Guillaume Monmasson, la tête dans le guidon

Entre polyvalence et détermination

  • lundi 8 avril 2019

Photo : Emilie Devienne

 

Il fait partie des coureurs à l’aise sur route comme sur la piste. D’ailleurs, il a même été vice-champion de France de la course aux points. Cette année, Guillaume Monmasson évolue au CGOL – (Cercle Gambetta Orléans Loiret), club labélisé en DN2. À ses côtés, nous allons concocter un nouveau mets afin de découvrir la personnalité de celui qui se dit : « Tourneur de manivelle à ses heures perdues ! »

 

  • Bonjour Guillaume, et bienvenue sur le site qui ravitaille le cyclisme ! Si on commençait cette interview par tes meilleurs souvenirs vécus grâce au vélo ?

Sans nul doute, je choisirais les Championnats de France sur piste de 2018. J’ai passé une semaine exceptionnelle ! Je venais avec pour but la poursuite par équipe, c’était mon objectif de la deuxième partie de saison. On avait bien bossé avec les copains de la région Centre. Pour moi, c’était l’occasion de monter une fois dans ma vie sur un podium aux Championnats de France et on accroche le podium pour quelques centièmes. Cette troisième place avait pour nous un petit goût de victoire. On a été battu par plus forts et n’avons pas de regret. L’émotion était incroyable ! C’est un sentiment d’accomplissement indescriptible que de monter pour la première fois sur un podium national et le vivre à plusieurs, c’est magique car vous n’êtes pas seul dans l’euphorie !

Le pompon est venu le lendemain, où je deviens vice-champion de France de courses aux points, chose que je n’avais même pas imaginé auparavant. Décomplexé avec le podium de la veille, je sais que mon Championnat est réussi et j’aborde la course sans pression particulière. Je me souviens avoir dit sur l’anneau d’échauffement juste avant le départ à Colin Jacquemin : « Je vais faire le départ pour doubler rapidement, avec vingt points je peux faire un top cinq ». Je prends la course en main dès le début et tout s’enchaîne à la perfection ; c’était génial !

Je me rends vite compte que je suis dans une forme que je n’avais jamais connue auparavant, je suis dans les bons coups et commence à penser au titre à la mi-course. Cependant, je comprends à dix tours de la fin que je ne gagnerai pas quand Antonin Corvaisier me prend trois points sur un sprint. Le moment où je passe la ligne fut spécial, je savais ce que je venais de faire mais j’avais du mal à réaliser et la joie qui en ressort quelques minutes après c’est magique ! C’est une sensation que je souhaite à tout le monde de vivre un jour dans sa vie !

C’est un accomplissement pour tous les efforts fournis dans la saison. Rendre fiers toutes les personnes qui étaient venues me voir : mon club, mon entraîneur et mes parents. C’était beau car un peu inattendu pour moi ! (Il paraît que des larmes ont été versées des deux côtés !).

 

 

  • Qu’est-ce que ce sport te procure au quotidien ?

Le cyclisme m’apporte un équilibre au quotidien. Il me permet de me défouler physiquement (après cinq heures de vélo je vous assure que l’on dort bien), mais aussi de m’extérioriser un peu. Je roule souvent seul, ce qui ne me dérange pas, ça me permet de penser à autre chose que les cours qui rythment une grande partie de ma vie et de me vider la tête.

 

  • Et si tu devais t’en passer pendant une semaine, un mois, comment te sentirais-tu et que ferais-tu à la place ?

Parfois ça fait du bien car le vélo prend beaucoup de place dans la vie d’un coureur. Cet hiver, j’ai posé le vélo un peu plus longtemps que les autres et cela m’a été bénéfique. Bon je ne peux pas rester longtemps sans faire de sport mais ça me permet de penser à autre chose, de sortir avec des amis et de faire quelques excès qui ne sont pas permis en saison !

 

  • Si tu devais décrire le coureur que tu es, quels mots emploierais-tu ?

Polyvalent. Je suis assez complet, pas très à l’aise dans les cols mais je passe bien les bosses. Avec mon gabarit léger, mon placement peu me sauver dans quelques bordures et avec la piste, j’ai appris à frotter donc je sais faire ma place et je peux faire quelques petites places aux sprints. Ce n’est pas le plus simple pour gagner des courses en effet ! Pour me comparer à un coureur professionnel connu, je pense ressembler le plus au profil de Tony Galopin (en bien moins fort quand même !) Sa façon de courir et son tempérament m’inspirent beaucoup.

 

  • Tu cours donc sous les couleurs du Cercle Gambetta Orléans Loiret. Joli maillot d’ailleurs ! Peux-tu nous présenter ton club ?

C’est un club très ancien, qui à longtemps évolué en Division Nationale mais qui avait cessé son activité à haut niveau avant de se relancer en DN3 il y a trois ans. Les gars ont gagné la Coupe de France l’an passé, donc on se retrouve naturellement en DN2 cette année. L’ambiance est bonne, on s’entend tous très bien et le fait de ne pas avoir de vrai leader peut nous permettre à tous (y compris les jeunes comme moi) de jouer notre carte de temps en temps, ce qui est appréciable pour une première saison chez les élites. On a quelques coureurs avec des l’expérience derrières eux donc c’est toujours bien pour apprendre. Ils sont là pour nous guider dans le peloton et me servent de point de repère.

 

  • Quelles sont les missions et les objectifs que vous vous êtes fixé cette saison ?

Pour ce qui est du club, l’objectif principal est le maintien en DN2, si possible de se placer en milieu de tableau. Je pense que la saison serait réussie.

Personnellement, j’ai pour ambition de lever les bras en deuxième catégorie pour monter en première. J’aimerais bien accrocher un résultat sur une élite dans la saison et aux Championnats de France espoirs, ainsi que d’aider le collectif sur les manches de Coupe de France.

 

Photo via le CGOL

 

 

  • Quand tu n’es pas sur le vélo, tu jongles avec tes études d’ingénieur. Quelle branche as-tu choisi et pourquoi ?

Je suis cette année en première année de cursus préparatoire à l’INSA Centre Val de Loire à Blois. C’est une école assez généraliste, durant le cycle préparatoire on travaille sur beaucoup de matières différentes afin d’acquérir suffisamment de connaissance. Après, je pense me spécialiser dans l’ingénierie mécanique (conception, développement …).

 

  • Grâce à cette mixité sport/études, quelles carrières professionnelles envisages-tu prochainement ?

Pour le moment, l’objectif principal est d’obtenir mon diplôme d’ingénieur qui m’offrira beaucoup plus de débouchées professionnelles que le vélo. J’ai la chance de pouvoir mener mon double projet sportif et scolaire comme mes études sont aménagées (étalées sur plus d’années que prévu). Je devrais donc continuer le vélo durant tout mon cursus scolaire (six ou sept ans), ce qui me laisse encore de bonnes saisons devant moi pour essayer d’atteindre le meilleur niveau possible. Je ne sais pas où sont mes limites physique et tant que je ne le saurais pas, je pense que je serai sur mon vélo. En plus de ça, si plus tard je peux avoir un emploi qui touche au monde du cyclisme j’en serais ravi !

 

  • En attendant, comment gères-tu ces deux activités aussi prenantes l’une comme l’autre ?

Ce n’est pas facile à gérer au quotidien mais je fais de mon mieux. J’ai en général environ vingt heures de cours par semaine mais cela varie beaucoup, donc mes entraînements sont articulés au fil de mon emploi du temps scolaire. Mon appartement est à cent mètres de mon école donc je peux vite partir rouler entre les cours et j’arrive à faire des semaines qui vont entre 12 et 16 heures de vélo, ce qui est très correct pour un espoir 1. Après, ça demande un peu d’organisation mais j’ai la chance d’être bien aidé par mes parents et mon entraîneur qui fait attention à me laisser suffisamment de temps pour les études.

C’est sûr que sur certaines semaines, les cours me brident un peu et j’aimerais faire plus de vélo mais c’est un choix que j’ai fait et en général j’arrive à placer tout mes entraînements prévus.

 

  • Pour te changer les idées, qu’aimes-tu faire pour te divertir ?

Comme je suis souvent seul dans mon appartement, je passe beaucoup de temps sur Netflix ou à regarder des vidéos sur Internet. Cette année, je me suis mis à lire quelques livres le soir pour lâcher mon ordinateur et ça m’occupe et me déconnecte du net quelques temps ; ça ne me fait pas de mal.

 

  • Suivre les pros fait aussi partie de tes passes temps favoris ?

Oui, pour choisir un type de course, je répondrai sans hésitation les Classiques Flandriennes. Je n’ai pas eu la chance d’en voir beaucoup cette année car je courais souvent le même jour mais je mets souvent un replay le soir en rentrant chez moi si je n’ai pas trop de travail. Ce sont des courses particulières où tout peut se passer d’un moment à l’autre et c’est donc très intéressant à regarder. J’ai quand même pu voir les victoires de Julian Allaphilipe sur la Primavera et les Strade bianche en direct !

Pour nommer quelques coureurs que j’apprécie particulièrement : Niki Terpstra et Zdenek Stybar pour les Classiques, Bob Jungles pour sa classe sur tous les terrains et Romain Bardet en coureur de grands Tours pour sa façon d’être. C’est un peu un modèle pour moi (et aussi parce qu’Alberto Contador est à la retraite …).

 

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– Petites questions issues de notre fil rouge sous forme de portraits chinois –

  • si tu étais :

– Une saison de l’année

Le printemps, il ne fait ni trop chaud ni trop froid, le temps idéal pour faire des heures de selle !

– Une partie du vélo

Le compteur car les nouvelles technologies me passionnent et m’intéressent beaucoup.

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  • Quelles sont les prochaines courses où tu seras aligné ?

J’ai eu un début de saison chargé avec des grosses courses. Là j’enchaîne deux week-end en deuxième catégorie et après nous aurons le début des Coupes de Frances DN2 auxquelles je participerai si je suis retenu par le club.

 

  • Pour conclure, as-tu un livre/une série/un film/une musique qui t’inspire ?

La série Peaky Blinder parce qu’on peut devenir un grand en partant tout en bas de l’échelle et la musique Natural d’Imagine Dragon que j’ai beaucoup trop écouté.

 

Merci à Guillaume Monmasson pour avoir partagé sa personnalité à nos côtés. Nous te souhaitons à toi et au CGOL une très belle saison !

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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