Lorsque le cyclisme est une Histoire de Famille

Racontée par Typhaine Laurance

  • jeudi 14 mai 2020

Souvent, la passion pour le vélo commence tôt. Nous sommes nombreux à avoir des souvenirs lointains où l’on pédalait au grès du vent, se sentant libre et insouciant, ou encore en attendant pendant des heures au bord des routes pour voir passer la caravane du Tour de France puis les coureurs.

La famille Laurance n’a pas échappée à l’appel de la Petite Reine, bien au contraire ! Rencontrée pendant le confinement via notre Fil Rouge spécial, repartons en Bretagne, plus précisément au près de Typhaine Laurance, qui va nous conter une histoire à travers quelques chapitres. Celle qu’elle partage tous les jours avec les siens, avec amour.

 

Photo : famille Laurance

 

~ 1. Présentations ~

Salut à tous, je m’appelle Typhaine Laurance j’ai 21 ans, et je suis bretonne ! Je suis cycliste professionnelle depuis cette année au sein d’Arkéa Pro Cycling Team, et je suis également étudiante en information communication dans la région de Vannes. J’ai un petit frère, qui s’appelle Axel et qui a 19 ans. Il est également cycliste dans une structure de Division Nationale 1, le VCP Loudéac, et travaille à Décathlon, dans le rayon cycle, bien évidemment…

Cette passion du vélo, elle nous vient de l’union de nos parents qui se nomment Franck et Manuella. Ils ont respectivement 50 ans et 47 ans. Mon père a été professionnel pendant deux ans, au sein de la Mutuelle de Seine-et-Marne dans les années 1995. Il a gagné de superbes courses telles que Liège-Bastonne-Liège Espoirs, une étape sur le Tour du Limousin et a été vice-Champion de France de cyclo-cross. Quant à elle, ma mère était une des meilleures bretonnes, et a terminé 13ème d’un Championnat du monde sur route.

 

~ 2. La passion à travers les générations ~

Cette passion pour mon frère et moi-même s’est naturellement développée, nous allions voir mon père sur les courses dès notre plus jeune âge. Mon frère a commencé à pratiquer le BMX dès 4 ans. Pour ma part, vers mes 8 ans j’ai fait une année de BMX mais je n’ai pas continué.

C’est donc à l’âge de 12 ans… je me souviens très bien le jour où j’ai dit à mes parents : « je veux faire du cyclisme sur route ». C’était en 2012 ; j’ai voulu faire une sortie sur un vrai vélo de course pour essayer. Je suis alors partie avec mon papa et j’ai fait ma première sortie : 17 kilomètres en une heure… pas fameux ! Mais j’ai persisté, et j’ai obtenu des résultats dès mes débuts.

Me voilà aujourd’hui professionnelle au sein d’une belle et toute nouvelle équipe bretonne et  j’en suis fière ! Mon frère est en DN1, à Loudéac… Il n’est seulement qu’Espoir 1 mais montre déjà son talent.

 

Photo souvenir via Typhaine Laurance

 

~ 3. Instants marquants ~

Mon meilleur moment à vélo ? Sans aucun doute, je dirais mon titre de Championne de France Juniors sur route en 2015 aux Pieux en Normandie. C’était un 22 Août, à quelques jours de mon anniversaire. Sincèrement je crois que c’est le plus beau cadeau que je me suis faite !

C’était incroyable, mon papa était mécanicien pour la Bretagne et comme j’avais plus de deux minutes d’avance sur le peloton, la voiture du directeur sportif avait eu l’autorisation de passer devant le peloton pour venir me voir. Mon père était dans la voiture, et je savais qu’il me regardait et qu’il devait être si heureux !

Une semaine avant, j’avais réalisé une superbe course avec les hommes en 3ème catégorie et sur le retour, il m’avait dit : « La semaine prochaine, vu ta condition tu peux être championne de France, crois en toi ! » Le matin même, il m’avait aussi prononcé des mots qui étaient restés dans ma tête toute la course : « Il faut que tu tentes ! Ceux qui réussissent, c’est ceux qui essayent ! »

C’était également fou dans la bosse à un kilomètre de l’arrivée, ma maman était là avec toute ma famille et elle avait couru à côté de moi en m’encourageant de toutes ses forces. Et cette arrivée… tous les drapeaux bretons, tous les journalistes, photographes et ma famille qui m’attendait derrière la ligne… Des larmes de bonheur ont coulées pour tout le monde ce jour-là !

 

En bleu – Blanc – Rouge – Photo : Perrine Sauvey

 

~ 4. Esprit de compétition ~

S’il existe un brin de compétition entre nous ? Oui, bien sûr mais c’est sur le ton de la taquinerie. Parfois, quand mon frère me dit : « Ouais, mais moi je suis plus fort que toi ! » je lui réponds : « Qui est-ce qui entre nous est trois fois championne de France et a une médaille européenne et mondiale ? » Et on en rigole.

C’est de la bonne compétitivité, cela nous pousse à faire toujours mieux !

 

~ 5. À l’unisson ~

On parle, mange, dort cyclisme tous les jours. C’est en nous, c’est ce qui rythme notre vie. Sans le cyclisme, on s’ennuie vite ! Je roule presque tout le temps avec mon frère lorsque je suis dans la maison familiale. Et papa s’occupe de la partie mécanique, alors que maman s’occupe de nous masser parfois, de préparer nos boissons de récupération par exemple lorsqu’il y a une compétition. Nous sommes une petite équipe à nous quatre !

 

Entraînements en équipe à la maison

 

~ 7. Battles ~

Selon toi :

  • Lequel d’entre vous est le plus mordu de vélo ?

Je dirais mon papa, depuis son plus jeune âge il a toujours vécu pour le vélo. Il travaillait en même temps qu’il pratiquait le cyclisme, quand il avait 16-17 ans. Il s’est toujours débrouillé pour réussir dans le monde du cycle. Puis après sa carrière, il a ouvert son propre magasin de vélos avant de devenir mécanicien pour l’équipe cycliste le VCP Loudéac où mon frère court. Il est également mécanicien avec l’équipe de France de cyclo-cross l’hiver.

 

  • Qui a le plus engendré de kilomètres sur home trainer pendant le confinement ?

On est presque pareil, mon frère a fait environ 2100 bornes et moi 1900 kilomètres.

 

  • Lequel d’entre vous est le meilleur grimpeur ?

Mon frère est le meilleur grimpeur, mais je pense que ma maman était pas mal quand elle courait. Elle a toujours eu – et même aujourd’hui – un physique de grimpeuse !

 

  • Qui est le plus gourmand ?

Je dirais que c’est moi ; j’aime essayer de nouvelles recettes saines. Par exemple, pendant ce confinement j’ai fait une mousse au chocolat au jus de pois chiches. J’ai testé des veloutés de carottes au lait de coco et curry…

 

  • Qui prend le plus soin de son matériel ?

Mon papa ! Il s’occupe toujours parfaitement de son matériel, mais également du nôtre.

 

  • Qui s’adapte le mieux aux différentes conditions climatiques ?

Je pense que c’est moi, je n’ai aucun problème à courir sous la pluie, l’orage par exemple. J’apprécie un peu moins les grosses chaleurs tandis que pour Axel, il apprécie plutôt les conditions climatiques idéales, un peu de soleil, un léger vent qui rafraîchit, et a plus de mal quand il pleut. Il faut dire qu’il est quand même très sec !

 

~ 8. Pour que l’Histoire continue ~

L’avenir, c’est tout d’abord que l’on soit épanouis et heureux dans notre vie en général. Cela passe bien sûr par la réalisation de nos projets personnels.

Nous avons l’envie de progresser dans notre sport, et de faire au mieux, mais pour le moment, nos objectifs sportifs ne sont pas encore définis. Il faudra voir avec nos entraîneurs et directeurs sportifs respectifs. Et puis réussir mes études également !

 

Photo : Olivia Nieto

 

Merci à Typhaine Laurance pour cette belle immersion en famille. Nous vous souhaitons à tous les quatre de nouveaux moments de partage et de bonheur, où c’est certain : les vélos ne se seront pas loin !

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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