En avant pour un Tour avec Julien Neumann

Le Tour de France un jour avant les pros pour lutter contre la mucoviscidose

  • mercredi 6 juin 2018

Vélo opérationnel. Tenue spéciale reçue. Mollets affûtés. Julien Neumann est prêt !

 

Un mois avant le grand départ du Tour de France, les préparatifs s’accélèrent et l’excitation monte peu à peu. Le staff et les coureurs se préparent. Le décor des caravanes sont peaufinés pour être parés à défiler. Les passionnés de vélo aussi s’organisent et l’effervescence devient contagieuse.

Parmi tous ceux qui vont vivre au rythme de la Grande Boucle, un coureur se prépare pour parcourir les 3329 kilomètres au programme de cette 105ème édition. Mais ne le cherchez pas dans le peloton ! C’est un jour avant les pros que Julien Neumann va réaliser un projet assez fou et le défi d’une vie. Une initiative remarquable qui mérite d’être mise à l’honneur, d’autant plus que ce challenge sportif est allié à une bonne cause. Donnons la parole à celui qui va à sa manière, faire d’un rêve une réalité.

 

  •  Bonjour Julien, nous sommes ravies de pouvoir partager cette aventure à tes côtes ! Avant de rentrer dans le vif du sujet, peux-tu nous dire qui tu es ?

Bonjour à vous, plaisir partagé ! Moi c’est Julien Neumann, j’aurai 28 ans le 8 Juillet prochain. J’habite à Bagnères-de-Luchon dans les Pyrénées. Je suis saisonnier : je travaille en station de ski durant l’hiver et en station thermale le restant de l’année, mais je suis actuellement en phase de reconversion professionnelle.
Une partie de ma famille vie en Bretagne. Depuis maintenant quelques années, je passe pas mal de vacances et de temps libre dans cette belle région dès que j’en ai l’occasion.

 

  • Comment a débuté ta passion pour le cyclisme ?

J’adore le cyclisme depuis tout petit. Je me rappelle quand j’étais gamin, une course passait devant chez moi chaque années : « La Ronde des Serres ». J’étais le premier spectateur sur le bord du circuit, ce sont d’excellents souvenirs.
Après habitant au pied des Pyrénées, je suppliais mon père chaque été pour qu’il m’amène voir le Tour de France. J’ai le souvenir de mes premiers idoles comme Laurent Jalabert ou Marco Pantani. Pourtant, ce n’est que tardivement que je me mettrai à la pratique de ce sport.

 

 

  • Est-ce que tu fais des compétitions ?

Je suis licencié Ufolep au club des Déjantés 65, même si cette année j’ai mis un peu de côté les courses de fédération pour me consacrer à la préparation de mon projet.
L’an dernier, j’ai obtenu quelques places d’honneur sur certaines courses et j’ai décroché deux maillots distinctifs de meilleur grimpeur. Je pratique également le cyclo-cross l’hiver toujours en compétition, j’adore cette discipline.

 

  • Tu fais donc partie du Club des Déjantés 65. Peux-tu nous le présenter ?

Le club des Déjantés 65 est localisé à Loures-Barousse, dans les Hautes-Pyrénées. Sous la houlette du président David Daffos, il réunit une trentaine de licenciés. Route, VTT, Cyclo-Cross, les pratiques sont multiples. Mais avant d’être un club de vélo c’est aussi une famille et une bande de joyeux copains.
Et même si le nom du club peut parfois en faire rire certains, une fois sur le vélo nous sommes de vrais compétiteurs et il n’est pas rare de voir les Déjantés truster les premières marches des podiums.

 

  •  Remontons un peu le temps : en l’honneur d’En Avant Guingamp, tu as allié ta passion pour ce club de foot à celle du vélo. Tu nous racontes tes exploits ?

En 2013, alors que le club est à la lutte pour accéder à l’élite, j’avais dit qu’en cas de montée, je rallierai Luchon à Guingamp à vélo. Le club est monté en L1 et du coup j’ai pris mon vélo et j’ai fait 950 kilomètres en sept jours pour fêter ça comme il se doit avec juste un sac sur le dos.

En 2014 rebelote, cette fois-ci pour la Coupe de France. Je prends le pari que si le club va en finale, je monte au Stade de France à vélo. La suite on la connait… Guingamp va en finale et en homme de parole que je suis, je pars de Luchon jusqu’à Paris, une virée de 840 Kilomètres et une belle fête puisque l’EAG remportera le match.

 

Passage de Julien Neumann dans le reportage « À votre Tour » – Juillet 2016

 

  • Parlons maintenant d’En avant pour un Tour. Comment est née cette idée en toi ?

Si les deux défis dont on vient de parler étaient un peu des paris, En Avant pour un Tour est un projet mûrement réfléchit. Déjà, il y’a quelques années de cela, une action pour Mécénat Chirurgie Cardiaque appelée « Tour de Fête » avait été organisée. À l’époque, je ne faisais pas de vélo mais le concept m’avait laissé rêveur.

Ensuite, il y’a eu le film « La Grande Boucle » avec Clovis Cornillac qui reprend l’idée de faire les étapes un jour avant le passage des pros. J’avais adoré ce film.

En 2016, j’ai fait les trois étapes pyrénéennes quelques jours avant le Tour et pareil j’ai trouvé ça génial. À la base, j’avais dit que je ferai ça l’année de mes trente ans pour marquer le coup. Et puis bon après tout pourquoi attendre ? La vie est courte, on ne sait pas de quoi demain est fait.
En plus cette année, le Tour passe à Luchon là où je réside et à Mur de Bretagne là où tout une partie de ma famille réside. Je trouve ça symbolique.

 

  • En plus de l’exploit physique, tu as voulu que ton Tour de France soit parcouru pour la bonne cause. Peux-tu nous expliquer ton choix de rouler contre la mucoviscidose ?

Je ne voulais pas faire le Tour pour faire le Tour. Cela n’aurait pas eu un réel intérêt. Je connaissais la Pierre Le Bigaut Mucoviscidose depuis un certain temps déjà. J’aime bien l’idée de soutenir une cause via un exploit sportif. Le souffle c’est vital, sans lui je n’irais pas bien loin en vélo. C’est aussi pour ça que j’ai décidé de m’engager pour cette cause. Pour recueillir des fonds pour la recherche et donner de l’espoir à tous ces gens atteints de cette maladie.

 

  • De l’idée à la concrétisation, quelles ont été les étapes à mener pour officialiser ton projet ?

Un long travail que j’ai commencé en octobre dernier. J’ai d’abord monté une campagne de financement participatif sur la plateforme Sponsorise.me qui m’a permis de monter un budget pour la logistique notamment pour les frais liés aux transports, hébergements ou repas.
Je suis ensuite parti à la recherche d’un partenaire qui accepterait que pour un Kilomètre parcouru sur le Tour, un euro serait reversé à la PLB Muco. Le club de l’En Avant de Guingamp et les Kalons (Les supporters actionnaires du club) m’ont donc suivis dans cette idée. Au total ce seront plus de 4000 euros qui seront reversé à la PLB Muco.

 

  • Tu t’es donc tourné vers des sponsors pour financer ton défi. Quels sont-t-ils ? Comment les as-tu réunis ?

J’ai démarché mes sponsors via les réseaux sociaux en leur exposant mon projet à la manière d’un commercial.
Je remercie :

Merida Bikes France
Noret
Tech4Race
La Masfip
La société ADS
Brubeck
Maillot Distinctif
Arixx.

Grâce à l’apport de chacun d’entre eux aujourd’hui mon projet est plus que jamais sur les rails !

 

  • Cyril Gautier, coureur cycliste d’AG2R La Mondiale est le parrain d’En avant pour un Tour. Comment est née votre collaboration ?

À la base, j’adore ce coureur. Cyril étant Breton et originaire de la région de Guingamp, je trouvais symbolique qu’il soit le parrain de cette aventure.
Je suis entré en contact avec lui via son fan club et Cyril, tout naturellement à accepter ce rôle. Nous nous sommes rencontrés en Belgique à Liège, la veille de la doyenne des Classiques où nous avons pu échanger longuement autour du projet et du vélo en général.

 

Julien Neumann & Cyril Gautier

 

  • Lors de tes entraînements, on a vu que tu croises parfois les coureurs pros. En profites-tu pour leur parler de tes initiatives ? Pour rouler avec eux ?

Les pros sont nombreux à venir repérer les étapes ici à Luchon en vue du Tour de France. Tout récemment j’ai pu croiser Dan Martin ou encore Primoz Roglic. C’est une occasion d’échanger avec eux, de leur donner des conseils sur l’état des routes, etc… Mais aussi d’évoquer mon Tour à moi. Et ce sont les premiers à me transmettre tous leurs encouragements.

 

Julien Neumann et les Lotto Jumbo

 

  • En parlant d’entraînement, comment les organises-tu pour être prêt pour ton grand départ, qui sera donc donné un jour avant les pros ?

Le but cette année est de faire du volume en prévision de cette aventure. J’accumule les heures de selle et de dénivelé en vue du mois de Juillet. Ces derniers temps, la préparation a été un peu tronqué par des soucis personnel, mais je n’ai aucun doute sur le fait d’être prêt le 6 juillet prochain.

 

  • Sur la route, tu vas certainement croiser les filles de Donnons des Elle au vélo, qui vont également à nouveau parcourir l’ensemble du parcours du Tour de France à J-1. Penses-tu rouler avec elles de temps en temps ?

J’avais la chance et le plaisir de m’allier à leur cause l’an dernier sur l’étape Pau-Peyragudes. On risque en effet de les croiser souvent et de partager quelques kilomètres ensemble.
Grâce à mon partenaire Tech4Race qui propose une solution de Tracking GPS en temps réel il sera possible de venir rouler avec moi ou de venir m’encourager sur le bord des routes.
Et puis via la petite communauté que je possède, j’ai déjà reçu des dizaines de messages de personnes voulant m’accompagner sur certaines étapes tout au long du parcours.

 

  • D’un point de vue logistique, comment organiser une telle aventure ?

Je vais effectuer ce Tour de France avec mon ami Ghyslain Lapanderie. Cyclosportif chevronné, il est à la tête d’une organisation appelée « Vélo Expérience ». Il a pour habitude d’organiser des séjours et des stages pour les cyclistes. C’est lui qui à gérer tout cette partie logistique. Nous serons suivis par mon papa Robert dans un camion avec nos affaires personnelles, et le soir nous séjournerons dans des hôtels ou des locations, le budget était prévu en conséquence. Sur les longs transferts nous effectuerons les trajets en avion pour optimiser la récupération.

 

  • Est-ce que des personnes vont t’accompagner tout au long de ton parcours ?

Ghyslain m’accompagnera donc sur le vélo, il sera mon coach et mon mentor durant cette grande aventure ! Mon papa suivra lui pour la logistique. Sur certaines étapes comme celle de Mur de Bretagne nous devrions être nombreux à rouler en groupe. J’ai aussi des amis qui seront dans les Alpes durant mon passage ; nous avons prévu de nous rejoindre pour partager des Kilomètres. Enfin dans les Pyrénées, je devrais avoir pas mal de monde pour rouler avec moi.

 

En avant pour un Tour – Dates

 

  • As-tu déjà des rencontres prévues, notamment avec tes partenaires, les médias ?

Nous avons fait la présentation du projet à la presse début Mai au Stade de Roudourou à Guingamp. Depuis il n’est pas rare que je reçoive des appels de journaliste qui me sollicitent pour que je réponde à leurs questions, exercice auquel je me prête volontiers. J’ai également fait une tournée et rendu visite à quelques sponsors.

 

  • Qu’est-ce qui te motive et t’effraie le plus dans ce défi ?

Ce qui me motive le plus dans ce défi c’est de devoir se dépasser et aller au bout de soi-même qui plus est pour une cause bien précise. J’ai toujours aimé les défis et celui-là est le plus important de ma vie.
J’aurais certainement des moments de doute et de fatigue durant cette aventure mais je penserai à toutes ces personnes qui me suivent et surtout à toutes ces personnes qui luttent contre la mucoviscidose. Cela me donnera de l’énergie supplémentaire.

Ce qui m’effraie le plus ce n’est pas tellement la montagne ; je suis plutôt à l’aise sur ce terrain-là, mais les longues étapes de plaine qui correspondent pas trop à mes qualités de cycliste.

 

  • Quelles retombées aimerais-tu obtenir ? Que ça soit pour l’association que tu soutiens, tes sponsors et pour toi-même ?

Je ne fais pas ce Tour pour obtenir des retombées. Je fais ça pour venir en aide aux personnes atteintes de la maladie et recueillir des fonds pour la recherche au travers de l’association Pierre Le Bigaut. Je veux aussi rendre la confiance que les sponsors m’ont accordée en étant un digne ambassadeur de tous ces partenaires.
Après, il est vrai que si cela peut m’ouvrir des portes et m’offrir une opportunité de rebondir sur un nouveau projet, je resterai ouvert aux propositions. Mais encore une fois, ce n’est pas le but des opérations.

 

  • Pour conclure, quel citation reflète ton état d’esprit à un mois du grand départ ?

Dans le film la Grande Boucle avec Clovis Cornillac, l’accompagnateur ne cesse de répéter au héros :
« – Est-ce que tu le vois l’Arc de Triomphe ?
– Non pourquoi ?
– Alors tu t’arrêteras quand tu le verras ! »

Voilà un peu quel va être mon leitmotiv pendant trois semaines !

 

  • Quelque chose à ajouter ?

Je vous invite à suivre mon aventure sur Facebook  et Twitter via ma page « En Avant pour Un Tour » et n’hésitez pas à venir vous joindre à moi pour la bonne cause !

 

 

Merci à Julien Neumann pour partager avec nous cette aventure hors norme. Et surtout bravo de mener à bien un tel projet pour la bonne cause. Il nous reste plus qu’à te souhaiter une bonne route, et à te suivre, voir même te retrouver sur les routes du Tour de France !

Et parce que c’est un défi qui nous plait et qui nous tient à cœur, Au bon dossard a décidé de soutenir d’un point de vue médiatique ce Tour de France pas tout à fait comme les autres. Alors on vous dit à bientôt pour la suite des aventures !

Rédigé par

Natacha Cayuela - Coordinatrice pour cyclistes
Natacha Cayuela - Coordinatrice pour cyclistes

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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