Restons à la Maison – 4 –

Le Fil Rouge du site qui ravitaille le cyclisme - Spécial confinement -

  • samedi 4 avril 2020

Pour vous accompagner en ce début du mois d’avril bien particulier, cinq nouveaux coureurs nous ont ouvert leurs portes – de loin ! – afin de partager quelques instants avec eux.

Entre péripéties, patience, réflexions et envies, place à leurs paroles réunies, ingrédients de ce quatrième épisode du Fil Rouge spécial confinement. Bon appétit !

 

 

– Chloë Turblin – Massi Tactic –

 

Lorsque le confinement a été décrété, ma saison devait seulement démarrer. J’étais à l’un de mes moments préférés… Les classiques arrivaient et j’avais la chance d’avoir mon équipe Massi Tactic, sélectionnée, pour certaines de très elles. Je m’étais donc préparée tout l’hiver pour ces échéances.

Au delà du sport, cette période-là était également une transition pour ma vie professionnelle. Je suis kinésithérapeute de formation et je devais effectuer dix semaines de stage dans un hôpital public afin d’obtenir mon droit d’exercer en France, car j’ai étudié cinq ans en Espagne. Or avec cette pandémie, tout a été annulé. Ce qui me laisse dans une période de flou total autant sportivement que professionnellement. Il m’est impossible d’exercer et je ne peux pas non plus aider dans les hôpitaux… Ce qui est très frustrant pour moi, mais je prends mon mal en patience. La santé générale est bien plus importante que mes tracas quotidien.

La saison risque d’être longue et terminera certainement plus tard que prévu. J’essaie de varier les activités, j’effectue des entraînements courts et intenses avec deux séances d’endurance par jour mais aussi du renforcement musculaire. Je cours aussi à jeun tous les matins autour de mon domicile à la montagne, dans les Pyrénées.

Finalement, cette période nous fait prendre conscience à tous de l’importance de la famille, de l’entourage. Et cela me permet d’apprécier les moments simples du quotidien pour lesquels j’avais bien souvent oublier d’y prêter attention.

 

  • Es-tu plutôt freins à disques ou freins normaux ?

Je suis plutôt frein à disque ! C’est une avancée technologique car c’est plus confortable dans les descentes et aussi par mauvaises conditions climatiques. En revanche, le disque est plus lourd que le patin et parfois plus contraignant à entretenir.

 


– Marion Borras – DN Auvergne-Rhône-Alpes –

 

Avant le confinement, j’étais avec l’Équipe de France en Espagne, au Sierra Nevada, pour préparer les prochains Jeux Olympiques. Le rapatriement a été quelque peu compliqué puisque l’état d’urgence en Espagne a été déclaré pendant que nous étions sur place.

Désormais, je suis redescendue chez mes parents, à Grenoble, que je n’ai pas souvent l’occasion de voir. Je prends beaucoup plus le temps pour faire de la renfo toute bête mais qui, d’habitude, peut-être compliquée à caler dans mon emploi du temps.

Je prends également beaucoup de temps pour mes cours, qui se voient un peu bouleversés suite à l’annonce du report des Jeux, car j’avais allégé mon année exprès pour cela. Je vais essayer de récupérer un maximum de cours en cette fin d’année pour me dégager plus de temps pour l’année prochaine.

Je pense que cette période peut être bénéfique pour tout le monde, elle va permettre de se recentrer sur soi, revoir les priorités de base et je pense qu’elle va être d’une grande prise de conscience pour pas mal de monde.

« Toute période difficile, endure-là avec patience même si elle se prolonge. La patience conduit à la victoire ».

 

  • Es-tu plutôt ville ou campagne ?

Je suis plutôt campagne ! J’aime bien être au calme, et pouvoir rouler au milieu de rien.

 


– Rudy Barbier – Israël Start-up Nation

 

Une journée type en confinement : home-trainer, nettoyage du vélo et billard. Ensuite, il y a bien sûr de la PPG et quelques sorties pédestres qui nous sont autorisées, alors je prends mon heure de sortie pour m’aérer.
En temps normal, je joue peu au billard entre les déplacements et les longs voyages mais en ce moment, j’ai presque que ça à faire. Je continue les cours d’anglais qui sont devenus indispensables depuis mon arrivée chez Israël Start up Nation l’année dernière.

J’ai pas mal avancé dans mon terrain ; il y avait des arbres à abattre et d’autres à replanter alors c’est encore une chose que j’ai fait et qu’en temps normal, j’aurais dû payer quelqu’un pour s’en occuper alors que ça me plaît.

Une citation ? « Se venter d’une bonne action, c’est l’annuler ».

 

  • Es-tu plutôt avec ou sans oreillettes ?

Cela dépend de qui est à l’autre bout ! Plus sérieusement, pour la sécurité je trouve ça indispensable pour être prévenu de l’état des routes, des éventuels voitures mal garées et des changements de direction.

 


– Clara Copponi – FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope –

 

Juste avant le confinement, je me trouvais en Espagne pour un stage en altitude. C’était le début de notre préparation olympique. Le lendemain de notre arrivée, l’Espagne entrait en confinement et on a dû partir le plus vite possible pour avoir un avion. Après deux jours de voyage, me voilà à la maison avec ma coéquipière Coralie Demay pour commencer notre confinement ici.

Du coup, depuis on s’entraîne toutes les deux sur home-trainer et en musculation dans mon jardin. C’est quand même plus motivant d’être à deux, surtout pour monter sur le HT car ça c’est vraiment pas cool. Notamment quand il fait beau comme c’est le cas en ce moment.

Mis à part du sport, je prends un peu plus de temps pour cuisiner et tenter de nouvelles recettes. Mais aussi pour me reposer ! Cette période est vraiment compliquée. Normalement quand je suis à la maison, je passe tout mon temps libre chez mes grands-parents qui habitent à trois kilomètres de chez moi. Mais là j’ose même pas y aller, je ne veux pas risquer de ramener des microbes, on ne sait jamais.

Mais c’est comme ça pour tout le monde, il faut vraiment rester à la maison et que nous soyons solidaires ! Il n’y a que comme ça qu’on s’en sortira.

« Croque la vie comme un fruit et chasse la maladie comme un ennemi ! » Donc pour la chasser et croquer la vie à pleine dent RESTES CHEZ TOI !

 

  • Es-tu plutôt une bricoleuse experte ou du dimanche ?

Bricoleuse du dimanche à 200% !

 


– Roxane Fournier – Chevalmeire Cycling Team –

 

Trois jours avant que l’on annonce le confinement, j’étais au Nord de la Hollande. Je venais de faire deux jours de trajet pour participer à la Ronde van Drenthe au pays, course du calendrier World Tour féminin, et une de celle de l’année que je préfère. On venait juste d’arriver à l’hôtel lorsque l’on a su que le Gouvernement hollandais annulait tous les rassemblements sportifs et donc les courses cyclistes prévues initialement.

Les trois jours qui ont suivi, je me suis vraiment rendu compte de l’ampleur de la situation dans laquelle on se trouvait. J’ai décidé de rentrer au plus vite chez moi en prenant le premier train. Lorsque j’ai su que toutes les courses étaient annulées, j’ai décidé de faire une semaine sans vélo.

C’est vrai que depuis le début du confinement, le rythme de vie a beaucoup changé. D’habitude, notre vie de sportif de haut niveau est rythmée par les entraînements et les courses avec les trajets. Aujourd’hui, tout est beaucoup plus calme. Je prends le temps de faire des choses que je ne faisais pas avant car j’étais fatiguée de mon entraînement du matin par exemple.

En ce moment, je retape des palettes de bois pour en faire des petites jardineries et mettre des plantes, je cuisine beaucoup. J’ai toujours aimé ça et je suis même en train de voir pour commencer une formation à distance là-dedans, chose que je pensais effectuer un peu plus tard.

Cette période finalement me fait beaucoup penser à la suite, à mon avenir après le vélo. C’est vrai que depuis quelques temps, j’y pense beaucoup car je sais que la fin de ma carrière approche et que j’aspire à de nouvelles envies de plus en plus. Cela me permet concrètement de mettre en place progressivement tout ça. Je pense que ce confinement va sûrement faire évoluer la société par la suite.

Enfin je l’espère que sur certaines choses cela évoluera. Je suis persuadée déjà que pour la nature cela fait un bien fou à notre monde, on peut le voir avec la baisse de la pollution et la meilleure qualité de l’air dans les grandes villes. Cela va peut-être faire également évoluer les mentalités, favoriser l’entraide et être moins égoïste. Je pense vraiment qu’il y aura un avant et un après coronavirus.

Pour moi, le plus dur dans le confinement c’est de ne pas pouvoir aller rouler à l’extérieur, avoir mon bol d’oxygène quotidien. Faire du home-trainer mentalement ça m’use beaucoup. Après pour le reste je suis plutôt casanière donc je ne trouve pas cela plus contraignant que ça.

Je pense qu’il faut toujours tirer le positif d’une situation. Et cette période de confinement obligatoire permet de se rendre compte que finalement, le vélo n’est qu’une toute petite partie de ce qui nous entourent et que parfois, il faudrait relativiser certaines choses.

« Il n’y a pas de mauvaises expériences que des expériences riches d’enseignement ».

 

  • Es-tu plutôt carnivore ou végétarienne ?

Je mange un peu de tout, je me prive de rien. Parfois viande, parfois tofu. En général, je me limite à seulement un repas avec de la viande ou poisson par jour et l’autre repas sera plus tofu ou légumes secs pour l’apport des protéines.

 

 

Merci à Chloë Turblin, Marion Borras, Rudy Barbier, Clara Copponi et Roxane Fournier pour avoir concocté ce mets illustré à nos côtés.

En vous souhaitant à toutes et à tous patience et courage pour les jours à venir. À très vite pour de nouvelles recettes !

 

Nettoyage et bricolage autour de Maïka, la mascotte du Fil Rouge spécial confinement.

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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