En lisant Équipiers, écoutez battre le cœur du peloton

Une lecture allant au delà de l'univers de la Petite Reine

  • mercredi 26 juin 2019

Quand on parle de cyclisme, on pense de suite aux champions. Aux résultats. On compare les palmarès, commente les faits de courses et critique certaines tactiques. Les coureurs deviennent alors des machines à rouler qui doivent performer. Vraiment… et c’est tout ? Notre réponse est non !

Depuis plus de quatre ans qu’Au bon dossard ravitaille le cyclisme en abordant l’actualité de la Petite Reine de manière originale et décalée, on s’est donné cette mission : parler des coureurs eux même et de ceux qui les entourent et valoriser le fait qu’ils sont avant tout des êtres humains.

 

Photo : Fabien Nissels

 

Heureusement, nous ne sommes pas les seuls à partager cette vision. Et parmi ceux qui aiment aussi mettre la personnalité des coureurs en avant, un écrivain et ancien cycliste a réuni ses deux passions pour n’en faire plus qu’une à travers des mots issus d’histoires vraies.

Les vainqueurs le disent si bien lorsqu’ils lèvent les bras. C’est grâce au travail de leur équipe que souvent, ils l’ont emporté. À travers son roman Équipiers, Gregory Nicolas nous emporte dans un monde que nous suivons tant sans pour autant bien le connaître. Nous nous joignant à lui pour vous souhaiter la bienvenue au cœur du peloton.

 

~ Un peu d’histoire avant celles contées ~

Le cyclisme c’est une partie de l’histoire de ma famille, on a toujours causé de vélo à table. Chacun y allait de ses victoires et de ses exploits. Sauf moi car j’ai été un cycliste particulièrement laborieux, celui qui se faisait prendre 3 tours tous les dimanches par les champions…

Après dix ans à galérer j’ai pendu la bicyclette à deux crochets et j’ai fini par rejeter le cyclisme, dégoûté, avant d’y revenir par le biais de la littérature, puisque mon premier roman « Là où leurs mains se tiennent » était l’histoire d’un petit garçon qui gagne le Tour de France. J’ai bien dû me résoudre à considérer que mes origines avaient leurs racines dans les odeurs d’huile camphrée et dans les rayons qui fendent l’air. Et le cyclisme est redevenue mon obsession joyeuse.

 

~ Des liens qui unissent ~

Je ne connaissais pas de coureurs professionnels mis à part Pierre Rolland qui est le mari de ma cousine et Perrig Quemeneur qui était celui qui me mettait trois tours tous les dimanches (mais il ne se souvenait pas de moi). Les rencontres se sont faites naturellement, par ricochets. Je leur ai présenté l’objet du livre, l’ambition littéraire du projet (car j’insiste sur le fait qu’il s’agi pour moi de littérature au même titre que mes précédents livres) et après ce sont des rencontres toutes simples entre deux mecs, pas des entretiens, mais des moments de vie.

J’ai fait du vélo avec plusieurs d’entre eux déjà car j’adore rouler avec un pro, on se sent plus fort, plus beau, et surtout être à deux, chacun sur une bicyclette c’est une des choses les plus intimes qui soit, ça donne des bons moments, des moments vrais. D’autres fois c’était une bonne bouffe, une bonne bouteille, parfois ; comme avec Pierre Rolland des soirées entières à s’échanger des SMS, et puis il y a eu l’équipe de France à Innsbruck qui m’a fait le cadeau de m’embarquer avec elle.

 

~ De l’idée au moments rassemblés par des mots ~

L’idée m’est venue au mariage de Pierre Rolland où j’ai recroisé Perrig Queméneur le héros de mon enfance. Quand j’ai vu cette bande de gars autour de Pierrot qui rigolait à trois heures du mat’, comme n’importe quelle bande de potes, en parlant de courses de vélo, je me suis dit qu’il fallait écrire sur eux. Mon but en écrivant ce livre c’était qu’il soit lu par les amateurs de cyclisme bien entendu mais plus encore par ceux qui a priori ne s’y intéresse pas. Je voulais les prendre par la main et leur dire « allez viens voir avec moi ce qui se passe dans ce monde que tu connais pas, tu vas voir ce sera extraordinaire ».

J’ai voulu écrire ce livre comme un roman d’aventure qui laisserait aussi la part belle à notre rapport à l’enfance, ma culture littéraire démarre avec Pagnol et l’ile au trésor de Stevenson… Perrig m’a confié que le vélo ne ment pas, eh bien je considère que les livres non plus, ou alors ils mentent mal.

 

~ L’écriture ~

La rédaction du livre m’a pris un an non stop. Car l’écriture de mon point de vue pour qu’elle soit juste doit être obsessionnelle. Je me suis levé avec Équipiers, douché, déjeuné, joué avec mes enfants, fait du vélo, dormi en compagnie de ce livre. Je ne pensais qu’à ça, il ne restait plus beaucoup de place pour le reste.

C’est d’ailleurs ce qui est le plus dur, l’achèvement, le moment où on se dit « voilà, c’est fini mon vieux… ». Parce que j’ai profondément aimé tous ces coureurs. J’avais l’impression qu’ils étaient un peu à moi. Mais je me trompais, ils sont à tout le monde.

 

Couverture du roman

 

~ Équipiers ~

« Pierre n’avait plus aucune ressource physique, ces derniers kilomètres c’est son esprit qui a pédalé, sa hargne, son ardeur. Mais pas sa colère. On ne gagne pas dans la colère.
Il s’est retourné, quelques mètres après la banderole des 2 kilomètres, et il a compris : personne ne le verrait plus.
Pierre est entré dans le village de l’Alpe d’Huez. Les drapeaux, comme des fanaux colorés lui indiquant le chemin de la victoire, battaient au vent. Les chalets de bois n’en avaient que pour lui. Partout, c’était la foule en liesse et le délice des vivats. La longue ligne des barrières de métal se gondolait sous l’enthousiasme des spectateurs.
La voiture du directeur de course a doublé Contador et Sanchez au moment où ils passaient sous l’arche de la flamme rouge pour s’en aller rejoindre Pierre et participer à la fête.
Les commentateurs à la télévision ont commencé à dresser une biographie sommaire qu’ils ont trouvée sur le site internet de Pierre.
Pierre a pris le dernier virage sur la gauche à toute vitesse, il s’est mis en danseuse pour relancer l’allure une fois de plus. Et elle s’est offerte à ses yeux. La ligne. Cent cinquante mètres plus loin. Un ouvrier l’avait peinte au matin, sur le goudron, juste pour Pierre.
Elle l’attendait
Il a levé les bras au ciel
Sur sa bicyclette, dressé ainsi, il était grand
Il a embrassé son maillot vert
Le même que celui d’Anthony Charteau, le même que celui de Cyril Gautier, le même que celui de Yohann Gène, le même que celui de Vincent Jérôme, le même que celui de Sébastien Turgot, le même que celui de Christophe Kern.
Le même que celui de Perrig Quéméneur.
Le même que celui de Thomas Voeckler. »

 

~ Le Tour de France des librairies ~

 

Carte illustrant la tournée des librairies effectuée par Grégory Nicolas en l’honneur de son roman Équipiers.

 

 

~ Satisfaction ~

Ma plus grande fierté aujourd’hui c’est de savoir que les coureurs sont eux aussi fiers de ce livre, qu’il s’en parle. Clément Chevrier m’a confié qu’il avait reçu un texto de Jimmy Turgis, d’autres m’ont dit qu’ils s’en parlaient en course en mode « et toi ton passage t’en penses quoi ? … »

Mais ma plus grande joie c’est le message d’un lecteur qui m’a écrit pour me dire qu’il n’avait pas lu un livre depuis 10 ans, et qu’Équipiers lui avait redonné le goût de la lecture. Quand j’ai lu son message, je devais pas être loin de l’émotion de Pierre Rolland quand il a levé les bras à l’Alpe d’Huez. J’ai pensé : « cette fois j’ai gagné. »

 


 

Pour en savoir plus sur, rendez-vous sur le site de la maison d’édition d’Équipiers : Hugo Sport, label d’Hugo&Cie. Pour faire partie des lecteurs, vous trouverez les points de vente en cliquant sur ce lien.

Envie de lire une autre histoire inspirante où le cyclisme est à l’honneur ? Vous aussi, prenez La bonne échappée !

Merci à Grégory Nicolas ainsi qu’à son éditeur pour ce Dessert riche en saveurs à partager. Nous vous souhaitons de belles lectures !

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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