Team Stamina : retour de Claudie Chamboredon

Le Petit Journal d'une équipe au féminin - épisode 13 -

  • mercredi 25 septembre 2019

Photo : Camille Godefroy

 

Après avoir fait connaissance avec Julie Henry, il est grand temps de concocter un nouveau petit Plat avec les filles de la Team Stamina. Pour ce nouvel épisode, partons à la rencontre d’une coureuse qui a dû interrompre ses ambitions faute de blessures engendrant des opérations. Désormais, Claudie Chamboredon peut revenir de plus belle et avec une sacrée détermination !

 

 

  •  Bienvenue Au bon dossard Claudie ! Tu n’as pas encore vingt ans, et déjà de nombreux kilomètres en tous genres derrière toi. Avant de parler vélo, évadons-nous un peu ! On a remarqué que tu aimes bien voyager ! Pourquoi ? Quels sont tes meilleurs souvenirs ?

En effet, j’adore voyager. J’ai eu la chance de partir aux États-Unis l’été 2017, puis de passer une semaine à Hawaï. C’est mon meilleur souvenir de voyage, Las Vegas, le surf à Honolulu… je ne le revivrais peut-être pas.

Pour mes 18 ans, mes sœurs m’ont offert un voyage avec elles en Sardaigne. Cette année pendant ma coupure, j’avais du temps pour voyager, on en a profité pour partir à Ibiza. Puis pour mes 19 ans, mes amies m’ont fait la surprise de m’amener au Portugal ! À chaque fois, ce sont de supers souvenirs avec mes amies ou même ma famille, je pense que c’est surtout ce qui me plaît à voyager.

 

Souvenir à l’autre bout du monde…

 

  • Revenons à nos moutons ou plutôt à notre passion ! Comment l’amour pour le vélo est né chez toi ?

Petite, j’ai testé pas mal d’activités : le taekwondo, la gymnastique, la guitare et même la danse classique. Mais rien ne me convenait vraiment. En vacances dans les Alpes, pour mes huit ans, on a vu le Tour de France passer. J’avais préparé ma pancarte pour Thomas Voeckler, j’étais une grande fan. Depuis ce jour-là, j’ai demandé à mes parents d’aller m’inscrire dans un club. Quelques mois plus tard, je faisais ma première compétition.

 

  • Qu’est-ce ce sport t’apporte autant dans ton quotidien, que physiquement comme moralement ?

J’adore avoir de l’ambition, une compétition en vue et me préparer pour pendant des mois. Cette motivation me permet d’avoir un équilibre entre ma vie sociale, scolaire et sportive. Mais avant tout, ça m’oblige à avoir une bonne organisation pour n’échouer dans aucun domaine.

Ce que j’aime aussi, c’est le fait que dans le cyclisme il y ai plusieurs pratiques. Si un jour je ne suis pas motivée à faire une grosse sortie de route, je sais que je le serais pour prendre mon VTT et partir dans les montagnes. Sans oublier que le vélo m’a fait énormément voyager et rencontrer des centaines de personnes.

 

  • Le revers de la médaille, c’est donc ces blessures, et surtout une : rupture des ligaments croisés… c’était lors de la Coupe de France en 2017. Que s’est-t-il passé ?

J’avais intégré le Pôle Espoir de Nice en septembre pour faire une bonne saison mais surtout pouvoir concilier l’école et le vélo. On avait un super encadrement qui m’a permis d’arriver à un bon niveau sur les 2 premières coupes de France.

C’est sur la deuxième en Bretagne que j’ai chuté, dans une descente. Avec la boue, ma chaussure est restée accrochée. À l’hôpital, ils m’ont dit que j’avais pris un coup et un bel hématome mais que ça allait vite passer. Mais en rentrant à Nice, je savais que ce n’était pas seulement un petit bobo. On est parti faire des tests à Monaco, en effet c’est une rupture des ligaments croisés ainsi que du ménisque.

 

Et souvenir bien plus douloureux ! Photo : Caroline Valognes

 

  • Et depuis, les galères se sont enchaînées…

Au début, on pensait réussir à passer au dessus de l’opération. Mais je me refaisais mal très régulièrement. Étant en Espagne, il me fallait trouver du temps pour cette opération. On avait donc programmé le 25 juin 2019. Je sors du bloc avec une jambe très gonflé mais on me laisse repartir chez moi. J’ai enchaîné les malaises, des énormes fatigues ce qui inquiétait ma kinésithérapeute et mes infirmiers.

C’est après une prise de sang qu’on m’a de suite envoyé aux urgences ; j’étais anémiée. J’ai passé quatre jours à l’hôpital, à faire des perfusions. Et finalement, fin août on a dû reprendre l’opération pour nettoyer l’hématome et refaire une cicatrice convenable.

 

  • Heureusement désormais, tout ça est derrière toi ?

Maintenant je pense que oui car je n’ai aucune douleur et une belle cicatrisation. Par contre, j’ai quelques hématomes que je vais garder deux ou trois ans. Visuellement c’est pas le top, mais le genou va bien. Je reprends le vélo petit à petit, très motivée pour retrouver un bon niveau.

 

  • Qu’as-tu fais pendant cette coupure et comment vas-tu gérer la reprise ?

Cette coupure n’a pas été un choix mais il est vrai que malgré tout, elle m’a fait du bien. Ça faisait plus de dix ans que je faisais du vélo, que je passais mes étés sur les compétitions pendant que mes amis sortaient. J’en ai profité pour voyager, sortir un peu plus, manger sans trop me soucier, j’ai fait une coupure mentale avec le monde du vélo. Je pense que c’était nécessaire pour reprendre motivée surtout quand on voit le nombre de personnes qui arrêtent à notre âge.

La reprise va se faire petit à petit. Je vais reprendre les bonnes habitudes sans me dégoûter de ce style de vie. Je n’ai jamais été trop prise de tête et je veux rester dans cette optique là, si je m’impose trop de contraintes je sais qu’un jour ou l’autre, je ne voudrais plus monter sur mon vélo.

 

  • Pour ton retour, tu as donc choisi de revenir dans la Team Stamina. Tu nous expliques ton choix ?

La Team Stamina est une vraie équipe avec des filles soudées. Elles respirent la joie de vivre et ne se prennent pas la tête. C’est ce que j’aime le plus. Elles se donnent les moyens de réussir, et Martial nous aide énormément. Je suis très heureuse de rejoindre cette Team, qui a des ambitions de plus en plus grandes…

 

Photo via la Team Stamina

 

  • Parlons justement de l’équipe. Comment s’est globalement passé l’été pour les filles ?

Ça fait très longtemps que je n’ai pas vu les filles. Mais on reste en contact via les réseaux sociaux. Je vois qu’elles se déplacent un peu partout. Il y a des jeunes qui arrivent et qui ont un très bon niveau. Un des atouts de l’équipe est la pluralité. On est toutes différentes, et je pense qu’on a chacune quelque chose à amener pour faire grandir le collectif.

 

  • Tu reprends mais nous sommes en fin de saison… comment vas-tu gérer ton hiver et les entraînements ?

Ce qui m’intéresse ce sont les cyclo-cross. Malheureusement, je vais pouvoir en faire que très peu, et ce en fin de saison (novembre-décembre).
Cet hiver, je suis dans l’optique de bien me remettre en route, faire de belles sorties et me préparer au mieux pour la saison 2020. Je vais continuer la route, et sûrement participer avec la Team Stamina à quelques Coupes de France. Mais j’ai aussi parlé à l’équipe de me mettre au VTT.

 

  • En parallèle, tu fais des études de kinésithérapie dans une école espagnole. Qu’est-ce qui t’a motivé dans tes choix ?

Je rentre en deuxième année de kinésithérapie à Gérone. Depuis que je suis petite, je rêve de m’occuper des coureurs plus tard. Et je pense que c’est un très bon moyen pour y arriver tout en m’assurant un bon avenir.
J’ai choisi d’aller en Espagne parce que j’avais entendu parler de ce cursus très intéressant. On a un super cadre de vie, je suis en collocation avec deux amies, on a toujours le soleil et j’ai beaucoup de temps pour rouler. Je ne regrette pas du tout le choix d’être partie loin de mes proches.

 

Vue à Gérone capturée par Claudie Chamboredon

 

  • Y-a-t-il des différences notables entre une telle école française et espagnole ?

À mon point de vue oui, nous avons le diplôme en quatre ans, au lieu de cinq ans en France. Mais la différence primordiale c’est la difficulté des études. La Paces n’était pas compatible avec mon style de vie, et j’ai voulu éviter cette année. Ici, nous avons un emploi du temps super, ce qui nous laisse du temps pour rouler tous les jours, ou même du temps pour soi (à part en période d’examens).

 

  • Parles-nous de ce que tu apprends ; d’un point de vue sportif, quels conseils aurais-tu à donner pour préserver au mieux ses muscles avant, pendant et après de longues sorties à vélo ?

La première année est très orientée sur le théorique. Mais maintenant, on commence à entrer dans le vif du sujet. On commence la massothérapie par exemple.
Avant une compétition, je conseillerais un massage stimulant pour bien réveiller chaque muscles, accompagné d’un bon échauffement ; on va limiter les risques de blessures. Et après, un massage décontracturant, mais je pense que l’essentiel n’est pas seulement là, que ce soit avant, pendant ou après, il est important de bien s’hydrater, de bien se nourrir et de ne pas faire d’efforts inutiles.

 

  • Pendant les massages de récupération, qu’est-ce qui est le plus important ?

Les techniques, c’est le plus important. L’ambiance n’a pas forcement besoin d’être apaisante, tout dépend du patient. De mon point de vue, il est primordial qu’il y ait une réelle confiance entre le masseur et le patient, une atmosphère détendue. L’huile ne reste pas le plus important mais attention aux allergies!

 

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Pour conclure ce mets, quelques questions issues de notre fil rouge, sous forme de portrait chinois Si tu étais :

– Un élément de la nature ?

Le lierre, parce que je grimpe un peu partout et quand on me coupe je reviens toujours ; on ne se débarrasse pas de moi comme ça ! En d’autres termes, je suis déterminée et je n’abandonne pas facilement.

 

– Un livre et / ou un film ?

Un film je dirais Matrix, la littérature à part les BD ca n’a jamais été mon truc.

 

– Un objet ?

Les chiens qui bougent la tête dans les voitures, ça ne sert pas à grand chose mais quand ils sont là ils nous font bien rire !

 

– Une citation ?

Rouler plus pour manger plus ! Ça vient de moi, mais je pense que c’est celle qui me correspond le mieux.

 

– Un élément du vélo ?

J’hésite entre la gourde et la pédale.

 

– Une course ?

Paris-Roubaix. C’est mythique et je me crois dans cette course à chaque fois que je prends 100 mètres de pavés !

 

Merci à Claudie Chamboredon pour ce nouvel épisode de la série consacrée à la Team Stamina. On se donne rendez-vous prochainement pour la suite de leurs aventures, toujours à conjuguer au féminin !

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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