Restons à la Maison – 5 –

Le Fil Rouge du site qui ravitaille le cyclisme - Spécial confinement -

  • jeudi 16 avril 2020

Après un mois où l’on patiente chez soi pour le bien de l’humanité, la planète, la faune et la flore continuent globalement de mieux respirer. Les prévisions autour d’un éventuel calendrier de courses prennent forme peu à peu, redonnant un élan de motivation et d’espoir dans l’univers de la Petite Reine.

D’ici une potentielle reprise des courses en juillet et quelques libertés possibles en mai, continuons à rencontrer les cyclistes depuis leurs domiciles.

 

À travers ce cinquième épisode de notre Fil Rouge spécial confinement, voici comment cette période délicate se déroule chez eux.

 

– Gabrielle Pilote – Massi-Tactic Women Team –

 

Avant le confinant, je me préparais pour le Tour des Flandres et pour les Classiques des Ardennes. Normalement, j’étais censée faire un stage en Espagne. La nouvelle est tombée alors que j’étais chez moi au Danemark, et à ce moment-là, j’ai regardé les options pour peut-être rentrer au Canada ou pour rester ici parce que je suis en processus de demande de visa.

C’était compliqué parce qu’en fait, je ne savais pas si j’allais avoir le droit de rester ici en Europe ou si il fallait que je retourne en Amérique comme le gouvernement avait fermé toutes les institutions, mon visa n’était pas en processus. J’ai pu comprendre que j’avais le droit de rester ici pendant que ma demande était en traitement. Alors que je n’avais pas besoin de voyager, j’ai pris la décision de rester ici avec mon copain.

Pour l’instant, c’est assez spécial parce que c’est comme si c’était un retour à la saison hivernale, on fait que des kilomètres de base. Au Danemark, On n’a pas empêché les cyclistes de sortir sur les routes donc on peut encore s’entraîner normalement à l’extérieur. Par contre, c’est assez spécial de s’entraîner sans objectifs précis parce qu’on ne sait pas exactement quand est-ce que la saison va recommencer. Personnellement, vu que je vais encore m’entraîner à l’extérieur, il n’y a pas beaucoup de choses qui ont changées dans ma vie de tous les jours. Par contre, ça me donne plus de temps pour faire mes études ; j’étudie en marketing.

On a également déménagé dans une nouvelle maison en juin dernier avec mon copain. Le confinement nous donne plus de temps pour jardiner et faire des rénovations à la maison, chose que l’on n’avait pas vraiment le temps au cours de la saison à cause des courses et du fait qu’on a besoin de récupérer lorsqu’on rentre à la maison.

On peut vraiment profiter du beau temps et du printemps pour faire les travaux à l’extérieur, chose qui aurait dû attendre jusqu’à la fin de l’été pour être finalisée. Je fais également beaucoup d’art ; j’ai commencé des toiles, j’essaie comme autant de créer le plus possible à la maison et de ne pas faire de sorties à l’extérieur ou dans les endroits publics.

C’est sûr que des événements comme ça, ça me fait prendre plus conscience de l’importance qu’on a en tant que citoyen, de prendre ses responsabilités pour la société dans laquelle on vit, pas juste penser à nous personnellement mais à plus grande échelle. Nos décisions de tous les jours peuvent vraiment avoir un impact sur la vie des autres et la survie des autres surtout.

Sur un ton plus humoristique, c’est vraiment le moment parfait pour profiter de chez soi, de Netflix, du temps qu’on a pour voir tous les films qu’on voudrait ou toutes les émissions télé ou lire tous les livres, peindre des toiles, etc.

Je pense que l’on peut trouver des solutions existantes et amusantes en restant à la maison. D’ailleurs, il semble que l’entièreté de la communauté cycliste ait décidé d’apprendre à faire du pain au levain… c’est quand même drôle ! Ou à faire des petits gâteaux… J’invite les lecteurs à aller aux fourneaux et à faire des petits gâteaux !

J’espère qu’à la fin du confinement, je vais pouvoir retourner au Canada pour aller voir ma famille sans avoir à passer deux semaines en quarantaine. Sinon je pense que mon copain et moi on va aller manger au restaurant, ça fait quand même longtemps qu’on est pas sorti en couple ! Ça va faire du bien de ne pas cuisiner à la maison ! J’espère aussi reprendre les compétitions le plus tôt possible.

C’est sûr qu’on va toujours garder en tête l’importance de se laver les mains ! Sur une note plus sérieuse, on va surtout comprendre l’importance de garder contact avec nos proches.

 

  • Es-tu plutôt boissons chaudes ou froides dans tes bidons ?

Boissons froides. Mon truc l’été c’est de remplir mes bidons avec de la slushy ! (Eau glacée au sirop).

 


– Coralie Demay – Charente-Maritime Women Cycling –

 

Avant le confinement, j’étais avec l’équipe de France piste en Sierra Nevada (Espagne) pour un stage initialement prévu de trois semaines. C’était un stage de reprise suite à notre coupure après le Championnat du monde sur piste. Nous somme arrivés le vendredi 13 mars et dès le samedi, nous avons appris qu’il fallait rentrer, comme ce que l’on redoutait.

Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour décider comment rentrer. À ce moment-là en France, il n’était pas prévu un confinement total où on ne pouvait pas rouler dehors. Donc avec Clara Copponi, on a décidé de rentrer ensemble à Marseille pour profiter du soleil et faire notre reprise ensemble pour que ce soit plus agréable.

J’étais partie pour trois semaines alors ça m’allait très bien de ne pas rentrer chez moi (qui plus est avec ce qui se passe c’est plus agréable dans une maison qu’un appartement). Le voyage retour a était long mais nous sommes arrivées le lundi soir et nous avons appris dans le train que la France rentrerait en confinement dès le lendemain midi.

Du coup avec Clara, on a pris positivement le confinement en se disant que c’était la meilleure solution pour que ça passe au plus vite. On se motive toutes les deux pour nos séances d’home-trainer qui ne sont pas du tout un plaisir à la base, mais on s’habitue. Nous avons acheté une barre de squat et des poids pour pouvoir faire de la muscu, nous prenons plus de temps pour le gainage, nous avons notre session quotidienne et nous prenons également plus le temps de s’étirer. On se lance aussi dans quelque « Tiktok », on s’occupe et on rigole bien c’est le principal.

Tous cela permet de changer un peu les entraînements, on court de temps en temps à jeun le matin ; juste 20 minutes mais c’est agréable, ça change du vélo. C’est quelque chose que je pourrais garder après le confinement. Ça lance la journée j’aime bien cette sensation même si je suis une lève tard !

C’est aussi une période qui permet de se recentrer, de prendre plus le temps et de s’entraider les uns les autres. D’après ce que je vois sur internet ça fait aussi du bien à la planète, ce qui est une bonne chose. C’est une période dure pour beaucoup de monde mais je pense qu’il y aura une prise de conscience après.

« La vie peut être un champ de fleurs ou une prison, cela dépend de notre regard et de notre volonté à en percevoir la vraie dimension » Jean Gastaldi.

Nous ne sommes pas à plaindre dans cette histoire, on doit juste rester chez nous et faire attention aux autres. Pendant que d’autres combattent directement le virus et sont épuisés.

 

  • Es-tu plutôt musiques populaires ou originales ?

Un peu des deux, j’écoute vraiment de tout et j’aime bien lancer des playlists au hasard sur Spotify pour découvrir des musiques. Elles sont souvent liées par rapport à ce que j’écoute, mais ça permet de découvrir et de changer de ce que j’écoute souvent.

 


Florian Hudry – Cambodia Cycling Academy –

 

Quand j’ai appris la décision du confinement, je revenais juste de course en Turquie, j’étais déjà en train de m’entraîner pour les courses à venir comme le Tour de Thaïlande qui devait avoir lieu début avril.

Embêté par des problèmes de genoux depuis le début de saison et ne pouvant pas m’entraîner correctement, paradoxalement le confinement m’aura permis de fixer définitivement ces soucis. N’étant pas en forme avant le confinement, je n’ai pas le regret de ne pas profiter de mon état de forme.

J’entretiens une activité physique régulière sans trop me prendre la tête, je préfère être frais mentalement à l’heure du déconfinement et m’entraîner dans de bonnes conditions plutôt que de m’user à faire des quatre heures d’home-trainer. Je le prends un peu comme un début de reprise en novembre avec pas mal de préparation physique générale, en y ajoutant du home-trainer.

J’ai la chance d’habiter à la campagne, ce qui me permet aussi de m’aérer tout en respectant les prérogatives de sortie autorisées, j’ai donc repris aussi la course à pied.
Pour moi qui est souvent en déplacement, cette période me permet aussi de retrouver mes proches. Je profite également de mon temps libre pour lire et travailler sur d’autres projets. J’avais tendance à souvent me projeter dans le futur, cette période amène aussi à se reconcentrer sur le présent et c’est une bonne chose.

Bien sûr, pour tout le monde ce virus va faire beaucoup de mal que ça soit dans le monde du vélo ou à l’économie en général mais le plus important reste la santé. J’espère qu’il y aura des leçons de retenues de cette crise et que des mesures seront prises en conséquence.

Je tiens aussi à adresser tout mon soutien aux personnes qui travaillent de près ou de loin au contact du virus (caissières, infirmières, docteurs…) pour permettre à la population de continuer de vivre dans de bonnes conditions et sauver des vies. STAY AT HOME !

 

  • Es-tu plutôt petit déjeuner léger ou copieux ?

En ce moment je ne prends pas de petits-déjeuners. Quand je me lève, je fais mes exercices et je prends mon premier repas de la journée à midi.

 


– Julie Bresset – Team Massi MTB –

 

Avant le confinement, les premières courses importantes dans mon calendrier allaient démarrer. Donc j’étais dans un bon rythme à l’entraînement avec l’envie que ça démarre. Maintenant, je prends du temps pour moi, je jardine, je prends des nouvelles plus souvent de mes proches, je bouquine. Et on s’adapte à la vie 24/24 avec mon compagnon.

De se poser plus chez-soi ça fait du bien, on profite différemment. Après ce que j’aime c’est être dehors et faire du sport. J’ai hâte de faire du VTT en forêt dès que j’aurai le feu vert car ça me manque beaucoup.

Cette période est spéciale car l’activité s’arrête (ce qui fait du bien à notre planète) mais ça va causer des dégâts. Je relativise en me disant que je vais bien mes proches aussi, je peux faire du home-trainer, je suis solidaire et je patiente en restant positive tous les jours.

Projetez-vous sur l’avenir, vos projets, vos ambitions quand vous avez un coup de mou !

 

  • Es-tu plutôt œufs de Pâques ou salade de fruits ?

Salade de fruits.

 


– Marine Strappazzon – St Michel-Auber 93 –

 

Avant le confinement, je continuais mon métier de professeur d’EPS en région parisienne tout en enchaînant les sorties vélo pour préparer la saison. Depuis plus de 30 jours maintenant, je me suis confinée chez mes parents dans les Alpes.

J’ai de la chance d’y être et de profiter de l’extérieur de la maison et de la vue des montagnes. Mais je respecte malgré ça le confinement en restant chez moi. Je travaille mes lacunes en home-trainer et en renfo, je cuisine, je fais des appels visio avec mes proches, je prépare des cours par visio ou par quizz à mes élèves et je bricole. Quand je vois les conditions du personnel soignant, rester confiné chez nous est pourtant loin d’être difficile.

C’est une période qui permet de nous recentrer sur nous même et sur nos proches, de changer nos habitudes et de vivre en solidarité avec le pays même si ce n’est apparemment pas le cas de tous. À la fin de ce confinement, j’ai hâte de profiter d’un moment en extérieur avec mes proches autour d’un bon repas (vu les apprentis cuisiniers que nous devenons !).

On prend conscience que la vie tient parfois qu’à un fil et qu’on passe parfois notre temps à vivre à 1000 à l’heure à tout vouloir de suite sans tenir compte de ce que l’on a autour de nous.

On va ressortir grandi de cette période. Mais en attendant, il faut être patient alors soyez imaginatifs en restant CHEZ VOUS !

 

  • Es-tu plutôt observatrice ou indifférente envers les animaux qui nous entourent ?

Observatrice, d’autant plus en ce moment, c’est toujours agréable et reposant d’entendre le silence avec les oiseaux qui chantent entre eux !

 

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Reprenons la parole pour remercier Gabrielle Pilote, Coralie Demay, Florian Hudry, Julie Bresset, Marine Strappazzon pour avoir partagé ces mots et ces photos avec nous, et Laura Weislo pour son réseau.

En attendant le prochain épisode du Fil Rouge spécial confinement d’Au bon dossard, on vous souhaite de profiter de chaque instants chez vous. À très vite pour la suite !

 

London, le chat de Julie Bresset

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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