Direction : le Tro Bro Leon

Une recette concoctée par Jean-Paul Mellouët

  • vendredi 19 avril 2019

Bienvenue en Enfer… ou au Paradis, c’est selon. En terre bretonne où l’engouement pour le cyclisme n’a rien d’un mythe tout en étant légendaire, on vous embarque sur un chemin de traverse pour le Tour du Pays de Leon – aussi connu par son surnom : « le Paris-Roubaix Breton ».

Derrière cette épreuve pas tout à fait comme les autre, se cache un investigateur qui ne manque pas de personnalité. La course qu’il a inventé il y a 35 ans est à son image : originale – classe – décalée et aussi redoutée qu’appréciée par les passionnés.

 

 

À sa façon, Jean Paul Mellouët va nous raconter l’organisation qui rythme sa vie et qu’il continue d’illustrer de belle manière. Le départ est imminent pour le le Tro Bro Leon.

 

Jean-Paul Mellouët bien accompagné !

~ Introduction ~

DA RED D’AN IFERN… en français : une course d’enfer.

 

~ Chapitre 1 – Là où tout a commencé ~

Je suis né dans le pays Pagan (enclave du Leon) bretonnant de naissance. Très jeune, j’étais fan de Jacques Anquetil, il est d’ailleurs venu sur le Tro Bro Leon en 1987. Puis ce fût une époque plus rock and roll des années 60 / 70, plus axée sur les Stones et les illustrations de la génération Woodstock… mais toujours une passion pour le cyclisme.

Étant un coureur cycliste très moyen, plutôt mauvais, je me suis orienté en 1984 sur la création du Tro Bro Leon, épreuve dont les bénéfices servaient au financement de l’école DIWAN, enseignement du breton, où mes enfants étaient scolarisés.

TRO BRO LEON veut dire TOUR DU PAYS DU LEON.

 

~ Chapitre 2 – Premières éditions ~

Pour la première aventure, j’avais décidé de mettre des chemins de terre « Ribinoù, pluriel de Ribin » par passion à Paris-Roubaix. Toutes les courses se ressemblaient il fallait donc « dépoussiérer » l’image du cyclisme de cette époque. Pour la première édition, on était quatre personnes à flécher la nuit précédant la course ; marquage au sol avec le pot de peinture qui se renverse dans la voiture.

En 1984, il y avait cinq secteurs empierrés, puis le nombre a augmenté au fil des années ; 27 en 2019. Le public ainsi que les coureurs ont tout de suite adhéré dès le début à cette aventure hors norme. Mais depuis quelques années, le RIBIN est utilisé à toutes les sauces…

 

~ Chapitre 3 – Anecdotes au fil des saisons ~

– La première édition : les premiers coureurs se trompent de parcours en suivant la voiture ouvreuse qui coupait pour rejoindre l’arrivée. Premier : Chemin devant JJ Lamour.
– Début 1990 : pendant que l’on mettait les panneaux directionnels ,nous fûmes avertis par la Gendarmerie Motorisée, qui reconnaissait le parcours, que la DDE enlevait les flèches derrière nous… il a fallût faire le mûr, avec l’accord du maire, pour les récupérer.
– Début années 2000 : dans une commune le panneau RIBIN était criblé de balles.

Il y a une dizaine d’années de cela, toutes les banderoles du RIBIN d’arrivée avaient été arrachées. Mais pour le passage du Tro Bro Léon tout était réinstallé, un grand merci aux bénévoles.
Le Tro Bro Léon a pris son essor en 1996 avec la victoire de T. Bricaud , la présence des Vendée U et des clubs parisiens . EN 2000, le passage au niveau professionnel, lauréat Jo Planckaert. L’année suivante, c’était celle de Jacky Durand puis Baden Cooke en 2002.

L’arrivée du direct TV en 2007 fût un autre challenge. Le dernier vainqueur breton du Tro Bro Leon c’est Frédéric Guesdon, et c’était en 2008.

Il y a toujours le porcelet qui est attribué au premier breton et qui est offert par les Jeunes Agriculteurs de Lannilis. Il est présent depuis 2006.

 

Quelques clichés des éditions passés – Crédit : Sébastien Delaunay – Olivia Nieto – Tro Bro Leon

 

~ Chapitre 4 – Illustrations & animations ~

Étant graphiste de métier, il est plus facile pour moi de faire en illustration les affiches du Tro Bro Leon. Depuis 2015, elles sont faites autour du porcelet qui est devenu le sujet incontournable de l’épreuve.

Comme animation, nous avons lors de la présentation des équipes un « Kig a farz », repas traditionnel léonard, pour 1200 invités… après une dégustation d’huîtres.

Pour suivre le Tro Bro Leon, huit bus sont affrétés avec au troisième arrêt le PVR tradi. Nous louons également un hélicoptère pour le survol de la course.

Pour finir la journée, c’est le vin d’honneur dans le village VIP situé à proximité de l’arrivée à Lannilis.

 

 

~ Chapitre 5 – Le Tro Bro Leon version 2019 ~

L’épreuve aura lieu le lundi de Pâques – 22 avril. Près de 206 kilomètres dont 30 de chemins empierrés pour 27 RIBINOU. Bord de mer assuré pour les images TV de l’extrême ouest de la Bretagne.

Vingt équipes seront au départ, neuf françaises et onze étrangères. Christophe Laporte défendra son titre mais il est difficile de nommer un favori. Comme course d’attente ce sera la seconde manche du Trophée Madiot Cadets ainsi qu’une épreuve 3 et juniors (Trecobat Classic).

La veille, 21 avril, aura lieu le Tro Bro Cyclo / 120 kilomètres. Pour une première fois une nouvelle catégorie a été mise en place : la Tro Bro gravel 70 kilomètres, 50% ribinoù. Pour les nostalgiques et les amoureux de vieilles voitures la Tro Bro Vintage : 30 kilomètres avec arrêt buffet.

 

 

~ Épilogue ~

Souvent la passion dépasse, peut-être, la raison… mais cela fait 35 ans que ça dure.

 

Merci à Jean Paul Mellouët pour ce mets aux saveurs bretonnes. Nous vous souhaitons une très belle édition du Tro Bro Leon.

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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