes, la Route d’Occitanie permettra de préparer le Tour de France, à des coureurs de se révéler, et de mettre en valeur nos territoires traversés.

 

  • Comment organiser une telle épreuve en prenant compte le contexte actuel ?

Nous allons respecter scrupuleusement le cahier des charges de l’UCI et de la Ligue Nationale de Cyclisme. Celui-ci prévoit notamment la création d’une bulle sanitaire autour des équipes. Cela se matérialisera par une absence de contact des coureurs pour le public, avec des barriérages renforcés. 2020 ne sera pas l’année des selfies, des autographes, ou de la récupération de bidons.

Les podiums signatures au départ et protocolaire à l’arrivée seront sacralisés en présence des coureurs, et nous encourageons tous les suiveurs à porter le masque quel que soit la distance dès lors que les équipes sont à proximité. Gel et masques seront distribués et nous encourageons fortement les spectateurs à venir masqués, afin de se protéger, en montrant à nos côtés la meilleure image possible des courses cyclistes.

Enfin, un important plan de communication sera déployé. Daniel Mangeas, la voix du Tour et de la Route d’Occitanie depuis plus de 40 ans, insistera en toute occasion sur l’importance de tenir ses distances, tandis qu’un véhicule d’ouverture d’info public rappellera les règles de sécurité sur le bord des routes.

 

  • Un très beau plateau est annoncé ! Avez-vous déjà quelques pronostics ou ambitions au sein de l’organisation ?

Comme je l’ai mentionné, l’important pour nous n’est pas d’empiler des noms prestigieux mais de participer à la relance du sport de haut niveau et de l’attractivité de nos territoires dans une période compliquée pour les raisons que vous savez. L’ensemble de nos efforts est concentré depuis des mois sur le strict respect des règles sanitaires de lutte contre le coronavirus. L’exemplarité dont nous ferons preuve en la matière est notre ambition. C’est celle-ci qui permettra de relancer progressivement des événements sportifs.

Je ne suis pas inquiet pour le palmarès 2020, mais je vais vous faire une confidence : je ne suis jamais inquiet. Nous avons chaque année un plateau de très haut niveau, qui récompense la qualité de nos bénévoles et de notre organisation.

 

Au pays de la Chocolatine en 2019 – Photo : Aubin Lipke

 

 

  • Pour que la fête soit plus belle, il est indispensable de respect l’environnement. Pour cela, vous avez mis en place un dispositif de tri ainsi qu’un guide de bonnes pratiques. Pouvez-vous nous décrire ce dispositif qui devrait d’ailleurs être mis en place sur toutes épreuves sportives ?

Nous sommes inscrits depuis plusieurs années maintenant dans une démarche d’organisation responsable. Cette démarche trouve son origine dans une volonté farouche de respecter les environnements que nous traversons mais aussi dans une nécessité de rationaliser notre modèle économique. Notre dispositif comprend ainsi plusieurs initiatives comme des zones de collecte de déchets mises en place en différents points des étapes, ou encore des espaces de tri sur nos sites de départs et d’arrivées. Ces dernières années, nous avons aussi relocalisé les prestations de restauration auprès de professionnels locaux ou encore largement baissé le nombre de véhicules suiveurs.

 

  • Les partenaires jouent des rôles importants dans une telle organisation. Vous nous les décrivez ?

Tout événement, à fortiori de grande ampleur, a besoin de soutiens et de partenaires pour exister et perdurer. Nous en avons de nombreux, modestes ou plus importants. Et parmi ces partenaires majeurs, il s’en trouve un que je souhaiterai mettre à l’honneur cette année, à savoir la puissance publique qui nous a sauvé en 2020.

Nos soutiens privés rencontrent en effet des difficultés importantes avec la crise, et c’est bien normal que leurs priorités changent cette année, mais nous avons la chance d’être financé à 90% par des partenaires publics qui ont continué de nous soutenir malgré les temps difficiles et je veux les en remercier.

Le vélo est un sport populaire, ancré dans des territoires, sur des routes et sur le domaine public et je suis très fier d’être soutenu par ceux pour qui nous organisons : des gens, des citoyens.

 

  • Pour conclure, quelques mots à ajouter ?

Romegues pas et reste à distance !

 

Paysage 2019 – Photo : Aubin Lipke

 

 

Merci à Romain Caubin pour nous avoir mis en appétit ! Nous vous souhaitons une belle course ainsi qu’une bonne reprise sur les routes, notamment celles de la région Occitanie.

Pour obtenir tous les détails de la course, rendez-vous sur le site internet de la Route d’Occitanie.

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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