La série de Maël Guégan – 4 –

Une victoire de plus au compteur

  • mercredi 19 septembre 2018

Photo : Anais Labarre

 

Lors de notre précédent épisode, le coureur de Sojasun Espoir-ACNC nous a raconté son printemps, riche en kilomètres parcourus et en émotion qui vont avec.

En cette fin d’été, nous retrouvons celui qui a levé à nouveau les bras récemment : Maël Guégan.

 

 

 

  • Bonjour Maël, nous avons été ravies d’apprendre ta nouvelle victoire, félicitations ! Tu nous racontes ta journée et la course qui porte désormais ton nom au palmarès : le Circuit des Bruyères ?

Mon entraîneur voulait vraiment que je retourne courir en première catégorie pour me faire plaisir, faire du rythme, ne pas se prendre la tête. C’était la première course de l’année que je faisais en 1ère et ça m’a plutôt bien réussi ! J’ai couru libéré, j’ai pris des risques que je n’ose pas forcément prendre en élite où les courses sont différentes. Je suis donc sorti à plus de 50 kilomètres de l’arrivée avec… un seul compagnon d’échappé ! On s’est fait reprendre par deux autres coureurs et on a tout fait à quatre. J’étais très confiant sur mon sprint et je les ai donc laissé s’attaquer dans les deux derniers tours sans produire aucun effort. Je suis allé chercher la dernière attaque à un kilomètre de l’arrivée et il n’y avait plus qu’à conclure !

 

  • Plus globalement, comment s’est passé cet été pour toi ? …

L’été s’est plutôt bien passé pour moi. Je n’ai pas fait de gros coups d’éclats mais j’ai été plutôt régulier. C’est dommage, je passe un peu inaperçu mais je suis toujours présent (8ème au championnat de Bzh, 12ème et 14ème d’étape au tour de Loire Atlantique, 11ème de Manche océan, une très belle Sportbreizh en tant qu’équipier, 9ème d’étape à l’Estivalle, 8ème à Montpinchon U23, victoire au circuit des bruyères, 6ème au GP du Landreau…). J’ai eu quelques déceptions notamment à Montpinchon espoir, où je me voyais vraiment gagner.

On va dire que j’ai limité la casse sur cet été qui n’est pas forcément ma période favorite. Il ne m’a souvent pas manqué grand chose. Il a fallu composer avec un mois de mai compliqué avec les études, un gros bloc en juin, une période de coupure fin juillet malgré la forme qui revenait… Pas toujours simple à gérer ! Mais le coupure était vraiment nécessaire, je suis vraiment en forme en ce moment.

 

  • … Et pour ton équipe Sojasun ?

Pour l’équipe, l’été s’est bien passé également. Ҫa a été plus compliqué que le début de saison, mais c’était difficile de faire mieux. Une grande partie des coureurs ont effectué une coupure après le France élite, d’autres ont été stagiaires, Stelios est parti en Grèce (où il a remporté le titre !). Il a donc fallu composer avec tous ces éléments, mais je pense que le staff est plutôt content de l’équipe qui a vraiment su se remobiliser après un début d’été un peu dur.

 

  • Vous avez terminé la Coupe de France DN1 tout juste derrière les vainqueurs, le CR4C Roanne. Dans quel état d’esprit est l’équipe suite à ce résultat ?

L’état d’esprit est très bon. On savait que ce serait très compliqué de revenir sur le CR4C au classement même si on leur a remis un peu la pression avec clément leader des boucles de l’Artois avant la dernière étape. Mais l’objectif pour l’équipe sur cette course était la victoire au général, le classement de la coupe de France c’était en plus.

On a couru comme ça toute l’année, sans penser à la coupe de France mais en venant sur les manches pour les gagner et non pas mettre le plus de points ! Ҫa nous a plutôt bien réussi avec deux victoires. Terminer deuxième derrière cette équipe du CR4C est un beau résultat.

 

  • À tes côtés, nous avons parlé des directeur sportifs, des soigneurs et des mécaniciens. Pour cet épisode, tu nous expliques comment sont planifiés vos entraînements ?

Chaque coureur de l’équipe à son propre entraîneur. C’est lui qui nous fait nos programmes d’entraînements. D’autres coureurs, souvent très expérimentés, font le choix de ne pas avoir d’entraîneur. Moi c’est mon père qui m’entraîne. Pour certains, cela leur paraîtrait compliqué de se faire entraîner par leur père, mais pour moi ça se passe très bien. Il mixte, disons les vieilles méthodes avec les nouvelles ! Les avantages sont nombreux. Il me connait très bien sur le vélo et en dehors, il connait mon emploi du temps, mes qualités et mes défauts ! Il sait également quand je commence à saturer, quand il faut en remettre etc. Il est très adepte de la variété : route, home trainer, vtt, piste… En plus, il y a un aspect pratique, il n’est jamais loin quand j’ai besoin de débriefer une course, faire mon calendrier de courses, faire du derrière scooter, parler du futur et même m’accompagner rouler de temps en temps !

Après nous mettons tous nos entraînements sur une plateforme en ligne, sur laquelle le staff de l’équipe à accès et y jette toujours un œil. Pour ce qui y est des outils/méthodes que j’utilise, je roule régulièrement avec mon capteur de fréquence cardiaque. Mon père sait que c’est souvent ce que je dois travailler, les changements de rythmes, les départs violents etc. Jusqu’à maintenant j’aimais beaucoup m’entraîner avec un capteur de puissance, mais il m’a lâché en cours de saison. Je me suis rendu compte que je n’en avais pas forcément besoin pour bien m’entraîner, il ne me manque pas du tout ! Je vais quand même en réutiliser un dès que je pourrai, c’est toujours intéressant d’avoir des données pour le futur.

 

  • De plus en plus d’initiatives voient le jour pour améliorer le quotidien des cyclistes. Les applications Bike’n Connect et Otakam que nous avons présenté dans d’autres mets en font partie. Les connais-tu et surtout, les utilises-tu ?

Ce sont de très bonnes idées, je sais que beaucoup de coureurs en sont friands. Je n’utilise pas toutes ces applis. Même strava, et pourtant il n’y a plus beaucoup de coureurs qui ne l’utilise pas ! Je ne suis pas vraiment centré sur cette mode du « vélo connecté », ça ne m’attire pas spécialement. Je rempli juste la plateforme de l’équipe très régulièrement, j’analyse mes sorties.

 

  • En cette période de rentrée, toi aussi tu as repris le chemin de la fac ?

Et oui, je suis rentré depuis trois semaines. Ce n’est vraiment pas facile, surtout en ce début d’année où nous avons vraiment beaucoup d’heures (plus de 30 heures la semaine dernière!). Il est vite difficile d’y ajouter une quinzaine d’heures de vélo. J’ai fini la semaine d’avant complètement épuisé.

Je n’ai pas le temps de bosser à la maison avec les entraînements, pour valider mon année, il faut que je sois présent un maximum en cours. C’est là que j’apprends et que je mémorise un maximum d’informations. Pour l’instant, ça m’a toujours suffit à valider. C’est là qu’on voit qu’il est tout de même difficile de concilier sport de haut niveau et études supérieures… Aller en cours à 7h30 le lendemain d’une course, aller en cours de 8 à 13h, manger sur le pouce, rouler de 14 à 16, retourner en cours de 17 à 20h… une journée typique quoi ! L’emploi du temps devrait s’alléger un peu d’ici deux à trois semaines mais la saison sera quasiment terminée.

 

  • Quels sont tes objectifs pour cette fin de saison, avec et sans vélo ?

L’objectif est clairement de regagner en élite ; je suis sur une très bonne période malgré la reprise de la fac. Je surfe sur la forme. Je sais qu’en j’en suis capable, je dois faire tout pour. Les courses vont vraiment bien me convenir, j’adore Paris-Vierzon, le Trophée des champions et Paris-Tours. ce sont des courses très longues, d’usure, pas extrêmement dures mais casse pattes.

 

  • As-tu déjà commencé à planifier ta prochaine saison ?

Oui, j’ai donné mon accord avec Sojasun pour l’an prochain. J’y suis très bien, je n’avais aucunes raisons de partir. Nous sommes super bien entourés, le staff est au petit soin, le matériel est top, l’organisation également… Je me sens bien dans cette équipe. Pour l’an prochain, rien de particulier n’est planifié, je veux vraiment terminer du mieux que je peux cette saison et ensuite on verra tout ça après une bonne coupure !

 

Merci à Maël Guégan pour ce nouvel épisode. On se retrouve bientôt pour la suite de tes aventures !

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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