Restons à la Maison – 3 –

Le Fil Rouge du site qui ravitaille le cyclisme - Spécial confinement -

  • dimanche 29 mars 2020

Pendant que le monde se soigne, les humains de tous les continents à l’unisson contre un ennemi commun invisible faisant des ravages, une grande partie de la faune et de la flore peuvent s’exprimer avec liberté, notre planète s’offrant un peu de répit pour mieux respirer.

C’est avec une pensée pour tous ceux qui contribuent à agir avec solidarité dans tous les domaines, comme pour l’ensemble de l’univers de la Petite Reine que nous vous avons concocté en bonne compagnie le troisième épisode de notre Fil Rouge spécial confinement. Ces passionnés nous invitent chez eux, le temps d’une recette à déguster avec partage, où seules les ondes positives peuvent se propager !

 

 

– Typhaine Laurance – Arkéa Pro Cycling –

 

Avant le confinement, j’étais à mon appartement dans la région Vannetaise pour les études, car je suis en licence information-communication. C’était le début de saison pour tous les coureurs, donc je participais aux classiques belges avec mon équipe Arkéa Pro Cycling Team. Maintenant, je suis donc chez mes parents. J’étudie mes cours à distance et pour l’entrainement je fais de l’home-trainer via l’application Zwift.

Le confinement me permet de me retrouver avec mes parents et mon frère, de passer du temps avec eux car je ne les vois pas beaucoup sinon. Cette période me fait comprendre que rien n’est jamais acquis, et je me rends vraiment compte de la chance que l’on a d’être libre, et de sortir comme on le souhaite d’habitude !

Alors, je dirais à tout le monde de prendre le temps de se recentrer sur soi durant cette période, j’ai une phrase sur un bracelet que j’ai en commun avec mes meilleurs amis qui dit : « Réveillez ce qui sommeille en vous : vous » c’est le bon moment pour cela.

 

  • Es-tu plutôt timide ou extravertie ?

Je suis plutôt extravertie, j’adore le contact avec les gens !

 


– Evita Muzic – FDJ-Nouvelle Aquitaine-Futuroscope –

 

Avant le début de ce confinement, j’étais en pleine préparation spécifique avec pas mal d’intensité, mais surtout l’envie et l’excitation de remettre un dossard sur des courses qui me correspondaient comme le Strade Bianche et le Trofeo Bianfa, qui auraient bien lancé la saison jusqu’aux Ardennaises.

Après l’annonce du confinement, j’ai continué à faire du travail spécifique mais cette fois-ci sur home-trainer. Puis après avoir vu l’annulation au fur et à mesure de toutes les courses qui arrivaient jusqu’à mai, on a décidé avec mon entraîneur de faire une coupure car la saison allait être longue et il fallait profiter du moment pour couper. Il faut avouer que faire rien que deux semaines d’affilé de home-trainer est une très grosse épreuve pour moi 😅

Pour être honnête, mes journées sont un peu longues sans vélo, sans sport du tout même mais surtout sans sortir dehors car j’habite dans un appartement. Du coup, j’en profite pour tester de nouvelles recettes de cuisine, dessiner, colorier, faire mes ongles, faire des séances d’étirements et bosser un peu l’anglais. Je me mets même un peu aux jeux vidéo !

Grâce à ça, je me rends compte que je ne suis pas quelqu’un de casanier, j’ai besoin de prendre l’air, de me dépenser pour avoir l’impression de faire quelque chose de mes journées !
Mais cela m’a surtout fait prendre conscience que la priorité dans la vie ne se résume pas qu’au vélo, que le plus important reste la santé et que si tout devait s’arrêter pour une raison ou une autre, il faudrait se trouver d’autres objectifs pour avancer.

Le point positif de tout cela c’est que maintenant, on sera toujours motivés pour aller s’entraîner dehors, même quand il ne fera pas beau car on réalisera la chance qu’on a de pouvoir aller dehors. Et surtout, que l’on a déjà utilisé tout notre quota de home-trainer pour l’année !

 

  • Es-tu plutôt cuissard court ou long ?

Je dirais plutôt cuissard court ! Dès la première hausse des températures, je suis toute excitée de sortir le cuissard court 🤗 Il faut dire qu’originaire de Franche-Comté et du cyclo-cross cela ne me fait pas peur 😜

 


Yacine Chalel – Paris Cycliste Olympique –

 

Je sors d’une saison sur piste extrêmement dense. J’ai couru dans plus de dix pays ces six derniers mois. Se retrouver à la maison lorsqu’on prend l’habitude de ce rythme est assez difficile, mais nous n’avons pas le choix. J’ai vraiment hâte que la situation s’améliore et je me projette déjà sur mes prochains voyages, c’est ce qui me permet de garder le moral.

Déjà, pendant le Championnat du monde, le coronavirus était au cœur des préoccupations, autant que les performances sportives. Mais je ne pensais pas que la situation se dégraderait aussi vite. Je me souviens de mon séjour au Canada fin janvier. À l’aéroport, tout le monde portait des masques et des gants, mais on ne savait pas encore exactement dans quoi on s’embarquait.

J’organise mes journées de la même manière depuis le début du confinement : entraînement le matin et travail l’après-midi. Je travaille sur la prochaine saison pour mon équipe professionnelle de cyclisme sur piste et sur un projet d’organisation pour mon club du Paris Cycliste Olympique. En général, j’ai toujours une liste de choses à faire que je prépare pour ne pas me retrouver au dépourvu. Je fais aussi très attention à mon alimentation, peut-être encore plus que pendant la saison.

J’ai pris le temps pour me remettre à la lecture. Mon auteur préféré est Maupassant. J’apprécie particulièrement son style, il était en avance sur son temps. C’est quelque chose que j’ai toujours aimé faire, mais c’est assez difficile entre deux avions ou deux trajets en voiture. À l’avenir, je pense me programmer des sessions de lecture comme quand j’étais à l’université.

Ce qu’on vit actuellement est inédit pour nous. Mes parents travaillent en milieu hospitalier, ils me racontent la réalité du terrain et elle est vraiment difficile. Dans cette situation, on relativise plus facilement sur énormément de choses et peut-être que cela peut nous aider dans le futur. Savoir quelles doivent-être réellement nos priorités et surtout prendre le temps, pour soi et pour nos proches.

 

  • Es-tu plutôt dossard 13 à l’endroit ou à l’envers ?

Toujours à l’endroit, je ne suis pas du tout superstitieux.

 


– Barbara Fonseca – St Michel – Aubert 93 –

 

Je suis professeure d’EPS à Créteil. On nous a annoncé la fermeture des écoles le jeudi 12 mars, soit cinq jours avant le début du confinement. Je suis passée en télétravail, et mon conjoint au chômage technique dès le lendemain.

Le samedi, nous avons décidé de partir dans le Sud passer quelques jours. Y étant mutée pour la rentrée prochaine, j’y avais de toute façon des réunions de prévues. Avec le virus, nous évitions déjà depuis plusieurs jours les endroits avec du monde, mais à Paris c’était vite compliqué de se promener éloigné des autres.

Ici, nous avons un jardin et nous sommes dans un coin plutôt calme, éloigné de la foule. Sans obligations professionnelles, nous avons anticipé notre venue ici. Mais nous ne pensions y passer que quelques jours et en profiter pour faire quelques repérages pour l’an prochain. Finalement, nous n’avons pas eu le temps de faire grand-chose, puisque le confinement a été annoncé trois jours plus tard. Du coup, nous sommes toujours là, et pour un petit moment !

C’est un peu bizarre car d’habitude lorsque nous venons ici, nous ne restons que quelques jours, ce sont des vacances ou des week-ends prolongés pendant lesquels nous faisons pas mal de ballades et de sorties vélo dans l’Esterel.

Là je continue à travailler, à faire quelques réunions via Skype avec les collègues, à chercher des moyens de faire pratiquer un peu de sport aux élèves tout en respectant à la fois les contraintes du confinement mais aussi les préconisations sanitaires, le tout à distance et qui doit être réalisable dans un tout petit espace et sans matériel… C’est un peu inédit, je cherche parfois de nouveaux exercices et tente de mes réaliser avant de les donner. C’est parfois assez comique, mais ça m’occupe une partie de la journée !

Côté sport c’est un peu moins drôle. Je commence à regarder mon home-trainer avec mépris. Lorsque nous serons sortis de la période du confinement je pense que lui et moi, on divorcera et qu’il restera confiné à la cave un petit bout de temps !

Néanmoins, dans chaque situation il faut trouver du positif. Ce n’est que du sport, soit pas grand chose à l’échelle de la vie. L’avantage c’est que maintenant, lorsque je roulerai sous la pluie, je penserai à ces moments là.

D’un autre coté, la situation permet aussi de se rendre compte à quel point nous sommes chanceux de vivre dans un pays pleins de libertés. Si on compare notre quotidien actuel lié au confinement, il reste encore plus libre que celui d’autres populations. Il faut donc essayer de profiter de ce que l’on a et tenter de voir le verre plutôt moitié plein que moitié vide.

Je profite du confinement pour faire ce que je remets souvent à plus tard ; cuisiner un peu plus, tester de nouvelles recettes, lire les articles scientifiques que j’ai mis de côté depuis trois mois pour « quand j’aurai le temps », faire des séances de stretching, etc. D’ailleurs, je n’arrête pas de me dire qu’il faudrait continuer à « prendre le temps », même après le retour à la situation normale. Je pense que pour beaucoup, il y aura un avant et un après confinement.

Cela me permet aussi de revenir à du « plus concret ». Les magasins étant fermés, et l’obligation de rester à la maison nous amène davantage apprécier ce que l’on a. N’étant partie initialement que pour quelques jours, je n’ai pris que quelques affaires. En temps normal, j’aurai déjà acheté pleins de choses ; des vêtements, des gadgets, etc, car nous avons aujourd’hui toujours tout sous la main, partout, et tout le temps. Là on apprend aussi à faire sans.

Et finalement, on y arrive très bien. On consomme moins, et nous n’en sommes pas moins heureux pour autant. Ça amène à réfléchir sur sa propre consommation. Quand je vois le taux de pollution actuellement, la qualité de l’air, la couche d’ozone qui se répare, ça ne peut que donner envie de faire mieux. De consommer moins, mais mieux. Ça nous oblige à nous rendre compte que finalement, ce sont les efforts de tout le monde qui rendront la vie meilleure.

 

  • Es-tu plutôt mer ou montagne ?

Arf’ question difficile ! À choisir, la mer ! J’aime beaucoup la montagne l’été, mais pas du tout l’hiver, car je déteste le froid et la neige. J’aime la mer toute l’année, mais je ne suis pas une adepte des après-midi plage. L’idéal est de grimper de jolis côtes en apercevant de temps à autre la mer !

 


Alexis Guerin – Team Vorarlberg Santic –

 

Je suis rentré de ma première course de la saison qui était en Grèce avec ma nouvelle équipe le Team Vorarlberg Santic. Et là après deux jours, j’ai compris que la situation s’annonçait compliquée avec l’épidémie… J’ai continué à m’entraîner dur pour mon premier bloc d’objectifs de la saison mais en sachant bien qu’il fallait se préparer à un éventuel gros changement de programme !

Cela a rapidement eu lieu avec le confinement « que malheureusement tous le monde n’a apparemment pas bien compris. » Le confinement, il ne faut pas le prendre mal à mon goût ! C’est pour notre bien, pour le bien de nos proches et de nos aînés. ce n’est facile pour personne mais tous ensemble, on peut rapidement vaincre cette épreuve !
Je suis du genre positive attitude (c’est une chanson d’ailleurs il me semble, de Laurie) alors ce n’est pas un petit confinement qui va me rendre malheureux !

J’en profite pour trier mes vieux vêtements, vivre de bon moment avec ma petite famille : Léa ma compagne, Maïka et Yukie nos boules de poils. Mon quotidien lui c’est adapté à la situation mais n’a pas bien changé. Les journées sont toujours trop courtes ! Elle commence toujours par la balade de Maïka (très courte du coup 5-10min). Ensuite, puisque j’aime cuisiner et que j’ai le temps en ce moment chaque matin : préparation du petit déj, entraînement, ménage puis vient le midi. Ensuite la deuxième balade à Maïka (5-10min encore), petite série sur Netflix, entraînement à nouveau, petit défi insta avec Léa, jeux de société, jeux vidéo petite évasion geek avec FM2020 (j’ai un travail avec de grosses responsabilités ; je suis manager des Girondins de Bordeaux et je suis en course pour une qualification en Europe !) Après tout ça, grande balade avec Maïka (30min) et ensuite on arrive vite à la soirée…

 

  • Es-tu plutôt voyages longs en train ou en avion ?

Plutôt voyage très long, très loin en avion. J’aime bien le dépaysement, la découverte de nouvelles culture ou façon de vivre ! C’est important de s’enrichir, ça permet l’ouverture et l’évolution de l’esprit et de la vision des choses.

 

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Merci à Typhaine Laurance, Evita Muzic, Yacine Chalel, Barabara Fonseca et Alexis Guerin pour nous avoir ouvert leurs portes afin de nous partager leur quotidien de cycliste à domicile. Merci également à Laura Weislo pour la mise en relation.

Le Fil Rouge spécial confinement d’Au bon dossard va continuer de vous accompagner ! Rendez-vous dans quelques jours pour le prochain épisode qui mijote déjà.

 

Maïka, la chienne d’Alexis Guerin, nouvelle mascotte du Fil Rouge !

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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