Lorsque Alan Riou se confie à vous

Sur les Vagues d'une troisième saison chez les Pros

  • dimanche 31 janvier 2021

Le site qui ravitaille le cyclisme aime concocter des recettes avec les coureurs pour partager leurs aventures en tant que cyclistes, certes, mais aussi pour en savoir plus sur eux-mêmes au-delà du vélo et des résultats.

Ce mets n’échappe pas à nos préférences, bien au contraire ! Voici un Plat préparé avec Passion en compagnie d’Alan Riou, 24 ans en avril prochain, courant sous les couleurs d’Arkéa-Samsic.

 

Photo : Elen Rius

 

 

  • Bienvenue Au bon dossard Alan ! Nombreuses sont les belles victoires et places d’honneur qui t’ont fait passé du rang amateur à celui tant convoité de coureur pro. Comment résumerais-tu ton parcours qui a fait qu’en 2021, tu vas entamer ta troisième saison au plus haut niveau ?

Il est vrai que dans les rangs amateurs, j’ai eu pas mal de victoires chaque années de minime jusqu’à passer pro. Avec ma pointe de vitesse, ça m’a permis dans les catégories de jeunes de bien m’en sortir. Puis j’ai eu besoin d’un petit temps d’adaptation pour passer élite au Team pays de Dinan. J’ai eu des victoires en deuxième catégorie avant de remporter ma première élite en fin de saison sur la finale de la Coupe de France DN3.

L’année d’après (donc 2017) a été la saison qui m’a fait croire en moi pour passer professionnel. J’ai été pris en temps que stagiaire au sein de mon équipe actuelle qui s’appelait Fortuneo-Oscaro pendant mon stage. Je sortais de la découverte du Tour de l’Avenir avec la sélection de Bretagne. J’avais bien récupéré et j’étais en forme sur cette fin de saison. J’ai pu signer plusieurs top 10 ainsi qu’un podium en Coupe de France à Isbergues. L’équipe m’a fait confiance et fait signer pour 2019.

J’ai donc réalisé une année de plus en amateur. Je ne voulais pas me reposer sur mes lauriers et faire une grosse saison. C’était d’ailleurs le but que de signer en 2019 et non 2018. Ça a été une belle année, dix victoires dont une étape du Tour de l’Avenir avec en prime le maillot jaune porté pendant quatre jours.

2018 est arrivé, première saison en tant que pro. J’ai un peu souffert après une période de chutes avec par dessus beaucoup de fatigue dû à un calendrier un peu trop chargé. Mais j’ai su me ressaisir sur la fin de saison avec une bonne campagne belge ainsi qu’un beau Paris-Tours. J’ai été acteur et ça m’a donné beaucoup de motivation pour 2020.

L’an passé, j’ai vu qu’un cap avait été franchi mais malheureusement, il n’y a pas eu beaucoup de courses pour s’exprimer dû au Covid. Je me suis mis au service de mes leaders. J’ai fini ma saison au Tour du Portugal où j’ai eu une belle opportunité. On a fait une belle course d’équipe avec deux victoires de Daniel McLay. J’aurais aimé avoir encore quelques courses derrière mais il n’y avait pas de la place pour tout le monde avec les courses qu’il y a eu en moins ; il fallait faire tourner l’effectif !

Me voilà à la troisième saison chez les pro. Je suis motivé, j’ai fait un bon hiver avec stage personnel plus celui de l’équipe. J’ai hâte d’épingler un dossard !

 

  • Comment résumerais-tu ton amour pour le cyclisme ?

Mon père pratiquant le cyclisme en compétition, et mon grand-père l’ayant pratiqué, j’ai vite été baigné dedans et cela m’a tout de suite plu. L’adrénaline en course, le plaisir de liberté à l’entraînement et tous les terrains de jeux possibles que ça soit sur route ou dans les chemins.

 

  • Quelles définitions attribuerais-tu à ton style sur le vélo ?

J’aime les courses avec des parcours assez escarpés mais pas de longs cols. Plutôt des bosses typées puncheurs qui permettent de bien écrémer un peloton au fur et à mesure de la course. J’ai donc une bonne pointe de vitesse qui m’a permis de remporter plusieurs victoires chez les amateurs.

 

  • Parle-nous de ton équipe Arkéa-Samsic, comment vivez-vous cette longue période particulière ?

Nous avons la chance en tant que professionnels de ne pas trop subir le confinement depuis le deuxième avec l’autorisation de s’entraîner et donc de pratiquer notre métier et surtout notre passion. On applique au sein de l’équipe un protocole sanitaire strict, ce qui nous permet de faire des stages en vue de la reprise de la saison. L’ambiance y est toujours bonne. Nous sommes contents de nous retrouver surtout après la trêve hivernale. Nous avons la chance de réaliser ces stages au soleil dans de superbes conditions. De part les temps qui courent avec l’épidémie, on se sait privilégiés et on en profite un maximum !

 

Photo : Elen Rius

 

 

  • Comment baser ses entraînements lorsqu’on n’est pas certain de pouvoir épingler un (bon !) dossard ?

C’est vrai que je viens de voir mes deux premières courses reportées à plus tard alors que je me préparais en conséquence pour arriver en forme. Ma reprise de saison est du coup décalée.

Nous avons la chance d’être bien entourés par des entraîneurs qui après concertation, permettent de prendre les meilleures décisions pour notre préparation. Malgré toutes ces incertitudes, il faut réussir à s’entraîner pour être prêt sur les courses qui auront lieu. Ça passe par des entraînements spécifiques et des stages et il faut réussir à garder un côté ludique avec des séances plus funs en prenant le VTT pour changer par exemple, sur les longues périodes sans courses et donc sans objectifs.

 

  • Quelle est LA course où tu rêves de t’imposer et pourquoi ?

J’aime les courses atypiques comme Paris-Roubaix, Le Tour des Flandres ou les Strade Bianche. Mais il y a une course qui m’attire et que j’espère découvrir au plus vite : c’est le Tro Bro Leon !

 

  • Pensons aussi à l’écologie ! Y-es-tu attentif lorsque tu pédales ?

Oui, j’y pense beaucoup. Déjà que ce soit à l’entraînement ou en course, il est hors de question de jeter mes papiers par terre. Personnellement, j’utilise très peu les zones vertes mises en place sur le parcours des courses. Je garde tout en poche et je jette une fois arrivé au bus. Mais ces zones sont quand même très importantes car parfois, il y a besoin de faire de la place dans les poches et c’est bien d’avoir un endroit où l’ensemble du peloton puisse s’en débarrasser.

Pareil pour les bidons. Si mon bidon est vide, j’attends de passer devant un assistant ou des spectateurs pour m’en débarrasser. Je ne jette jamais en pleine nature avec personne pour venir le récupérer.

 

  • Parce qu’il n’y a pas que le vélo dans la vie, qu’aimes-tu faire lorsque tu ne roules pas ?

J’aime passer du temps avec ma copine, les amis, me balader. Pendant les périodes de coupure, j’aime naviguer sur mon paddle.

 

Photo via Alan Riou

 

 

  • Y-a-t-il un sujet (hors vélo) qui t’inspire et dont tu pourrais parler pendant des heures ?

J’aime bien parler de paddle ou de surf avec des gens qui pratiquent.

 

  • Si tu n’étais pas cycliste, quel métier aurais-tu aimé exercer ?

J’ai toujours aimé le bricolage. Je pense que je me serais tourné vers un métier dans le BTP.

 

  • Culturellement, quelles sont tes préférences ?

Pendant ma jeunesse, j’ai été marqué pas la saga Harry Potter. J’en étais fan en livres comme en films. Sinon, j’aime lire des livres autobiographiques de sportifs ou d’artistes et je regarde des séries en tous genres.

 

  • « Outside is free » est la citation que tu as indiqué sur la présentation de ton compte Instagram. Que signifie-t-elle pour toi ?

C’est être dehors, dans la nature et être libre. Quand je roule en campagne, en bord de mer, à la montagne ou que je suis sur l’eau en paddle, je suis libre de mes mouvements, je me déplace où je veux et j’apprécie les paysages.

 

  • Pour conclure, souhaites-tu ajouter quelque chose ?

Que cette période où justement la liberté de se déplacer où l’on veut et quand on veut ne soit plus trop d’actualité ; qu’elle soit derrière nous et qu’on puisse retrouver une vie normale, sans masque !

 

Photo via Alan Riou

 

 

Merci à Alan Riou pour cette recette concoctée entre terre et mer, à vélo ou sur les flots, toujours en harmonie et respect envers la nature ! On te souhaite à toi et ton équipe Arkéa-Samsic une belle saison 2021.

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.