Retour aux Sources pour Simon Pellaud

Toujours avec une différence d'avance

  • mercredi 6 février 2019

Bon appétit bien sûr !

 

« Que pouvons-nous te souhaiter de mieux pour l’an prochain ?

Rencontrer de nouvelles cultures grâce au cyclisme, continuer ma progression en tant que personne et coureur. J’aimerais gagner en Colombie… qu’on me reconnaisse ici ! »

Extrait du Plat « La saison exotique de Simon Pellaud » 

 

 

Après être parti vers de nouveaux horizons et ainsi avoir vécu une saison exotique, Simon Pellaud nous racontait ses aventures riches en kilomètres parcourus aux autres bouts du monde tout en portant haut les couleurs de sa Suisse natale de partout où il passait.
En ce début d’année 2019, c’est avec grand plaisir que nous retrouvons un coureur toujours aussi sympa et disponible. À travers ce mets et ces chapitres à déguster, Simon a beaucoup de choses à nous conter !

 

~ Introduction ~

Bonjour, Bonjour, tout d’abord, un grand merci pour suivre avec intérêt mes aventures… un peu… différentes et extraordinaires ! Tout ce que vous m’aviez souhaité l’an dernier (ou presque !) s’est réalisé. J’ai vécu une saison très riche. Une saison durant laquelle j’ai beaucoup voyagé, énormément appris et finalement su construire un peu de confiance en moi. C’est quelque chose qui me manquait vraiment et m’a fait évoluer en tant que coureur. Ce Plat est la suite de celui de l’an dernier, afin que vous puissiez comprendre la direction que prend ma carrière et pourquoi.

 

En avant !

 

~ Chapitre 1 – Nouvelle saison exotique ! ~

Ma saison 2018 a débuté sur des chapeaux de roues, avec le Tour Colombia 2.1, la plus grand épreuve jamais organisée en Colombie. Les reliefs de la vallée del Cauca dans la région de Cali n’ont pas offert énormément de chance aux baroudeurs. J’ai malgré tout pu apprécier la liesse populaire depuis les avants postes en me glissant dans plusieurs échappées. Il y a ensuite eu la Thaïlande où notre sprinter Martin Laas a remporté trois étapes, le Tour du Japon qui reste pour moi une des plus belles épreuves auxquelles j’ai pu participer durant ces deux saisons chez Illuminate.

L’ambiance dans l’équipe a toujours été au top, à défaut de l’organisation, qui elle a souvent été plus archaïque ! Mais c’est comme tout, on s’y fait et j’ai beaucoup appris, à être plus indépendant, et à être prêt à tout… et à tout moment (des vols réservés le jour même pour aller de l’autre côté de la planète, …) par exemple !
Le point positif de courir avec un maillot complètement noir est l’absence totale de pression. L’objectif de l’équipe a toujours été de prendre du plaisir sur le vélo, de vivre des expériences différentes, de rencontrer des gens, des cultures, … tout ça par le biais du cyclisme. Certes, tout ça marche beaucoup mieux si l’équipe fait des résultats ! Toute la pression, je me la mettais moi-même. Je n’ai jamais baissé mon niveau d’entraînement ou perdu mon professionnalisme, bien au contraire ! J’avais vraiment à cœur de progresser et de performer. Ce qui m’a aussi poussé à faire quelques erreurs dont je vais parler tout à l’heure.

 

 

~ Chapitre 2 – Deux Mondes, une seule Famille ~

Viva Colombia ! Oui, je suis tombé amoureux de ce pays. La Colombie est devenue ma patrie d’adoption. Je loue une petite maison ici perdue sur la montagne entre la ville de Medellin et l’Oriente Antioquieño (territoire d’entraînement de Gaviria, des cousins Henao, de Rigoberto Uran,…).

Mon installation ici s’est vraiment faite naturellement. Ma vie est très simple : j’habite une cabane de bois, avec une cuisine, un lit et une salle de bain. Tout ici est au plus simple, loin du luxe que l’on pourrait imaginer. Je me retrouve vraiment dans ce mode de vie ! Je m’entraîne avec mes collègues et amis qui vivent dans les environs (les trois-quarts du peloton colombien vit dans la région). J’ai très vite été intégré au groupe de coureurs locaux. Ayant appris l’espagnol ici, dans la rue, j’ai un fort accent « Paisa » (de la région de Medellin) et tout le monde a accepté « el Suizo Colombiano ».

Je rencontre ici un climat exceptionnel (pendant que l’Europe est recouverte de neige), les routes d’entraînement sont fantastiques, mais le gros défi auquel je dois faire face au quotidien est l’altitude. Je vis à 2500 mètres ! La récupération est extrêmement difficile. L’an dernier, je suis souvent arrivé fatigué sur les courses, à avoir trop de temps pour m’entraîner ici, je ne prenais pas assez soin de récupérer de mes efforts et l’ai payé par de nombreuses grippes ou coups de fatigue en arrivant en Asie pour mes courses. J’ai dû changer ma mentalité et viser le travail spécifique de qualité plutôt que le volume.

 

 

~ Chapitre 3 – Voyages Voyages ~

Il est clair que la culture qui m’a le plus touché est la culture colombienne. La gentillesse, la bonne humeur des gens ici et leur manière de vivre très simple est fantastique et tellement loin des idées reçues via les séries télé telles que « Narcos » ou autres…

J’ai vraiment été touché par la culture japonaise (qui rime avec respect) et ne pas retourner au Tour du Japon cette saison est aussi une petite déception. Il y a malgré tout des chances que j’y retourne en fin de saison avec l’équipe nationale suisse… à voir !

 

Passage fleuri en Thaïlande

 

~ Chapitre 4 – Une victoire pour terminer en beauté ~

Cette épreuve chinoise est l’une des plus relevées du calendrier asiatique. Et c’est sous le maillot de l’équipe nationale que j’y ai participé. Enfiler le maillot rouge à croix blanche est toujours quelque chose de spécial. Nous y sommes allés avec pas mal de jeunes coureurs. Je me savais en bonne forme après mes belles performances en Roumanie et au Kazakhstan (Cf. 4ème Tour de Roumanie, 2ème Tour d’Almaty).

La « mayonnaise » a tout de suite bien pris dans l’équipe, nous sommes allés en Chine avec de belles intentions avec un sprinter : Dylan Page (qui a porté le maillot jaune plusieurs jours) et un coureurs pour le général, le prometteur Gino Mäder (vainqueur d’étape et 2ème du général final). Une sorte d’euphorie a régné au sein du groupe les dix jours là-bas. Avec un final en apothéose pour moi avec cette victoire d’étape tant attendue (j’avais été repris à 80 mètres de la ligne la 2ème étape). Cette journée a été vraiment spéciale pour moi, le dernier dossard de la saison, une victoire en solitaire après une belle échappée… Une journée où je n’ai jamais douté, où je savais exactement où j’allais… Très très rare dans une carrière cycliste (de mon calibre) !

 

Le bonheur d’une victoire en solitaire

 

~ Chapitre 5 – La décision ~

Les raisons pour mon changement d’équipe sont multiples : IAM Excelsior est mon club formateur, qui après une saison pleine en élite la saison dernière a décidé de passer au niveau continental. Ils recherchaient un capitaine de route, un coureur d’expérience capable de former des jeunes talents de ma région. Lorsqu’ils m’ont contacté, je n’ai pas hésité longtemps, même si ça m’a fait vraiment mal de devoir quitter le Team Illuminate.

En 2019, une équipe nationale Suisse sera, pour la première fois présente au départ du Tour de Romandie et du Tour de Suisse (épreuves WorldTour). J’ai toujours rêvé de pouvoir participer à ces épreuves. Et gagner ces sélections sur des courses « exotiques » aurait été bien plus difficile. Je me devais donc de rentrer à « la maison » afin d’affronter directement les autres concurrents helvètes et gagner mes sélections à la pédale.

Le projet IAM Exclesior est vraiment intéressant. L’an prochain (déjà !) Martigny organisera avec Aigle le championnat du monde de cyclisme sur route. L’équipe est en quelque sorte la vitrine de ce que la région peut proposer en terme de cyclisme. Et en tant que coureur valaisan, je me devais de venir apporter ma petite graine à ce projet d’envergure !

 

Nouvelles couleurs

 

~ Chapitre 6 – IAM Excelsior : présentation ~

IAM Excesior, porte le nom de mon ancienne équipe : IAM Cycling couplé avec le nom de mon club formateur : le Vélo Club Excelsior de Martigny. Il est important que les gens comprennent qu’à défaut du sponsor IAM Founds en la personne de Michel Thétaz, l’équipe n’a rien à voir avec le IAM Cycling d’époque. Nous sommes une petite formation continentale, aux moyens bien différents de l’équipe WorldTour où j’ai pu côtoyer Chavanel, Reichenbach, Haussler.. par le passé.

L’objectif principal de l’équipe est la recherche et la formation de jeunes talents locaux (Antoine Debons…) ou internationaux (l’italien Samuele Zoccarato…). L’ascension au niveau continental faisait sens, afin d’éviter de perdre de bons coureurs à ce niveau intermédiaire, et de pouvoir côtoyer de grandes formations sur des courses telles que le Tour Colombia 2.1, les Boucles de la Mayenne… .

 

Training again

 

~ En attendant la suite ~

En conclusion, je me retrouve à un point de ma carrière où je sens que mon corps à évolué, que grâce à la confiance engrangée lors de la fin de saison dernière, je vais pouvoir aller jouer des victoires d’étapes (et pourquoi le classement général de l’une ou l’autre des épreuves prévues à notre calendrier). Un joli défi se dresse devant moi, les courses européennes sont complètement différentes de celles auxquelles j’ai pu participer ces deux dernières saisons. J’ai dû revoir mes méthodes d’entraînement, ma façon de courir va elle aussi devoir changer…

J’ai vraiment hâte que la saison débute ! L’équipe va me rejoindre ici en Colombie pour le Tour Colombia 2.1 (j’ai dû manquer la présentation, et le premier stage de préparation qui a eu lieu la fin janvier en Espagne afin d’éviter de faire l’aller retour en Europe). Cette épreuve qui a lieu sur mes terres d’adoption, dans la région de Medellin, autour de ma maison, me tient particulièrement à cœur. La fédération colombienne nous a offert la dernière place disponible, en grande partie pour ma présence ici. Je veux leur montrer qu’on est digne de cette confiance !

Mon grand objectif suivant sera le Tour de Romandie, sans dénigrer les courses de préparation françaises auxquelles je prendrai part avec mon équipe !

 

A l’attaque…

 

Un grand Merci à Simon Pellaud pour ces moments de partage, toujours plus appétissants les uns que les autres ! Nous te souhaitons à toi et à ton équipe de briller autant sur tes terres d’adoption que celles de tes racines, et pourquoi pas même ailleurs… Où que tu sois, on a bien l’intention de suivre la suite de tes aventures… toujours avec une différence d’avance !

 

… Et en équilibre

 

– Crédits photos via Simon Pellaud –

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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