La saison exotique de Simon Pellaud

Des kilomètres et des rencontres aux quatre coins du globe

  • jeudi 28 décembre 2017

 

Simon Pellaud en jaune lors du Tour du Rwanda (Photo via fan’s page)

C’était il y a un an. L’équipe Iam cycling avait, hélas, tiré sa révérence, laissant ses coureurs poursuivre ou non leur carrière ailleurs. Parmi eux : Simon Pellaud. L’an passé, il nous expliquait ce drôle de choix fait à mi-chemin entre le cœur et la raison ; partir à l’autre bout du monde afin de continuer à rouler tel un pro. Une saison plus tard, c’est avec plaisir que nous retrouvons le coureur suisse. Laissons-le nous raconter ses aventures au sein de son équipe, la team Illuiminate.

  • Bonjour Simon, il s’en est passé des choses de ton côté depuis l’an passé ! Pour commencer, peux-tu nous dire comment tu vas actuellement ?

Oh que oui ! La saison a été longue et riche en rebondissements ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai bien voyagé, pris du plaisir à pédaler sur les quatre continents que j’ai pu visiter. Actuellement, tout va bien ! Je viens de m’installer en Colombie, sur les hauteurs de Medellin. Dans une petite Cabaña à 2500 mètres d’altitude. Je vais passer tout mon hiver ici au chaud. Le climat, les routes, la compagnie… tout y est pour se préparer au mieux ! De plus je vais débuter ma saison ici en février.

 

  • Dans notre précédent Plat, tu nous disais que tu aimes voyager. Avec des courses disputées aussi bien en Asie, qu’en Colombie, et dans bien d’autres pays, on peut dire que tu as été servi ! Peux-tu nous faire un résumé chronologique de ta saison ?

Ma saison a débuté par une préparation dans la région de Bogota, logé chez mon collègue et ami Edwin Avila. J’ai ensuite subi un petit coup d’arrêt et manqué le début de la saison à cause d’une fracture du coude survenue à l’entraînement. Grâce à un suivi au top et une opération en Suisse, j’ai vite pu revenir. S’en sont suivies des courses à Taiwan, Azerbaïdjan, Suisse, US, Corée, Colombie, Kazakhstan et au Rwanda.

 

  • Quels en sont les moments clés ?

Les Moment clefs sont certainement les quatre victoires d’Edwin, la défense du maillot jaune en Roumanie. Et bien sûr ma victoire et jours en jaune au Rwanda.

 

  • Parlons justement de ta belle victoire lors de la deuxième étape du très populaire Tour du Rwanda. Comment s’est déroulée cette journée sans doute un peu folle ?

Oui clairement ! Une sacrée belle journée de vélo ! C’était l’étape reine, 180 kilomètres et pas loin de 4000 mètres de dénivelé. Je me devais d’anticiper un peu les manœuvres des meilleurs grimpeurs africains. Ils ont un peu rigolé quand je suis allé en chasse-patate derrière l’échappée, à plus de 60 kilomètres de l’arrivée. Mais le final descendant était à mon avantage. Je devais juste passer le col de 10 kilomètres avec eux. Chose que j’ai pu faire, avant de m’en aller en solitaire.

Tant de fois, je suis passé à un rien d’un joli coup d’éclat. Finalement cette étape là… je ne pouvais la laisser à un autre. Ces sensations de victoires sont uniques et m’inspirent tous les jours à l’entraînement. Je ne pensais pas prendre le maillot en prime. Que du bonheur !

 

La consécration au Tour du Rwanda

 

  • En bonus après avoir levé les bras, tu as également porté le maillot de leader. Qu’as-tu ressenti en ayant ainsi le poids de la course sur tes épaules ?

C’était assez étrange. On était seulement trois coureurs et donc difficile de bien contrôler. Du reste, c’est à cause du sous-nombre que j’ai perdu le maillot. Mes deux collègues ont fait un travail extraordinaire et j’ai du mettre la main à la pâte aussi. Mais toujours avec le sourire !

 

  • Au delà de la course elle-même, il y a une ferveur pour le cyclisme là-bas qui ne s’explique pas. Comment l’as-tu vécu de l’intérieur ?

C’est vraiment fantastique, digne de la Vuelta España ou du Tour du Yorkshire (deux épreuves les plus peuplées que j’ai eu couru avant le Rwanda). Il y avait du monde tout le long du parcours. Une fête impressionnante ! Après le public était assez chauvin. Pas super content de voir un petit européen mener la vie dure aux Rwandais. Mais toujours bon enfant bien sûr !

 

  • Au fil des courses et des pays traversés, quels sont ceux qui t’ont le plus marqués ? Que ça soit pour l’organisation d’une épreuve, l’originalité, les mentalités…

La ferveur du peuple Colombien pour le cyclisme est fantastique. Les gens pendus à leur radios (pas tous ont accès à la Télévision) sont tous des passionnés et connaisseurs.
J’ai adoré visiter des contrées en tout point différentes. Nous sommes toujours bien reçus et respectés. Le cyclisme est un outil de partage et voyage fantastique !

 

  • Au cours de tous ces voyages, as-tu gardé quelques anecdotes à raconter ?

Bien sûr! Je me souviendrai toujours des enfants courant à pieds nus à côté des coureurs au Rwanda, des éternelles galères matérielles d’Edwin qui a toujours réussi à revenir à temps, aux bus sur lesquels des commentateurs commentent en live les mouvements dans l’échappée du Tour de Colombie, des rizières du sud de la Colombie, des arrivées tardives de mon DS sur l’une ou l’autre des épreuves… .

 

  • En poursuivant ta carrière à l’autre bout du monde, est-ce que les grandes courses européennes t’ont manqué ?

Les courses en Belgique m’ont le plus manquées. Jamais je ne pourrai ressentir les mêmes sensations que sur les épreuves Flahutes (et Wallonnes).

 

  • L’an prochain tu repartiras pour une deuxième saison avec la Team Illuminate. Peux-tu nous parler de ton équipe ?

Les objectifs principaux sont d’avoir du plaisir, en continuant de donner mon maximum. J’aimerais apprendre à gagner un peu plus, avec plus de liberté. Je vais me concentrer sur le final des étapes et pourquoi pas le classement général d’épreuves comme le Tour de Taiwan ou autres qui ne contiennent pas de Chrono. L’ambiance est top, on est seulement 7-8 coureurs… une petite famille ! Je suis très content d’avoir pu aider Camilo Castilblanco à entrer chez nous. Il le méritait et suis persuadé qu’il s’intégrera à ravir dans notre formation. De plus, nous auront l’an prochain un sprinteur pur dans nos rangs (Martin Laas) il faudra donc trouver certains automatismes.

 

  • Tu as un fan club qui suit de près tes aventures. On imagine que c’est touchant voire même primordial de garder un tel soutien lorsqu’on est si loin ?

Oh oui ! En étant si souvent loin de chez moi, il m’est capital et même vital de garder un étroit rapport avec les gens du coin. Leur faire part de ma passion pour le cyclisme et pour mes voyages. J’organise toutes les années une ballade et un repas de soutien. Il me semble capital de garder un contact de personne à personne. J’espère pouvoir faire un petit peu rêver les gens de chez moi et inspirer les plus jeunes.

 

  • Comment vas-tu gérer et occuper ton hiver ?

Mon hiver sera ensoleillé ! Je vais m’intégrer complètement dans la vie colombienne en vivant à Santa Helena dans les montagnes des alentours de Medellin.

 

La cabane de Simon en Colombie

 

  • Que pouvons-nous te souhaiter de mieux pour l’an prochain ?

Rencontrer de nouvelles cultures grâce au cyclisme, continuer ma progression en tant que personne et coureur. J’aimerais gagner en Colombie… qu’on me reconnaisse ici !

 

Un grand merci à Simon Pellaud pour ce mets exotique ! On ne manquera pas de suivre tes prochaines aventures.

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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