La Parole à Claire Bricogne

Une Recette riche en bons commentaires

  • dimanche 26 février 2017

Le cyclisme féminin se développe et se médiatise de plus en plus. Nous aimons mettre les coureuses en avant, comme dans un mets précédent, où la nouvelle équipe DN féminines du GSC Blagnac est à l’honneur.

Puis il y a aussi toutes celles qui œuvrent au quotidien plus ou moins dans l’ombre, et qui font également partie du monde de la Petite Reine. Dans ce nouveau plat, nous donnons la parole à celle qui justement commente les courses sur la Chaîne l’Équipe : Claire Bricogne.

 Bonjour Claire, et bienvenue Au bon dossard ! Au fil des courses, les spectateurs prennent l’agréable habitude d’entendre une voix féminine commenter les courses, mêmes celles des hommes. Peux-tu nous décrire ce que tu ressens lorsque tu t’apprêtes à prendre l’antenne pour faire un direct  ?

Bonjour à vous ! C’est une bonne question… C’est un mélange d’excitation, de stress face à l’inconnu et d’envie de bien faire. Lorsqu’une course s’élance, j’ai envie de la mettre en avant.  j’ai envie de mettre les acteurs de la course, les coureurs en avant. Alors je me mets la pression, parfois, je l’avoue. Je souhaite aussi communiquer mon enthousiasme. Je travaille beaucoup sur ça en ce moment. Je fais un métier magnifique et ce sport est passionnant.

  • Pour arriver à vivre de tels moments, le parcours a dû être long ! Peux-tu nous en dire plus sur toi ? 

J’ai découvert le cyclisme à l’âge de dix ans, à la télévision. Personne dans ma famille ne le pratiquait, je le précise car c’est une question qu’on me pose très souvent ! Et puis, je me suis intéressée au métier de journaliste de sport et j’ai axé mes études et mes expériences professionnelles autour de ça.

J’ai un Master 1 de journalisme de sport et j’ai multiplié les expériences dans tous les types de support médiatique. Par exemple, la PQR avec le Courrier picard, internet avec lequipe.fr, la webradio avec RadioVélo. J’ai eu la chance qu’on m’ait laissé une opportunité dans chaque rédaction télé dans laquelle je suis passée. J’ai fait un peu de bord-terrain de football, en National d’ailleurs avec France 3 Picardie. Et aujourd’hui, je suis ravie d’être sous contrat pour La Chaîne L’Equipe.

  • En plus du vélo, l’équitation est une autre de tes passions ?

J’ai couvert les courses hippiques pour L’Equipe 21 pendant deux ans, c’est vrai. Un peu par hasard en fait, j’avais déjà vu quelques courses mais je n’étais pas spécialiste. J’ai beaucoup travaillé pour être au niveau, et j’ai été impressionnée par l’investissement des professionnels de ce milieu. Ils ne s’arrêtent jamais !

  • Est-ce que tu pratiques (ou a pratiqué) toi-même ces sports ?

Je ne monte pas à cheval, non, mais je n’en ai moins peur qu’avant ! Quant au cyclisme… je me déplace à vélo dès que je le peux. Rien à voir avec la compétition, certes. Mais je discute beaucoup avec les coureurs, les DS, les pratiquants pour comprendre les sensations, les stratégies, le matériel. Cela ne m’empêche pas de comprendre ce sport.

  • Remontons le temps durant une question : il y a dix ans, voir même cinq ans, est-ce que tu aurais pu imaginer ou même espérer être la première femme à commenter le Tour de France ?

Vous vous doutez de la réponse : absolument pas ! Je n’ose même plus compter le nombre de fois où j’ai failli baisser les bras. Parce qu’être pigiste, c’est précaire. Parce qu’on doute. Sans le soutien de mes proches, je n’y serais jamais parvenue d’ailleurs. Mais finalement, peut-être que ces moments difficiles font ma force aujourd’hui.

  • Désormais, tu travailles donc pour la chaîne l’Équipe, qui diffuse de plus en plus de courses, notamment le Giro 2017 en mai prochain. C’est déjà une très bonne chose pour les fans de vélo ! Tu seras donc de la partie ?

Oui ! Caméra au poing, ou aux commentaires.  Je n’en revenais pas lorsque j’ai pris connaissance du programme 2017 de la chaîne. Le Giro, des Classiques, des courses par étapes incroyables. Plus de 100 jours de courses. Et nous ferons un maximum de dispositif en direct, pour les réactions notamment. On travaille aussi sur des insides. Et on vous réserve quelques surprises en amont des diffusions…

  • Y-a-t-il aussi des courses féminines programmées à l’antenne ?

Le Tour de Grande-Bretagne, pour l’instant. La programmation peut évidemment évoluer.

  • Peux-tu nous décrire l’envers du décors d’un commentateur ? Une journée type ?

Il y a plusieurs étapes. On contacte les DS, les coureurs ou les envoyés spéciaux de L’Equipe si nous ne sommes pas sur place. Les recherches sur les réseaux sociaux, pour trouver un tweet original par exemple. Les repères du parcours et la collecte de toutes les infos primordiales. On discute aussi avec le ou les consultants, pour confronter nos infos. On amène verres d’eau, cafés en cabine, on s’encourage et c’est parti…  En guise de débriefing, on échange beaucoup également.

Le travail du commentateur se cultive un peu tous les jours, en fait. J’ai des fiches et des fichiers sur un ordinateur. Pour essayer d’entretenir ma mémoire en amont. Le but est  d’apporter des informations et un éclairage.

  • Vous arrive-t-il de commenter les courses directement depuis vos studios ?

Oui bien sûr. Mais je suis aussi souvent sur le terrain, pour faire les interviews qui alimentent le live.

  • Dans ce milieu typiquement masculin, est-ce que ça a été facile de te faire une place ?

Je n’ai jamais eu de difficultés avec les protagonistes de ce sport. Je n’ai jamais senti que c’était un problème d’être une fille et je ne pense pas qu’ils m’aient jugée ou me jugent moins compétente. Il y a de plus en plus de femmes dans l’entourage des équipes.

Par contre, il m’est arrivé de lire des critiques sur ma façon de voir le cyclisme, une façon plus féminine évidemment. C’est nouveau, forcément différent. Parfois également des téléspectateurs me pensent amoureuse de tel ou tel coureur car je m’enthousiasme sur sa façon de courir… C’est assez étonnant de voir ce type de réaction. Mais ce n’est pas grave. Je ne changerai pas ma nature, en tout cas.

  • Avant ou après les courses, as-tu le temps et la possibilité d’être en contact avec les coureurs hors interviews ?

Parfois oui. Des discussions en amont me donnent des informations précises que je peux restituer dans le commentaire.

  • Comment se prépare un direct ?

Il y a une part de préparation et une part d’improvisation, que ce soit au commentaire ou sur le terrain. Au commentaire, on choisit des sujets qu’on pourra aborder. On laisse aussi toute la place au direct et aux interventions des téléspectateurs via les réseaux sociaux. Même chose pour les interviews ou les duplex sur le terrain. On pense à deux, trois idées, mais l’imprévisible des réponses doit primer.

  • Au delà du vélo, il y a donc les voyages. As-tu le temps de faire un peu de tourisme entre deux étapes ?

Ce sport d’extérieur qui bouge sans cesse nous permet déjà de voir beaucoup de choses. Et de changer régulièrement de paysage. J’adore me promener dans les villes que l’on traverse dès que je le peux. J’avais adoré Chester par exemple en suivant le Tour de Grande-Bretagne.

  • Tu es aussi la marraine de l’association Media Pitchounes. Peux-tu nous la présenter et nous expliquer quels sont tes rôles ?

Cette association m’apporte beaucoup, ce sont des rencontres, des sourires, des échanges de vidéos. Les Médias Pitchounes sont implantés à Nantes et à Toulouse. Ce sont des jeunes, parfois issus de quartiers, qui se réunissent plusieurs fois par semaine pour réaliser des projets journalistiques autour du sport. Ils avaient une émission quotidienne pendant le Tour, par exemple. Et puis ils se déplacent sur beaucoup d’événements. Ils sont plein d’enthousiasme. Je suis très fière d’eux.

  • Un grand merci à toi et à la chaîne l’Equipe. On vous retrouve via les prochains directs pour de nouvelles aventures !

Merci à vous, j’aime bien le concept original de votre site. À mon tour de vous poser une question. À quelle heure mange-t-on ?

Héhé Le site qui ravitaille le cyclisme est ouvert en permanence ; 24/24 heures et 7/7 jours ! Le partage de notre passion peut ainsi combler tous les petits creux !

Claire Bricogne aux commentaires avec Philippe Bouvet

Claire Bricogne au Tour de France

En compagnie des Pitchounes

Claire Bricogne à Abu Dhabi

Rédigé par

Natacha Cayuela - Coordinatrice pour cyclistes

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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