En compagnie de Florian Hudry

Entre vélo et vie à Monaco

  • jeudi 1 septembre 2016

À la fin de l’année dernière, nous étions allées à la rencontre d’un jeune grimpeur, qui venait de terminer sa saison au team Vulco Vaulx-en-Velin et qui s’en allait en direction de

l’UC Monaco, que nous avions également côtoyé peu de temps après. Comment s’est déroulée la saison pour Florian Hudry et les coureurs de la Principauté ? Réponses avec un savoyard à la mer.

 Bonjour Florian, nous t’avions rencontré à la fin de l’année dernière. Tu venais de signer à l’UC Monaco, de déménager dans la Principauté par la même occasion, et tu étais encore étudiant. Comment vas-tu depuis ?

Mon installation à Monaco s’est très bien passée. J’ai très vite pu travailler dans de bonnes conditions et j’ai effectué une préparation hivernale de qualité. J’avais vraiment senti une progression. J’ai attaqué les courses-mi-février, j’avais de très bonnes sensations pour une reprise. Tout se passait pour le mieux mais malheureusement, lors de la seconde étape des Boucles du Haut-Var j’ai été percuté par un chien lors du sprint final. J’ai lourdement chuté et me suis fracturé la clavicule. J’ai ensuite dû respecter quatre jours de repos avant de reprendre le vélo sur Home trainer.

Je suis revenu à la compétition trois semaines plus tard vraiment motivé, j’avais retrouvé une forme correcte et j’allais commencer les premières courses internationales en Italie. Mais je suis tombé malade et mes performances en ont été altérées.

Je suis rentré en juin chez moi pour effectuer un stage en altitude à Val Thorens en vue de préparer mon objectif de l’année : le Tour du Val d’Aoste.  Ma préparation a été de grande qualité et j’ai pu prendre le départ du « Petit Giro d’Italie » très serein. Mais lors de la troisième étape, dans une descente je loupe ma trajectoire dans un virage et je chute. J’ai vu le travail de toute une saison s’envoler en l’espace d’une fraction de seconde.

La suite a été dure mentalement, j’avais beaucoup travaillé pour cet objectif et j’espérais vraiment faire encore mieux que l’an passé (18ème),mais j’ai su vite rebondir. Le sort s’est ensuite acharné sur moi avec encore de nombreuses chutes en compétitions. Désormais, je prépare les objectifs de la fin de saison avec notamment le Tour de Lombardie qui sera ma dernière course sous les couleurs de l’UC Monaco.

  • Tes études sont-t-elles terminées ?

Depuis décembre, mon école m’avait permis de continuer ma formation à distance, ce que j’ai plutôt bien réussis à faire. J’ai passé mes derniers examens en juin et je devrais normalement être officiellement diplômé d’un DUT Technique de commercialisation mi-septembre. Ҫa me fera un Bac+2. Je pense reprendre en Licence 3 d’économie gestion en E-learning mais ce n’est pas encore sûr, cela va dépendre de ma nouvelle équipe pour 2017.

  • Comment s’est passé ton passage de tes montagnes alpines à la mer ?

Le passage a été très facile pour moi, j’ai vraiment été très bien accueilli par les dirigeants du club et mes coéquipiers sont très vite venus de très bons amis. L’ambiance dans l’équipe est vraiment très bonne et on se tire tous vers le haut. Rouler sur la côte d’Azur l’hiver c’est un peu le rêve de tous les cyclistes, et la magie de Monaco m’a tout de suite envoutée ! C’est vraiment super ici ! Mais j’avoue quand même que le ski et mes montagnes des Menuires m’ont manqué cet hiver…

  • Tu vies dans la maison du club, avec ton équipe constituée de coureurs d’horizons totalement différents. Qu’est-ce que ça t’apporte au quotidien ?

Je me suis rendu compte que la mentalité à Monaco est vraiment différente qu’en France, l’ambiance est tout le temps détendue et les gens se prennent moins la tête. Dans la maison, nous venons tous d’horizons et de cultures différentes. C’est très enrichissant et j’ai vite vu que la France est loin d’être le centre du monde.  Mes coéquipiers m’inspirent beaucoup.

La barrière de la langue ne m’a pas posé trop de problèmes. Je n’avais pas un gros niveau d’anglais quand je suis arrivé, mais j’ai vite progressé et maintenant je comprends presque tout et arrive bien à me faire comprendre. Je comprends désormais aussi les briefings en italien et en espagnol. J’ai aussi appris quelques mots de russe. Par contre, je n’arrive toujours pas à prononcer un seul mot en estonien ou macédonien ! J’ai désormais une vision du monde beaucoup plus large.

  • Parlons de ta saison, tu as hélas encore subis quelques chutes. Malgré cela, es-tu satisfait de tes résultats, de tes sensations ?

Pour ne rien cacher, je suis très déçu de ma saison. Tout était bien parti mais pour diverses raisons, principalement ces chutes qui m’ont suivies tout au long de la saison, je n’ai pas obtenu les résultats à la hauteur de mes espérances. Je suis toujours resté sérieux et studieux dans mes entraînements, mais ça n’a malheureusement pas payé. Une saison de vélo est longue mais tout s’est très vite enchaîné, et je n’ai pas pu revenir dans un bon dynamisme. Il me reste encore un bon mois, j’espère sauver ma saison d’ici-là.

  • Au niveau de l’équipe, quels sont vos meilleurs résultats ? Vos satisfactions et les points que vous aimeriez améliorer ?

L’état d’esprit dans l’équipe est très bon, personne n’a d’arrière-pensées, et on travaille donc pour les leaders désignés. Dans l’ensemble, on n’a pas fait la saison attendue mais il y a eu de très bonnes choses notamment la victoire de notre estonien Greg Hallop sur le Criterium d’avant course de Paris-Nice. L’UC Monaco est vraiment une équipe en train de monter. Elle est désormais ancrée dans le paysage des courses pros U23 italiennes et des courses élites françaises. On a tous pu s’exprimer sur nos terrains favoris, des bordures Belges aux cols très raides italiens.

Après, on a un effectif très restreint avec seulement neuf coureurs, ce qui peut être un avantage mais aussi un inconvenant.

  • De part votre situation géographique, vous jonglez entre les courses en France et en Italie. Comment se déroulent les compétitions chez nos voisins ? Il y a t-il de grandes différences ?

La ferveur pour le vélo en Italie est incroyable ! Les organisations sont parfois dignes de courses World Tour avec des moyens financiers et matériels impressionnants. Parfois, toute la courses est filmée par hélicoptère et retransmise en direct sur la TV italienne. La première fois, ça fait bizarre d’entendre l’hélicoptère juste au dessus de toi ! Le nombre de spectateurs est aussi impressionnant, je me souviens d’une course sur la Côte Adriatique où la montée du circuit était bondée de monde sur plus de trois kilomètres. Sans oublier les miss du podium de présentation des équipes…

Concernant la façon de courir, les équipes sont vraiment très bien organisées et sont à 100% au service du leader. Souvent, juste les leaders finissent la course car les coéquipiers abandonnent après avoir fait leur travail. Des fois, il y a deux-cents coureurs au départ mais à peine trente à l’arrivée ! C’est donc très dur car des coureurs viennent parfois juste pour faire les soixante premiers Kilomètres, ça roule donc très vite tout au long de la course. Et les profils sont bien plus durs qu’en France avec des montées aux pourcentages impressionnants !

  • Quels sont tes objectifs à venir, pour les semaines et les mois qui arrivent ?

Il me reste environs cinq-six courses dont deux courses pros très importantes. Je finirai ma saison avec l’UC Monaco le 1er octobre, mais il se peut que je prolonge la saison comme je l’avais fait l’an passé au Tour de Nouvelle-Calédonie, mais cette fois-ci du côté de l’Afrique. Ensuite, je prendrai des vacances bien méritées !

  • Question un peu plus personnelle : qu’aimes-tu faire en dehors du vélo ?

J’adore la montagne, simplement m’y balader ou encore faire du ski ou de l’alpinisme. Des fois, j’ai qu’une envie :  partir courir en montagne (mais le vélo ne me le permet malheureusement pas…).

Ici à Monaco, quand j’ai une journée de repos, mon passe-temps favori est d’aller à la plage ou dans des petites criques avec mes collègues du vélo. Après, ma passion c’est manger ! C’est dur en étant cycliste mais je suis très gourmand. Heureusement nous avons un bon chef à la maison qui nous fait de bons petits plats !

  • Que fais-tu lorsque tu as besoin de te ressourcer ?

Je vais me promener dehors ou alors je parle avec ma famille ou mes amis. Sinon, j’ai Brandon Rivera (le colombien de l’équipe). Juste le fait de parler cinq minutes avec lui me redonne le sourire ! Il dégage une forte énergie positive.

  • Quelque chose à rajouter ?

Je tiens à remercier L’UC Monaco, tous les dirigeants, les sponsors de l’équipe et tous mes coéquipiers pour cette superbe année.

Et bien sûr, remercier mes sponsors personnels, la station de ski des Menuires et la société Euro 3 Vallées Propreté et son directeur Yves Duchêne qui font beaucoup pour moi. J’en profite aussi pour lancer un appel à d’éventuels autres sponsors ou mécènes qui seraient prêts à me suivre pour ma saison 2017.  Un grand merci à vous et à l’UC Monaco !

Nous souhaitons à Florian ainsi qu’aux monégasques de bonnes sensations pour la fin de saison.

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

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