Team Stamina : du vélo en famille pour Aurélie Lefour

Le petit journal d'une équipe au féminin - épisode 4 -

  • vendredi 11 mai 2018

Aurélie Lefour

Comme nous le disait si bien Victoria Vengeon dans l’épisode précédent, la richesse de la team Stamina est de regrouper les féminines afin de progresser et de promouvoir le cyclisme féminin. Cette année, Victoria a fêté ses quatorze ans. La coureuse qui va partager ce mets à nos côtés a vingt ans de plus que sa coéquipière. Elle est aussi maman de deux jeunes garçons, et comme elle va nous le raconter, l’amour du vélo se partage en famille.

 

 

  • Bonjour Aurélie ! Pour comprendre ton parcours, revenons un peu en arrière. Depuis quand fais-tu du vélo ?

Bonjour Natacha. Tout d’abord, je te remercie pour cette petite interview et de mettre en valeur le cyclisme féminin par le biais de la team Stamina.
Je fais du vélo sur route depuis juste trois ans à quelques jours près. J’ai toujours été sportive, championne en course à pied en primaire, j’ai pratiqué l’athlétisme, le handball, le basket-ball. Pour moi, le sport est une hygiène de vie, bon pour le corps, bon pour la tête.

Après la naissance de mon second enfant, j’ai souhaité reprendre une activité en pratiquant le VTT. Le jour où j’ai goûté à la route, j’en suis tombée amoureuse. Après quatre mois de pratique au sein du club cyclotouriste Léo Lagrange de Berre L’Étang, je m’étais fixé de participer à une cyclosportive, « les bosses du 13 » (devenu Bosses de Provence). Je me souviens de l’adrénaline, et du dépassement de soi. En finissant 10ème de ma catégorie, j’ai basculé dans le monde de la compétition. J’ai enchaîné sur une saison 2016, tout autant spectaculaire que surprenante.

 

  • Qu’est-ce qui t’a motivé à rejoindre la team Stamina ?

J’ai été un des éléments déclencheurs de la création de la team ! Membre du Club de Compétition Multipôle Étang de Berre (CCMEB), nous organisions en 2017 une course Féminine. Stéphane Roger, qui était à l’initiative de la création du 1er Challenge Féminin Méditerranéen m’a contacté pour que cette course fasse partie de ce challenge. Après visionnage du règlement, j’ai lu : « classement par équipe ». Connaissant Martial Collas par le biais des écoles de Cyclisme, je savais qu’il voulait faire quelque chose pour le cyclisme féminin. Je l’ai donc contacté et je lui ai dis : « Martial, faut faire quelque chose, faut monter une équipe ! »

Il a donc géré la création de cette Team, avec sa fille Alizée et Fleur Faure avec qui il avait justement échangé sur le sujet du cyclisme féminin quelques jours auparavant au départ de la Corima. Connaissant Fleur Skrivan via les cyclosportives et Mathilde Bacquet depuis peu, avec qui j’avais roulé sur le Raid des Alpilles, il m’était évident de leur proposer l’aventure !

 

  • Ta carrière cycliste est toutefois gênée par des problèmes aux genoux. De quoi souffres-tu exactement ?

Il y a un an, en montant les escaliers, mon genou gauche a bloqué puis craqué sec.. J’ai voulu terminer ma saison car j’avais de gros objectifs, mais mon genou est devenu de plus en plus douloureux, ce qui m’a contrainte de lever le pied. Après les Championnats du Monde UCI Granfondo, j’ai fini par passer un IRM. Bilan : tendon quadricipital fissuré + tendinite du fascia lata. S’en est suivi un arrêt total du sport en septembre, et de la kiné.

La douleur ne passant pas, j’ai passé un IRM des lombaires. Disques L4 et L5 sous pression, ce qui réveille le nerfs sciatique et le nerf crural (passant par le genou) et me créer des douleurs. Le tout allié avec un déséquilibre musculaire conséquent entre les ischions jambiers et le quadri.
Donc faut remuscler, étirer, sans se précipiter. J’ai appris à faire avec les douleurs mais il me tarde le temps où je pourrai à nouveau pédaler sans le moindre pépin !

 

  • Cela ne t’a pas empêché de monter sur la deuxième marche d’un podium récemment, félicitations ! Tu nous racontes la course ?

Merci ! C’était une cyclosportive magnifique, La Lozérienne. J’appréhendais les 107 kilomètres, d’une parce que je n’avais pas fait autant depuis juin 2017, et que mon genou me titillait avant même de commencer. Départ difficile, mais j’ai fini par trouver mes jambes et même me surprendre. Je fini fraîche, et ravie des bonnes sensations retrouvées !

 

  • On en déduit que c’est une source supplémentaire de motivation, et pour continuer de plus belle ?

C’est sûr que ça motive, surtout après trois mois de reprise, mais je dois garder à l’esprit que je suis toujours en convalescence, et ma présence sur les courses Féminines et les cyclosportives, c’est déjà pour remercier les organisateurs des courses Féminines, mais aussi me retrouver avec les filles de la team Stamina, tout en bornant sur les Cyclos !
Cette saison devait être une saison blanche, alors je n’ai pas d’objectif en terme de compétition mais bien en terme de guérison.

 

  • Tu es donc maman de deux jeunes garçons. Comment jongler avec ta vie familiale-professionnelle
    bien remplie et la vie de coureuse cycliste ?

Ce n’est pas de tout repos, mais bien organisée on arrive à tout ! Tout est bien calé, chronométré ; pas de place aux imprévus, et si imprévus, on s’adapte. Rares sont les fois où je reste sans rien faire.
Une chose est sûre, c’est que je dors bien !

 

  • Tes enfants sont en école de cyclisme. Ils ont donc naturellement souhaité imiter leur maman ?

Et non Natacha, mes loustics ne m’ont pas imité, mais initié. À l’époque où je roulais en VTT, j’ai lourdement chuté (fracture du sternum) et pour reprendre le sport, j’ai préféré une discipline sans à-coup. Ils étaient en école de cyclisme à l’Avenir Cycliste Berrois, je les ai donc accompagné dans un premier temps. La suite vous la connaissez déjà !
Je suis donc licenciée à l’ACB car j’encadre désormais les minots du club.

 

Aurélie Lefour et l’un de ses enfants Photo : Yohann Szymczak

 

  • Vous roulez régulièrement tous les quatre ?

Je roule avec mes enfants tous les mercredis après-midi lors des entraînements. Les sorties à quatre sont rares, car nous avons chacun nos compétitions, celles de mes enfants passant avant les miennes, et lorsque nous avons un week-end sans course, on en profite pour faire autre chose.

 

  • Du coup, suivez-vous un régime alimentaire particulier ?

On mange équilibré, et c ‘est déjà pas mal. Faire avaler des légumes n’est pas de tout repos.

 

  • Reparlons un peu de ton équipe. Comment se sont déroulées les récentes compétitions pour la team Stamina ?

La team a participé au Challenge Stamina, Fleur Faure gagnant la course de Cavalaire. Les filles font de belles performances et les résultats provisoires au classement général laissent entrevoir des podiums le jour de la final à l’Ile-sur-la-Sorgues le 25 août.
Sur les cyclosportives, Fabienne Ollivier a remporté au scratch la Lozérienne, Magda finit 3ème de la Café du cycliste ladies Granfondo.
Alizée et Nathalie montant respectivement sur la seconde marche du podiums à Nîmes pour l’une et à Bollène pour l’autre.

 

Team Stamina

 

  • Quel sera votre planning des prochaines semaines ?

Certaines seront à Izernore, d’autres sur les Boucles du Verdon le 20 mai. Enfin une ride est prévue le 26 mai à Nice. (Toutes les infos sont sur notre page facebook).

 

  • Tu roules avec un vélo conçu par S1neo Cycles, comme Francis Mourey ou encore François Pervis. Peux-tu nous parler un peu de cette marque et de ton compagnon de route ?

J’ai découvert les vélos S1neo sur le Roc d’Azur 2016. Nous avons échangé sur les modèles de vélos, leur concept, leur vision du travail français et ses qualités. L’esthétique des vélos m’avait conquisse en une fraction de seconde. La marque est née en 2009 dans la Sarthe (72) non loin du circuit des 24h.

L’ADN de S1neo est de proposer des vélos uniques car personnalisables, tant sur les couleurs, les finitions que sur le choix des composants. Le tout grâce à des marques connues et un outil de pointe, le configurateur « MyS1neo » à découvrir sur leur site.
Mon compagnon à moi, est le 599. Le modèle le plus polyvalent de la gamme. Légèreté, confort et nervosité. Et j’en suis amoureuse !
Je fais partie de la grande famille de S1neo en étant ambassadrice depuis fin 2016, tout comme Sébastien Chavanel. J’ai certes, pas le même palmarès, mais j’ai la chance d’être reconnue grâce à mon compagnon de route.

 

  • Qu’aimes-tu faire pour te ressourcer et pour récupérer ?

Rien de plus simple, je monte sur mon vélo et je vais encadrer les petits du club. Leurs sourires, leurs efforts, leurs podiums, leurs victoires, les voir pédaler avec plaisir , sont mes meilleures ressources. Pour la récup, une bonne nuit de sommeil et c’est reparti !

 

Merci à Aurélie Lefour pour ce nouvelle épisode du petit journal de la team Stamina. On se donne rendez-vous le mois prochain pour la suite de vos aventures ! (Crédits photos via Aurélie Lefour).

 

L’AC Berre sur le podium

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *