Paris-Nice : en voiture derrière Anthony Turgis

Deuxième étape du fil rouge en compagnie de Direct Energie

  • mardi 19 mars 2019

Le moulin de Barbentane

 

Depuis des semaines, voir des mois, l’effervescence montait au « village qui grimpe ». En ce jeudi 14 mars 2019, le grand jour tant attendu fut enfin arrivé. Accueillir tout une étape de la Course au Soleil… Barbentane en rêvait, et ils l’ont fait… qui plus est de très belle manière.

Après avoir bravé les kilomètres et les bordures des premières étapes, les coureurs et le cortège de Paris-Nice ont mis le cap au Sud. Direction la Provence et un petit patelin près d’Avignon, dans les Bouches-du-Rhône. Au programme : un contre-la-montre individuel de 25,5 kilomètres formant une boucle et offrant un très joli terrain de jeu.

Imitant les coureurs, nous les avons rejoint pour assister au chrono. Pouvoir suivre une telle épreuve en intégralité est même une aubaine que l’on n’allait pas rater ! Afin de mieux vous partager cette superbe journée, imitons Sonia Cordero qui nous a raconté son immersion avec l’équipe Vital Concetp – B&B Hotel lors du Tour du Haut Var. Je vais donc prendre la parole à la première personne. Embarquement immédiat sur le parcours de Paris-Nice !

 

 

Cette deuxième étape de notre fil rouge consistant à faire un lien entre les coureurs que nous rencontrons est placée sous le signe de la famille. Pour rejoindre l’événement, j’ai retrouvé deux oncles en chemin. La fête étant encore plus belle lorsqu’elle est partagée ! C’est donc en covoiturage (et une pensée pour Weebike) que nous avons pris la route, direction Barbentane. Très vite, on se retrouve derrière trois voitures de Movistar… L’excitation monte déjà, et je prends ça pour un signe que cette journée va nous régaler. Je ne croyais pas si bien dire !

Garés non loin du départ, on prend le temps de serpenter entre les bus des équipes. Sans pression et en plein réglages, nous assistons à la mise en place des derniers détails pour l’actuel maillot jaune Michal Kwiatkowski et de son jeune coéquipier colombien Egan Bernal. Nous continuons de profiter des coulisses, en échangeant parfois quelques mots et photos au fil des équipes.

C’est alors qu’une rencontre va illuminer notre journée. Arrivés devant la Team Direct Energie, voilà l’occasion de saluer Blaise Chauviere, toujours aux petits soins pour ses protégés et très actif sur les réseaux sociaux. En plus de rencontrer les coureurs, c’est aussi plaisant de pouvoir discuter (en vrai cette fois) avec ceux qui les entourent au quotidien. J’ose donc lui demander de faire quelque chose qui me fait rêver depuis des années : suivre un coureur pro dans la voiture de son équipe et partager ces instants précieux sur mon site. Avec gentillesse et parce que c’était possible, Blaise a tout de suite accepté ! Le programme étant donné, c’est avec gratitude que nous retournons près de la rampe de lancement afin d’assister aux premiers départs tout en prenant un ravito.

 

 

C’est déjà l’heure pour nous d’être au rendez-vous… La place de derrière étant libre, l’un de mes oncles a donc l’immense privilège d’en profiter. Nous retrouvons Vincent Poulain, mécanicien de l’équipe avec qui on va partager ces instants. Puis je vais saluer le principal intéressé : Anthony Turgis, à qui j’explique que nous allons assister à son chrono à ses côtés.

Le hasard fait-t-il bien les choses, ou la vie est-t-elle bien faite ? Dans la première étape de notre fil rouge, c’est son frère, Jimmy Turgis, qui court sous les couleurs de Vital Concept B&B Hotel, que j’avais interviewé ! Ceci lui étant dit, il est temps de laisser Anthony se concentrer.

 

Voilà, le grand moment est arrivé ! Celui où l’on a l’immense privilège de monter dans la voiture de Direct Energie. On passe alors de simples spectateurs (ou presque puisque je ne suis pas vraiment journaliste mais plutôt coordinatrice pour cyclistes – Affaire à suive…) à être au cœur de la course. Et ça procure une sensation indescriptible !

 

 

La plaque au nom d’Anthony Turigs fixée sur la voiture, nous sommes maintenant juste à côté de la rampe de lancement. Une minute avant lui, son coéquipier Jonathan Hivert s’élance. De ce fait, il est suivi par un cortège neutre. Le décompte se termine et c’est parti ! Je me dis alors : gare au Gorille ! Car c’est André Greipel (Arkéa Samsic) qui partira une minute plus tard.

 

 

Pour nous, le chrono se fait « à l’ancienne » : pas d’oreillettes dans la voiture, ni de haut-parleur. Vincent branche Radio-Tour pour suivre la course ; nous sommes informés des temps intermédiaires et des arrivées.
Devant nous, Anthony Turgis est parti à fond… pour accélérer encore et finir à bloc. À ses coups de pédale dynamiques et à sa belle allure, on sent qu’il a les jambes ! Son mécanicien monte légèrement à sa hauteur pour l’encourager. Je voulais l’imiter mais je n’ai pas osé !

La première partie du parcours se déroule sur des routes secondaires. En passant à Rognonas, j’ai forcément une pensée pour un autre de mes oncles qui y vivait. Il aurait aimé assister à cette journée… .

 

 

Dans la voiture, on en profite pour faire connaissance tout en écoutant les temps tomber. C’est aussi l’occasion de souligner un point commun entre la Team Direct Energie et Au bon dossard : nous avons le même webmaster !
On remarque de près les nouveaux panneaux de signalisation sonores et lumineux, indiquant un changement de direction ou un endroit délicat à passer. Nous validons cette bonne initiative, sans doute bien utile aux coureurs.

 

 

Sur un grand pont, c’est la jonction ! Ou plutôt le dépassement… Anthony a rattrapé son équipier et s’en est allé escalader la difficulté du jour. Ne voyant pas de véhicule neutre s’arrêter, nous sommes donc restés derrière Jonathan Hivert, en espérant que tout se passe bien pour Anthony. Autour de nous, le décor est splendide et la foule et là pour accueillir les coureurs. C’est magique !

À l’inverse de son équipier, on sent que Jonathan pioche forcément plus, sans pour autant donner la sensation d’être collé à la route. Si on se régale à le suivre, lui doit se languir d’en terminer !
Suite à la descente, le parcours emprunte une route plus large, et bien plus exposée au vent. Heureusement ce jour-là, pas de fort mistral à l’horizon, même s’il ne devait pas être loin pour autant.

 

 

Dans les derniers kilomètres, nous croisons des fans de l’équipe venus en caravane supporter leurs coureurs préférés. On en profite pour les remercier en les saluant. Derrière, pas de gorille à l’horizon, même si je le soupçonnais de ne pas être bien loin !

Voilà (déjà !) la flamme rouge… C’est là que l’on entend à Radio-Tour qu’Anthony a pris le troisième temps provisoire ! Une très belle performance qui se confirmera au fil des arrivées. Nous entrons dans Barbentane où nous sommes déviés à trois-cent mètres de l’arrivée. On se retrouve alors dans un mini labyrinthe composé de ruelles où la voiture bien guidée passe tout juste. La plaque retirée, on redescend vers les bus en croisant des coureurs qui en ont terminé avec leur chrono. Histoire de prolonger un peu le plaisir !

 

 

En sortant du véhicule, on ne manque pas de remercier à nouveau Vincent pour nous avoir permis de partager ce super moment à ses côtés. D’ailleurs, c’était presque une première pour lui aussi ! Avec le peu de contre-la-montre dans le calendrier et les nombreux vélos qui attendent d’être choyés, les occasions d’encourager ainsi ses coureurs sont rares et précieuses à la fois. Quelques mots et regards qui brillent échangés avec mon oncle confirment que nous avons conscience du privilège qui nous a été accordé.

 

Nos deux coureurs sont de retour au bus et sur leur home trainer pour récupérer. Anthony m’invite alors à le rejoindre afin d’imiter son frère et de répondre à mes questions sous forme de portrait chinois. Voilà un autre privilège ! Pouvoir échanger ainsi avec les coureurs au cœur de l’action et un réel plaisir. En parlant d’honneur, Anthony a également eu droit à sa part ; un certain Thomas Voeckler est venu le féliciter. Ce qui a forcément fait plaisir à l’intéressé !

 


~ Le portrait chinois d’Anthony Turgis ~

Si tu étais :

– Une fleur
Un coquelicot, lui rappelant les étendues de champs sauvages et le côté indomptable de la fleur, trop fragile pour être cueillie.

– Des éléments naturels
Le feu (Anthony est-t-il on fire ?!) et la mer, toujours agréable d’y perdre le regard dans son horizon sans fin.

 

– Une boisson
Le café ! Surtout de bon matin…

– Une gourmandise
Un pain au chocolat (et non une chocolatine, désolée pour ceux du Sud-Ouest !)

 

– Un objet
Voilà une question (pas simple…) qui lui a valu quelques réflexions sur son home trainer ! Voulant s’inspirer de son frère qui avait répondu à cette même question avant lui, il nous a donc demandé sa réponse avant de nous donner la sienne. Une machine à café ! Qui va forcément bien avec la boisson l’identifiant.

– Un loisir
Une balade en forêt, près de chez lui, il y a donc de quoi se ressourcer !

 

– Un mois de l’année
Septembre, pour sa douceur et ses couleurs. En voilà un qui pourrait bien s’entendre avec Fumiyuki Beppu avec qui il a quelques similitudes !

– Une heure de la journée
13 heures ; à soixante-seize minutes près, la bonne heure pour le départ de son chrono !

– Une ville
Versailles, donc vers ces fameuses forêts…

 

– Un maillot distinctif
Le prestige du maillot jaune…

– Un sport hors vélo
Le biathlon, autant rester dans l’endurance !

– Une course
Un championnat, qu’importe lequel ; une course d’usure où celui qui gagne portera sur lui la légende…

– Une partie du vélo
Les roues, car ce sont elles qui habillent le vélo, et lui apporte la classe… ou pas !

 


Suite à ces révélations, il était temps pour nous de retourner près du départ avec une envie à laquelle il fallait résister en passant devant les voitures qui attendaient leur tour : y retourner !

Les coureurs presque tous partis, nous escaladons le village afin d’atteindre l’arrivée. Et on peut vous le confirmer, Barbentane : ça grimpe ! À l’inverse, ça descend forcément ; on croise les coureurs qui en ont terminé. Mieux vaut qu’ils aient gardé de la lucidité pour ne pas glisser sur la route et les pavés heureusement non mouillés.

Tout là haut, on retrouve l’ambiance d’une arrivée, accompagnée d’une note provençale. Du moulin aux cavaliers, en passant par les costumes traditionnels, les villageois ont joué le jeu et participent de belle manière aux festivités. On se retrouve avec la foule à jongler avec l’écran géant pour suivre la course et la ferveur dès que la ligne d’arrivée est franchie par un coureur. On croise à nouveau Blaise qui redescendait une fois tous ses coureurs arrivés. Un nouvelle occasion d’échanger quelques mots sur les superbes moments que l’on a vécu grâce à sa générosité.

 

 

La suite, vous la connaissez : une belle victoire de Simon Yates, pendant que son jumeaux brillait sur les routes de Tirreno-Adriatico. Puisqu’on vous dit que ce fil rouge est une histoire de famille ! Quant’à Anthony Turgis, il s’est classé 21ème de l’étape, et premier français de ce contre-la-montre. Voilà qui confirme son super début de saison, qui avait commencé par une victoire lors du Grand Prix d’ouverture de la Marseillaise. Le 13 lui porterait-t-il chance ?

 

Nous sommes aux premières loges pour assister au podium. La voix de Marc Chavet raisonne, ses commentaires sont d’ailleurs aussi agréables à écouter lorsqu’il parle de vélo comme de snooker ! Encore quelques photos souvenirs, une pensée pour tous ceux qui travaillent dans l’ombre en enlevant déjà les barrières et il est temps pour nous de redescendre en bas du village comme sur terre.

Les coureurs s’en sont donc allés jusqu’à Nice, où Egan Bernal s’est imposé. Voilà aussi qui promet ! Jonathan Hivert s’est visiblement bien remis de son chrono puisqu’il s’est montré très offensif dans l’arrière pays niçois. Bravo à lui, à Anthony comme à l’ensemble des coureurs dont ceux la Team Direct Energie, auteurs d’une belle Course au Soleil qui a finit par les rattraper.

 

Quelle journée ! Vous l’aurez compris, on s’est régalé ! C’est aussi pour vivre de telles émotions que j’aime le cyclisme et tous ceux qui font la beauté de ce qui est bien plus qu’un sport. Au bon dossard existe depuis plus de quatre ans pour partager de telles aventures, à leurs côtés comme aux vôtres.

 

Photos prises sur le parcours par Mickael Gagne 

 

Encore un grand Merci à Direct Energie, à tout le cortège de Paris-Nice et à la ville de Barbentane grâce à qui nous avons de superbes souvenirs en mémoire, et à conter. Vivement la troisième étape de notre fil rouge !

 

 

D’autres photos sont à retrouver au fil des jours sur notre compte Instagram.

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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