Innovation : avec GetBack Sports, protégez le haut de votre corps

Une invention de Benjamin Tardieu, sportif, entrepreneur et protecteur

  • jeudi 11 juillet 2019

« Attention chute dans le peloton ! Plusieurs coureurs à terre, dont un qui reste au sol…

C’est la clavicule, il ne repartira pas sur son vélo. »

 

Combien de fois entendons-nous ce genre de phrase en assistant à des courses, que ça soit chez les professionnels comme chez les amateurs ? Peut-être que vous-même qui lisez ce mets savez ce que c’est que de goûter au bitume d’un peu trop près, en y laissant des plumes…

On se dit alors que ça fait partie du jeu, que la prudence reste forcément de mise et que les séjours à l’hôpital sont presque une routine pour les sportifs. On rappelle également que le port du casque est plus que conseillé, voir obligatoire. Il peut vous sauver la vie comme il a été utile dans d’innombrables gamelles.
Et si enfin il existait une nouvelle protection ? Non, il ne s’agit pas de petites roulettes à ajouter à sa bicyclette, rassurez-vous ! À la fois léger, confortable et esthétique, un maillot suffirait à vous protéger la partie haute du corps !

Nous faisons partie de ceux qui aiment l’innovation, dans notre sport et au-delà. C’est pourquoi nous sommes allées à la rencontre de Benjamin Tardieu, inventeur d’un bien prometteur qui mérite d’être mis à l’honneur : le GetBack Sports.

 

Benjamin Tardieu portant son invention GetBack Sports – Photo de William Cannarella

 

  • Bonjour Benjamin, félicitations pour toutes tes initiatives qui peuvent préserver la santé des sportifs en leur apportant une protection inédite du haut du corps ! Comment t’es venue l’idée de créer un tel maillot ?

Bonjour et merci de l’intérêt que vous portez au produit !
L’idée du GetBack me vient de mon expérience de cycliste et skieur de haut niveau. Comme beaucoup de monde, j’ai souffert de blessures, en tombant ou en me faisant renverser. Cela fait trois ans que je dois régulièrement retourner chez les kinés à cause de mon épaule abimée pour la vie. Un besoin de sécurité et pas de solution adaptée, j’y ai vu l’opportunité de proposer une protection complète profitable à tous les sports.
Cela était un challenge, j’ai croisé mon expérience d’ingénieur avec l’expertise de médecins, chirurgiens, kinés, labos pour développer des produits qui assurent une sécurité au grand public, sans compromis sur le confort ou l’élégance.

Dans de nombreux sports, des protections existent mais sont souvent considérées comme lourdes et inconfortables. Avec GetBack, le sportif est protégé tout en conservant une liberté de mouvement et de confort grâce à des mousses techniques accessoirisées d’un textile respirant qui convient à toutes les morphologies, qui épousent la forme du corps et absorbent l’énergie des chocs en cas d’impact.

 

  • Avant cela, remontons un peu le temps : peux-tu nous résumer ton parcours ?

Je suis né à Marseille il y a 31 ans. Le sport a toujours été ma passion, j’ai fait du cyclisme pendant huit ans au Vélo Club Aubagnais mais ce n’était plus compatible avec les classes préparatoires aux grandes écoles. J’ai donc mis de côté mon statut de Sportif de Haut Niveau, mes deux titres de Champion de Provence sur route et sur piste ainsi que ma flèche d’or à ski pour devenir Ingénieur des Arts et Métiers.

J’avais déjà des envies d’entreprendre mais je souhaitais d’abord travailler à l’étranger et me former sur de gros projets. J’ai commencé par être ingénieur R&D dans les toboggans d’évacuation d’avion aux Etats-Unis, dans le New Jersey. À un kilomètre de l’Atlantique, entre New York, Philadelphie et Atlantic City. Une expérience d’un an où j’ai beaucoup grandi, en autonomie totale et j’ai confirmé ma passion pour l’innovation.

Le retour en France a été difficile, j’étais devenu un citoyen du monde mais j’ai rebondi chez Airbus Helicopters à Marignane où j’étais en charge du concept de maintenance du futur H160. Un boulot prenant et intéressant mais pas assez tourné vers les autres et le grand public. J’avais plusieurs idées de start-up et le besoin de donner du temps bénévolement.

J’ai donc démarré début 2016 l’aventure GetBack et commencé à filer des coups de main dans mon club de toujours. Aujourd’hui, outre mes activités de président-fondateur de GetBack Sports, j’entraîne quelques-uns des meilleurs cyclistes français chez les Juniors et je suis trésorier au VCA, j’ai fini trois fois dans le Top 1000 de l’Etape du Tour et du Roc d’Azur et j’ai fait de belles performances sur le triathlon Longue Distance de Cannes, Marseille-Cassis et la Run In Marseille.

 

  • Ta société est basée à Marseille ; le fait de disposer de divers terrains de jeux en ville et à proximité a-t-il joué sur le fait que tu as voulu concevoir un maillot utile à de nombreux sports ?

Marseille me rappelle New York City. Par son mélange des communautés, son oaï permanent et sa chaleur humaine quand on sait la comprendre. Sinatra et Jay-Z en disent « If I can make it here, I can make it anywhere » et c’est vrai ici aussi. C’est compliqué d’aller à la piscine, de se déplacer, de jouer sur un terrain de football synthétique selon le quartier où l’on vit. Alors je me suis dit que si j’arrivais à créer une activité intéressante et à contribuer à la dynamique locale, le pari serait réussi.

Je ne voulais pas positionner mes produits sur des marchés de niche, obliger les sportifs à acheter un GetBack pour le ski, un autre pour le cyclisme, encore un autre pour la voile… et leur faire payer le prix fort à chaque fois. Le corps humain est si bien fait que les solutions pour protéger le haut du corps sont communes à tous les sports. C’est ce que nous montrons dans nos différentes vidéos dans le Parc Naturel des Calanques, au skate-park du Palais Omnisports de la Glace, sur le Vieux-Port, au bowl du Prado et sur les routes du département. C’est aussi le signe de notre attachement à notre territoire, que nous voyons comme notre terrain de jeu.

 

Photos via GetBack Sports

 

  • On veut tout savoir sur les différentes versions du GetBack Sports ! Tu nous les présentes ?

Le GetBack, c’est avant tout le kit de douze mousses de protections (dix pour le t-shirt manches courtes, les deux coudières en plus avec le maillot manches longues) et les textiles associés. Le GetBack se décline en deux modèles : le GetBack Summer (manches courtes) et le GetBack Winter (manches longues). De 5 à 14 ans pour les tailles enfants, et dans toutes les tailles pour les hommes comme pour les femmes (nous avons un ambassadeur skieur qui mesure presque deux mètre et pèse cent kilos de muscles).

Le produit est conditionné sans plastique et livré dans un carton recyclé et recyclable, un petit geste pour la planète. À l’intérieur du carton, le sac durable de transport, qui contient le textile et les mousses. Trente secondes plus tard, tel un Lego, vous avez glissé les mousses dans le textile et vous pouvez aller vous éclater au sport sans vous éclater le corps.

Le principe est que les mousses absorbent l’énergie des impacts à la place de notre corps. Le textile assure le confort et la respirabilité. Nos produits sont tellement confortables que les testeurs oublient qu’ils portent le GetBack. Sauf quand ils tombent et sont contents de se relever intacts ! Nos GetBack répondent aux normes de protection pour la moto et font l’objet de brevets.

 

  • Pour mener à bien un tel projet, de longues étapes sont à franchir. Peux-tu nous résumer tout ce que tu as déjà accompli ? …

Entreprendre, c’est un véritable état d’esprit. Avant de me lancer, j’ai fait un état de l’art : j’avais identifié le besoin de protection et j’ai réalisé qu’il n’existait pas de solution optimale. Puis je me suis formé en parallèle aux spécificités du textile, du corps humain et de sa protection, de la création et de la gestion d’une entreprise. J’en profite pour remercier la bonne centaine de personnes qui m’ont conseillé, de l’expert-comptable à ma couturière en passant par les médecins, les chercheurs…

À ce jour, en juillet 2019, nous avons plusieurs prototypes fonctionnels, un partenariat avec le Laboratoire de Biomécanique Appliquée de la faculté de l’hôpital Nord de Marseille. Nous sommes cinq à travailler au Carburateur, une structure d’aide au développement des entreprises dans les quartiers Nord de Marseille. Et enfin, nous avons des financeurs qui nous font confiance.

 

  • … Et les prochaines missions ?

La campagne de financement participatif se termine dans quelques jours, il va falloir livrer nos nombreux soutiens qui attendent leurs GetBacks avec impatience ! En parallèle, pour poursuivre notre recherche et le développement de l’entreprise, nous allons solliciter de nouveaux partenaires financiers après le premier tour de table de février 2019.

 

  • Tout ça a forcément un coût ; pour obtenir le budget nécessaire, tu as opté pour un financement participatif ?

Le choix de se lancer sur une plateforme de financement participatif était l’occasion de mettre en avant notre projet, nos produits et nos valeurs. Pour une structure à taille humaine comme la nôtre, cela est un moyen de concrétiser plusieurs années de recherche et développement avec nos partenaires qui nous accompagnent au quotidien.La campagne marque la fin du premier tour de table où le réseau Initiative France, Crea-sol, le Crédit Agricole et la BPI nous avaient déjà soutenus. C’est au grand public de venir compléter les acteurs privés.

=> Accès à la cagnotte ici.

 

  • Quels sont tes objectifs de développement à court et à moyen termes ?

Le but de notre campagne de crowdfunding est tout d’abord de permettre à la marque de gagner en visibilité auprès de notre communauté et aux sportifs en quête de sécurité et performance. La campagne servira aussi de tremplin pour convaincre les magasins de commercialiser nos produits.

À moyen terme, notre but est d’élargir notre gamme afin de développer des produits plus discrets pour les adeptes de mobilités urbaines ou des personnes sensibles à la mode.

 

  • Et dans l’idéal, dans les années à venir ?

Il y a quelques dossiers encore confidentiels. Ce que nous pouvons « teaser », c’est que nous avons l’ambition et les idées pour réduire le nombre d’accidents, diminuer le niveau des blessures et améliorer la prise en charge en cas d’accident. Principalement en France pour commencer, à l’étranger rapidement. Avec toujours une production proche des GetBackers.

 

  • En tant que cycliste, as-tu déjà fait tester ton invention à d’autres coureurs ? Qu’en pensent-ils ?

Les ados que j’entraîne et mes coéquipiers ont pu tester le GetBack et font partie des premiers GetBackers à avoir contribué. Ils sont surpris par la légèreté du produit et son côté respirant. Il n’y a pas eu de blessés pour ceux qui ont poussé l’expérience jusqu’à chuter.

Les cyclistes professionnels de la région et Sébastien Joly et Julien Pinot de Groupama-FDJ ont pu voir des prototypes et devraient bientôt les essayer. Pour l’entraînement, le produit les intéresse. Pour la course, ils veulent d’abord vérifier que les GetBacks ne les font pas plus transpirer. Ils ne devraient pas être déçus.

 

Photo : Benjamin Tardieu

 

 

  • As-tu déjà d’autres idées en tête pour agrandir ta gamme ?

Oui bien sûr, comme pour toutes marques de sport, il est essentiel de se diversifier, nous allons prochainement lancer une gamme streetwear qui conviendra notamment aux mobilités en ville. Pour ceux qui auront déjà acheté le kit de protection avec des textiles streetwear, il suffira de racheter simplement le textile streetwear et d’y glisser les mousses.

 

  • Plus globalement, quelles sont les autres innovations ou évolutions que tu aimerais voir dans le milieu cycliste et le sport en général ?

Il reste encore beaucoup à faire pour que le sport se professionnalise. Le sport en France dépend encore trop de mécènes ou des collectivités. Alors qu’il doit devenir un des piliers de l’économie tout en favorisant notre épanouissement. Des actions sont menées en faveur du sport-santé à juste titre.

Des études ont montré qu’avec une pratique plus régulière, nous serions tous en meilleure santé. Il faut des encadrants salariés qui profiteraient aussi aux associations sportives le week-end, car le bénévolat recule année après année. Le sport-santé, le sport loisir et le sport pour les jeunes permettront d’élargir la base des pratiquants. Sans cette base, il est compliqué de faire émerger les champions de demain pour les JO de Paris 2024, qui motiveront en retour toute la population à pratiquer davantage.

Pour les entreprises du secteur, c’est un marché à fort potentiel. Notre croissance serait en retour bénéfique aux associations et aux pratiquants que nous pourrions soutenir. Car elles dépendent encore trop des subventions publiques. Par rapport aux USA, nous, les pratiquants, n’avons pas non plus le réflexe de soutenir financièrement les associations ou projets qui nous touchent au-delà de l’adhésion annuelle. Et cela vaut aussi pour le financement participatif.

Pour augmenter le côté divertissement, j’espère que des solutions de réalité augmentée vont permettre de mieux expliquer au grand public les spécificités de chaque sport. Par exemple, illustrer en direct le sprint décollé d’un Michal Kwiatkowski derrière Peter Sagan à Milan-San Remo 2017, l’évolution du pourcentage de chance de victoire en temps réel. Cela va arriver en NBA où les chances de réussite au tir seront disponibles. Faire comprendre et illustrer le principe d’un train pour un sprinteur à mes amis non-cyclistes reste encore un challenge. Ils me demandent souvent si le principe d’aspiration fonctionne vraiment et comment il est possible de rouler si vite sans effort !

 

  • Pour conclure, un petit mot sur le Tour de France qui vient de s’élancer : le suis-tu ? Quel est ton pronostic ?

Nous écoutons le Tour en mode radio au bureau. Sans se réjouir des chutes, c’est l’occasion pour nous de vérifier que nos produits sont adaptés. ASO fait un gros effort pour permettre aux Français de briller. Lors de la victoire d’Hinault, je n’étais pas né et le prochain vainqueur français du Tour non plus. Romain Bardet mise beaucoup sur le travail de force pour la montagne et je trouve qu’il manque de vélocité pour performer en contre-la-montre. Thibault Pinot donne plus de garanties cette saison. AG2R La Mondiale n’a pas été épargnée par les blessures du haut du corps cette année… mais Ineos non plus.

Les huit coureurs engagés dans l’ex-Team Sky ont déjà souffert de blessures du haut du corps, sans même évoquer Chris Froome. Nibali veut prendre sa revanche après sa fracture à une côte l’an dernier, Fulgsang s’est abîmé l’épaule, Porte a déjà laissé deux clavicules en 2017 et 2018, Movistar n’a pas non plus été épargné.

Tous les favoris, les candidats aux maillots et aux étapes ont au moins une fois dans leur carrière été confronté à un accident où GetBack serait en mesure de réduire leurs blessures. Si je ne devais retenir qu’un favori, je dirais Egan Bernal, malgré sa fracture de la clavicule en avril ! Et je supporte les coureurs que j’ai côtoyé (Rossetto, Gallopin, Molard…) et notre star locale, Maxime Bouet, champion régional chez les Juniors le lendemain de mon titre chez les Cadets, il y a quinze ans !

 

Photo via GetBack Sports

 

Merci et surtout bravo à Benjamin Tardieu pour mener à bien la mission de protection pour sportifs qu’il s’est attribué. Nous te souhaitons beaucoup de réussite à toi, et des chutes moins douloureuses pour les sportifs grâce à GetBack Sports.

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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