Team Stamina : le dépassement de soi par Sonia Marsollier

Le Petit Journal d'une équipe au féminin - Épisode 23 -

  • mercredi 16 février 2022

Voilà déjà plusieurs saisons que nous suivons l’évolution d’une équipe 100% fun, familiale et féminine ; la Team Stamina revient dans nos fourneaux pour une nouvelle année d’aventures !

Précédemment, Alizée Collas nous a présenté un bilan version 2021. Dans ce mets, souhaitons la bienvenue à une nouvelle recrue dans l’équipe : Sonia Marsollier. Ensemble, évoquons la passion, le sport au féminin ainsi que la meilleure compétition qui puisse exister : celle avec soi-même.

 

Photo : Vélostar.fr

 

 

Bonjour Sonia, commençons cette recette par tes propres ingrédients : d’où vient ta passion pour le vélo ?

J’ai découvert la passion du vélo en Bretagne d’où je suis originaire. Enfant, je passais souvent mes dimanches après-midi au bord des routes à regarder les courses de vélo. J’adorais ça ! Avec humour, je dirai que c’était le jour de la galette-saucisse ; j’y allais aussi pour ça !

 

  • Au-delà, et si tu nous parlais de toi ?

Depuis toute petite, j’ai l’esprit de compétition et j’adore partager mes passions sportives. En parallèle, j’aime transmettre et je me suis passionnée sur le rôle d’entraîneur dès mes 18 ans ! Une vraie passion de transmission. Je me suis donc orientée naturellement sur ce métier après avoir passé mes brevets d’État.

J’ai commencé très jeune le sport de compétition. Bien que passionnée par le vélo, je suis partie sur le sport-étude en athlétisme. À l’aube de mes 23 ans, j’ai commencé le triathlon et tardivement il y a cinq ans, je me suis tournée exclusivement vers le cyclisme. Le sport n’est pas ma seule passion, j’adore passer du temps à restaurer les vieux meubles.

 

  • Qu’est-ce qui t’a mené à rejoindre la Team Stamina ?

L’année dernière, j’ai fait deux déplacements avec l’équipe Stamina : les France Elites et une Coupe de France où j’étais en sélection régionale. J’ai adoré cet esprit de famille, cette simplicité et ce partage. J’ai eu l’envie toute suite de faire ma saison 2022 avec l’équipe !

 

Crédit : Daniel Bidon

 

  • D’ailleurs, comment va-t-elle en ce début de saison ?

Je suis impatiente de commencer les courses avec les filles. Nous avons fait un premier week-end de cohésion dans un endroit magnifique. Cette année, l’équipe s’est attachée avec un préparateur mental, une excellente initiative pour l’équipe ! surtout pour la cohésion de groupe.

 

  • Où épinglerez-vous vos premiers dossards de l’année ?

Je commence le 19 et 20 février avec les Plages Vendéennes, un peu stressée étant la première compétition de la saison. J’ai toujours peur de ne pas être prête physiquement. Le planning va être bien chargé, j’espère faire toutes les Coupes de France. Ces déplacements dépassent le côté sportif.

Pour ma part, ce qui me fait avancer c’est le partage entre les filles, l’aventure humaine, tous ces moments avant et après les courses.

 

  • Quel est ton point de vue sur le sport au féminin et son évolution ?

J’ai 48 ans et j’ai vu l’évolution du sport féminin. Je distingue bien en compétition, dans notre sport le cyclisme, c’est encore une Fédération qui a un faible taux de licenciées par rapport à d’autres.

En revanche, je vois une évolution positive, lors des compétitions les pelotons s’étoffent avec beaucoup plus de filles. Je pense qu’il y a un manque de médiatisation. Il faudrait à travers des reportages permettant de découvrir le vélo en compétition et de faire naître de l’envie et peut-être une passion.

On sait que le support télévisé permet de toucher un large public. La retransmission de certaines courses Elites est une belle vitrine pour notre sport mais ce n’est pas suffisant.

 

  • Prendre le départ d’une course signifie être en compétition envers les autres équipes mais aussi et surtout avec soi-même. Comment définirais-tu globalement cela ?

Je dirai que c’est la capacité de gérer les paramètres extérieurs qui se forment dans les compétitions : gestion de la pression, le stress, le placement pendant la course et le plus important : l’état physique. Cette capacité de se dépasser au-delà de la douleur physique, s’accrocher malgré la douleur. On se retrouve contrainte à se dépasser physiquement pour rester au contact. C’est ce qui caractérise à mes yeux le dépassement de soi.

 

  • Plus personnellement, qu’est-ce qui caractérise ton propre dépassement de toi-même quand tu es sur ton vélo comme au quotidien ?

Pour ma part c’est la capacité de s’adapter aux difficultés, qu’elles soient physiques ou intellectuelles. Je me compare souvent à un roseau, qui pli mais ne rompt pas. je fais référence à la fable de Jean de La Fontaine. La visualisation m’aide beaucoup afin de quitter ma zone de confort. Je suis extrêmement exigeante avec moi-même. La douleur n’est qu’une information me concernant.

 

  • Lorsque tu doutes, comment parviens-tu à trouver ces détails qui te boostent et te motivent pour repartir de l’avant ?

Suite à un accident stupide où je suis tombée dans des escaliers, il y a 18 mois. J’ai dû repartir de zéro avec des séquelles neurologiques irréversibles. Ma jambe ne fonctionne plus qu’à 30% et j’ai eu beaucoup de doutes quant à ma capacité de réussir à remonter comme avant sur un vélo.

Cet accident est ma principale source de dépassement. Je me nourris de ça constamment. Ça me booste et ça me motive. Je sais ce que j’ai dû faire pour en arriver là sportivement. Ça me donne une force extrême, à chaque fois que j’ai envie de baisser les bras, je pense à tout ce qu’il a fallu faire jour après jour pour avancer sur le vélo.

J’ai gardé cette phrase de ce médecin, suite au diagnostic : « Vous serez plus forte maintenant qu’avant. » Cette phrase je la comprends que maintenant. C’est la résilience.

 

  • Terminons cette recette avec gourmandise : quel est ton péché mignon ?

Je suis très gourmande et j’adore cuisiner. La tarte aux citrons meringuée de Sonia !

 

Photo : Nicolas Vaucouleur

 

Cette saison 2022 pour moi est une aventure dans tous les sens du terme, je n’ai plus 20 ans mais évoluer dans une jeune équipe de filles me motive beaucoup !

 

Merci à Sonia Marsollier pour nous partagé aussi bien ton parcours comme ton courage au fil des compétions avec et sans vélo. On te souhaite à toi ainsi qu’à toute la Team Stamina un très bon début de saison… À suivre dans notre prochaine recette à vos côtés !

Rédigé par

Natacha Cayuela - Coordinatrice pour cyclistes

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.