Team Stamina : Claudie Chamboredon à l’heure espagnole

Le Petit Journal d'une équipe au féminin - Épisode 21 -

  • samedi 21 août 2021

Photo : Florian Frison

 

 

Suite à notre mets partagé avec Élodie Conti, c’est sous le chant des cigales que nous retrouvons celle qui jongle actuellement entre vélo et hôpitaux pour ses études : Claudie Chamboredon. De la France à l’Espagne, embarquement immédiat pour une recette estivale !

 

 

 

 

  • Ola Claudie ! Quasiment un an après notre précédente interview, on te retrouve pour suivre la suite de tes aventures et celles de la Team Stamina ! Globalement, comment s’est passée ton année ?

Cette année a été très similaire à la précédente au niveau sportif avec un été très condensé. J’ai décidé de la prendre comme elle venait, sans trop planifier les choses à l’avance, de toute façon le contexte sanitaire ne nous le permettait pas.

Au niveau scolaire, j’ai fait ma troisième année de kinésithérapie et j’ai enchaîné pas mal de stages. Difficile à allier avec la vie sportive mais c’est le meilleur moyen d’acquérir de l’expérience. Dès que j’ai eu ma semaine de vacances en avril, j’en ai profité pour partir aux Baléares, ça ressource.

 

  • Cet été, tu as participé à tes deuxièmes Championnats de France avec la Team Stamina. Tu nous les racontes ?

Cette année, j’ai fait le choix de courir seulement sur les Championnats de France de l’avenir, et non pas sur les élites. Je n’avais pas la préparation pour puis un déplacement c’est toujours de la fatigue supplémentaire et quand on ne fait pas que ça dans la vie, il faut savoir faire des choix.

On a passé une semaine ensemble avec l’équipe, ça soude et ça entretient la bonne entente. J’ai été la seule à faire le contre-la-montre, une première expérience pour moi. Les résultats ne sont pas incroyables mais j’ai beaucoup appris et je comprends mieux le type d’effort que ça demande.

Le samedi on a eu la course en ligne, c’était un beau circuit, l’échappée s’est faite rapidement et on voit bien les écarts qui existent au sein du même peloton. J’ai fini 26ème, et je m’en contente.

Le soir on a pris du temps pour faire un barbecue festif avec l’équipe, se décontracter. Ces moments sont importants, il faut savoir débrancher de la compétition.

 

  • Toutes nos félicitations pour tes deux victoires de l’été ! Comment se sont déroulées ces journées ?

On a eu l’occasion de faire une course de niveau national en DN2 lors de la Route de Loire Atlantique. Une belle épreuve, avec les infrastructures des hommes qui courraient l’après-midi. Il y avait un classement grimpeur, sprinter et général. Tous les dix kilomètres, on avait un effort à fournir. On est vite sorties à sept filles, ça tournait bien, je voulais essayer de jouer tous les classements.

J’étais venue sans conviction, j’ai tout essayé. On était trois filles de l’équipe et elles m’ont bien aidé. En remportant le classement de grimpeur, sprinter et le classement général, on a réussi un beau coup, une bonne occasion de montrer le maillot sur les podiums !

Une deuxième victoire sur le Grand-Prix de Sorgues, une course régionale mais toujours un plaisir de courir avec les filles qu’on connaît. Une épreuve qui comme souvent finit au sprint ; une autre bonne occasion de monter sur le podium !

 

Photos : Nicolas Vaucouleur

 

  • Quelles sont les nouvelles et les derniers résultats autour de l’équipe ?

On a un staff hyper motivé qui se dévoue pour trouver des sponsors et faire évoluer notre équipe. Forcément ça motive les troupes. Au fil des courses, on a créé une meilleure cohésion d’équipe, on arrive à jouer plus stratégique. Ça nous permet de se montrer sur quelques courses.

On a décidé de rester en Division Nationale 2, je pense que c’est une sage décision. Le peloton évolue et de plus en plus d’organisateurs séparent les DN1 des DN2, c’est une chance pour nous de pouvoir jouer la course, participer et être actives. Je pense que c’est plus important de prendre du plaisir en DN2 plutôt que de subir chaque course en DN1.

 

  • Et les prochaines échéances et objectifs ?

Le mois d’août a été plutôt reposant après le mois de juillet bien rempli. On en profite pour faire autre chose que du vélo.

En cette fin de mois, je suis en Bike-trip avec ma copine, on va jusqu’à Nice et on revient. Sept jours, quasiment 1000 kilomètres à parcourir avec nos sacoches, avec le dernier jour le Ventoux à monter. Une bonne expérience qui je pense va nous forger ! Puis place à un peu de vacances.

En septembre, reprise des compétitions avec deux Coupes de France et les Championnats régionaux et départemental. L’équipe va être quasiment complète sur ces courses. Ça va être une bonne manière de terminer la saison.

 

  • Aurais-tu une anecdote spéciale Stamina à nous dévoiler ?

La Team Stamina est une équipe hyper conviviale et pour moi, c’est ce qui fait sa force. En juillet, on est partis au Chrono 47. C’était le 14 juillet, en plein milieu de la semaine et tout le monde travaillait la veille. On arrive sur place vers 22h30, on dormait dans un camping. On avait loué des tentes tout confort, au moment de la réception on se retrouve dans deux tipis à côté l’un de l’autre. Un pour le staff, un pour les filles.

Sous des averses on s’installe, il y a quelques filles de l’équipe qui ont horreur du camping et ça nous faisait bien rire. Puis dans la nuit, toute notre tente a été réveillée par le staff qui ronflait (et qui a du réveiller tout le camping !). À six heures, le réveil sonne pour prendre le petit-déjeuner avant la course.

On a mis en place une devise dans l’équipe : On est mal payés, mais qu’est ce qu’on rit !

 

Photos : Florian Frison (Clic sur les photos pour les apercevoir en intégralité)

 

  • En parallèle, comment se déroulent tes études en tant que kiné et ton nouveau stage ?

Je vais attaquer ma dernière année de kiné avant d’être diplômée, c’est la fin des études mais le début des papiers. Après avoir obtenu notre diplôme espagnol, c’est quasiment huit mois d’attente qu’il faudra pour obtenir notre équivalence et pouvoir exercer en France. On doit faire des stages complémentaires pour obtenir le diplôme français. Donc tous nos étés sont occupés.

Actuellement, je suis en stage dans un centre hospitalier, j’ai découvert les services de réanimation. Le soir, je n’avais pas toujours la force d’aller rouler.

 

  • Tu as aussi lancé « Massage & CO » ; une nouvelle vie d’entrepreneuse t’attend ?

Une nouvelle vie d’entrepreneuse oui ; j’ai créé Massage and Co en complément de mes études de kiné. Je me suis d’ailleurs lancée dans ce métier parce que je rêvais de suivre des sportifs, et je découvre petit à petit que le métier de kinésithérapeute a des centaines d’autres qualités.

Je propose des massages pour les sportifs afin d’optimiser leur récupération et leur permettre d’atteindre plus facilement leurs objectifs, on sait à quel point le massage est indispensable arrivé à un certain niveau.

Je propose aussi des massages bien-être, à partir de la naissance afin d’aider les parents dans leurs relations parents-enfants qui est primordiale à développer les premières années, et jusqu’aux personnes âgées, ce qui conviendrait à tout type de personne pour s’évader un peu l’esprit et se décontracter le temps d’un instant.

J’ai lancé Massage and CO à Quissac, dans le Gard dans un cabinet ou bien à domicile aux alentours.

 

Photo via Claudie C.

 

 

  • Prenons la direction de l’Espagne, où la Vuelta bat son plein. Est-ce que tu suis la course ?

Je ne suis pas vraiment le vélo à la télé, à vrai dire je n’ai pas trop le temps la journée. Donc je ne sais même pas qui est le leader de la Vuelta. Mais ce que je sais, c’est qu’ils ne passent pas autour de Gérone cette année. J’ai plus suivi le Tour de France et je vous avoue que retrouver Mark Cavendish à son top niveau c’était ce qui m’a le plus réjoui pendant ces trois semaines.

 

  • Toi qui résides chez nos voisins espagnols pour tes études, peux-tu nous parler des coutumes locales que tu as adopté (ou non), des différences en tous points avec notre pays ?

La coutume que j’ai adopté c’est l’heure espagnole ! Les repas sont tous décalés de deux ou trois heures environ. On se couche plus tard, mais le matin c’est souvent la grasse mat’. Les gens sont de meilleure humeur pour commencer la journée. Puis il y a une ouverture d’esprit qui est apaisante là-bas.

 

  • Côté vélo, les routes, le climat et les paysages ont de quoi offrir de sacrés terrains de jeux ! Quels sont ces endroits où tu aimes aller rouler ?

À côté de Gérone il ya de quoi faire, différents types de terrain et des superbes paysages. Ça doit être toutes ces raisons qui amènent autant de professionnels dans le secteur. J’adore aller sur la Costa Brava, c’est des sorties plus longues mais intéressantes.

Je n’ai pas vraiment de compagnon de route là-bas, mais vu le nombre de cyclistes, on croise forcément la route d’une personne pour partager quelques kilomètres !

 

Photo via Claudie C.

 

 

  • Côté tourisme, aurais-tu un endroit presque secret à nous conseiller d’aller visiter ?

Il y en aurait pas mal, mais un de mes préférés c’est le Morro De L’abella, à une heure de Gérone. Un lieu parfait en haut d’un rocher pour un pique-nique au coucher du soleil. Pour les amateurs de plage, la Costa Brava est remplie de criques magnifiques et accessibles, je conseille d’ailleurs aux personnes d’aller visiter la Catalogne, c’est dépaysant et finalement proche de chez nous.

 

Crédit : Claudie C.

 

 

  • Notre restaurant spécial ne résiste pas à découvrir une saveur typique ! Aurais-tu une recette espagnole que tu affectionnes particulièrement ?

Je suis surtout adepte des tapas. Faciles à cuisiner et tellement bons ! Un des plus simples c’est le pan con tomate : des toasts de tomate, jambon serrano, de l’ail séché et un peu d’huile d’olive. Il manque des restaurants qui proposent des tapas en France, c’est convivial entre amis.

 

Photo : Florian Frison

 

Merci à Claudie Chamboredon pour cette nouvelle interview riche en saveurs franco-espagnoles. On te souhaite à toi et à toute l’équipe Stamina une belle fin d’été !

Rédigé par

Natacha Cayuela - Coordinatrice pour cyclistes

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.