La très belle saison de Sten Van Gucht

La série du Vélo Club Villefranche Beaujolais - Étape 6 -

  • lundi 18 novembre 2019

Après avoir félicité les Loups du Vélo Club Villefranche Beaujolais pour leur titre de Champion de France DN1 en compagnie de Nicolas Durand, cap pour la Belgique !

 

Photo via le VCVB – Divergentes Communication

 

Rien que cette année, il a remporté notamment le Tour du Pays Roannais, le Tour de Côte d’Or et les 4 Jours des As-en-Provence. Autant dire que du haut de ses 1m90 et de ses 27 ans, Sten Van Gucht est un pilier précieux dans son équipe, et ce pour la deuxième année consécutive. Y en aura-t-il une troisième ? Réponse du principal intéressé ci-dessous !

 

  •  Bienvenue Au bon dossard Sten ! Avec le recul en cette fin de saison, comment la qualifierais-tu ?

Une saison avec deux visages différents, mais quand même ma meilleure jusqu’à maintenant.

 

  • Revenons aux sources ! Quels sont les moments marquants de ta vie où le vélo a joué un rôle ?

Toute ma famille faisait du vélo. Dès que je suis né, il y avait les courses vélo à la télé, on parlait des courses à table. On partait même souvent en vacances en famille avec mes tantes et oncles, et cousins, cousines. Tout le monde emmenait son vélo. C’est des moments magnifiques quand tu es jeune et que tu aimes le vélo. Pour moi, c’était les meilleurs semaines de l’année à chaque fois.
Aujourd’hui, le vélo détermine une grande partie ma vie. Il me permet de pratiquer ma passion. C’est sûr que ce n’est pas toujours du « vélo plaisir » et qu’il y a des sacrifices à faire. De temps en temps, je n’ai pas envie de partir m’entraîner quand il neige ou qu’il pleut. Mais j’ai vécu mes meilleurs moments sur ou grâce au vélo.

 

  • Parlons de cette année. Félicitations pour toutes ces belles victoires ! Comment as-tu vécu cette saison ?

Merci ! C’était une saison qui a eu deux augures différentes. Après une année précédente satisfaisante, le début 2019 a été très compliqué. J’ai eu des petits ennuis en préparation de saison suivi par une chute. J’avais un retard d’entraînement énorme et j’ai eu besoin de plus de temps que prévu pour revenir à mon niveau habituel. À partir de fin avril/début mai, je sentais que je revenais à mon niveau et qu’il y avait même moyen de passer un cap par rapport à l’année passée.

À partir de mai jusqu’en fin de saison, c’était un période magnifique. Peu n’importe la course, j’ai pu jouer la gagne. Et malgré que j’ai gagné ‘que six fois’ moi-même, j’avais l’impression de gagner quasiment chaque weekend, parce qu’au niveau collectif on faisait des choses énormes quand même. Je ne vais pas dire qu’on a gagné chaque course, mais les résultats étaient là et encore plus important : on avait une atmosphère géniale dans l’équipe. Se retrouver entre copains chaque fin de semaine, c’était un vrai plaisir.

Je tiens beaucoup à mes victoires personnelles, mais la plus belle victoire c’est quand même de devenir champion de France des clubs DN1. Aussi la manche de Coupe de France à Montbéliard reste un moment spécial pour moi. C’est là où pour la première fois, on a montré à tout le monde qu’on était la meilleure équipe amateur en France. Pouvoir enchaîner avec une victoire avec la manière quelques jours plus tard aux Monts du Livradois c’était génial. Je pense que, physiquement, c’était ma meilleure journée de l’année.

 

Photo : Coraline M Photographie

 

  • Forcément, tous ces moments se partagent en Meute ! As-tu une anecdote à nous raconter ?

On partait en course, vers le Sud pour les 4 Jours des As. On s’est arrêté sur une aire d’autoroute pour manger, comme on fait à chaque fois. On achète des trucs à manger, on se ravitaille puis on se prépare pour partir. Après le casse-croûte, j’attendais dans la voiture, avec la porte ouverte et mes jambes en dehors de la voiture. Quand Anthony est arrivé, on est parti toute de suite.

Au moment où on arrive au logement, je sortais de la voiture et je voulais mettre mes chaussures. Sauf que je ne les trouvais pas toute de suite. Je pensais que quelqu’un les avait cachées. Mais ce n’est qu’après avoir cherché pendant un bon moment que j’ai compris que effectivement, j’avais enlevé mes chaussures sur l’aire d’autoroute et que je les ai oublié là-bas !

On a bien rigolé entre nous, avec les coureurs et le staff. Finalement, Anthony parti acheter des nouvelles chaussures, vu que sinon pendant cinq jours, j’aurais été en chaussures de vélo… !

 

  • En tant que coureur belge, tu as décidé d’évoluer dans une équipe française, à l’image de Maximilien Picoux notamment, qui court au VC Rouen depuis deux ans. Pourquoi un tel choix ?

Je n’ai jamais vraiment basé mes choix sur d’autres coureurs. Je pense même que Picoux est arrivé l’année après moi 😉 ! Je voulais déjà venir en France plus tôt même, mais j’avais encore mes études et donc c’était compliqué, puis j’ai commencé à travailler en 2016. Je ne pensais plus à venir courir en France, mais en étant en vacances dans la région Rhône-Alpes, j’ai fait quelques courses et quelques équipes m’ont contacté. Je n’ai pas trop hésité ; je n’avais pas grand chose qui me retenait en Belgique et faire du vélo à haut niveau, c’est mon rêve depuis que je suis petit.

Puis pour l’instant, je ne pense pas du tout à retourner en Belgique. Le club me tient beaucoup à cœur et j’ai la chance de pouvoir m’entraîner, et faire des courses dans une région magnifique.

 

  • Avec la distance, comment sont organisés et gérés les entraînements et la logistique pour se retrouver en courses ?

Pour moi c’est pas trop compliqué pour l’instant. Je n’ai pas trop de déplacements à faire vu que je remonte très peu en Belgique. Cette année, j’avais une chambre à l’appartement donc j’étais à deux bornes du club.

 

  • Suite à tes résultats, on imagine que tu n’avais qu’un souhait : passer chez les pros, et ce dès l’an prochain. Mais les places sont très rares, et chères… Comment s’est passé cette période de transfert pour toi, et comment l’as-tu vécu ?

J’ai eu quelques très légers contacts mais c’est tout, malheureusement. Certes je voulais passer chez les pros, c’est logique, car tu veux voir de quoi tu es capable, tu veux essayer de faire tes preuves chez les pros. Surtout après une saison 2019 solide chez les amateurs ; c’était peut-être « le moment » de tenter ma chance sur un niveau supérieur. Mais je ne suis pas non plus très déçu de ne pas passer professionnel.

J’ai déjà de la chance de pouvoir faire que du vélo, de ne pas devoir travailler à côté, donc je ne me plains pas. Je sais/espère qu’un jour, j’aurai ma chance à un niveau supérieur si je continue sur l’élan de ma deuxième partie de saison. En plus, il y a encore plein de courses chez les amateurs que je n’ai pas encore gagné, et ça me motive aussi. Je ne cours pas « pour passer professionnel ». Les victoires en Elites c’est beau aussi, même si derrière tu ne passes jamais pro.

Vu que je ne passe pas professionnel, le choix pour l’année prochaine était facile…

 

Au cœur du peloton avec Sten et Eddy Finé – Crédit : Perrine Sauvey

 

  • Du coup, l’an prochain, tu restes au VCVB ?

Oui, je serai toujours au VCVB ! Je n’ai jamais pensé à quitter le club si c’était pour un autre club amateur. Je me sens très bien dans la meute et je me sens très impliqué par leur projet. Même si ce n’est que ma deuxième année ici, c’est devenu un peu « mon club » déjà.

 

  • D’ici-là, comment occupes-tu ton hiver ?

J’ai fait quelques semaines sans aucune obligation. Si j’avais envie d’aller faire un petit tour en VTT, je l’ai fait. Si j’avais envie de faire autre chose, ou rien du tout, il n’y avait pas de soucis. Maintenant, on commence avec des programmes d’entraînement un peu plus structurés, mais jusqu’à mi-décembre, c’est encore « cool ».
Je passe une grande partie de l’hiver en Belgique, donc j’en profite pour voir la famille et me reposer mentalement. Même si c’est mon choix d’être à l’étranger toute l’année, ça fait quand-même du bien de rentrer.

 

  • Comment envisages-tu ta saison 2020 ?

Je suis content avec ce que j’ai réalisé en 2019, mais je suis très motivé pour passer encore un cap. J’ai progressé chaque année jusqu’à maintenant et je pense qu’il y a toujours de la marge.
Comme je l’ai dit avant, il y encore plein de courses que je n’ai pas encore gagné en Elite. Je pense au Tour du Beaujolais, ou un Saône et Loire qui doit me convenir très bien. C’est vraiment des courses que j’aimerais bien gagner un jour. Pourquoi pas en 2020… .

On va également faire plus de classe 2. Le calendrier n’est pas encore complètement défini, mais c’est déjà sûr qu’il y en aura plus. À moi de montrer que chez les pros, je suis capable de jouer la victoire également ; ça me motive !

 

« Que sais-tu faire à merveille en dehors du vélo que personne ne sait ? Prouver que 2=1 »

Qu’est-ce que cela signifie ?!

En fait c’est une équation (maths) où je triche un peu pour prouver que 2 égale 1. La prochaine fois qu’on me voit, on pourra toujours me donner du papier et un Bic. Je vous donnerai l’équation, puis à vous de trouver comment j’ai triché 😉

 


~ Dans le Terrier ~

La petite rubrique qui a du flair !

 

  • Selon toi, quel coureur de l’équipe est un collectionneur ?

Arnold Reifler est un grand collectionneur : des iPhones, des Macs, .. tout ce qui est Apple ! 😉

 

  • Lequel a les plus petits/grands pieds ?

Les plus petits, je dirai Kevin Boyer. Et les plus grands, ça doit être Nicolas Durand !

 

  • Qui est le moins automne ?

Eddy Finé, il a toujours besoin de son grand frère … 😃 😃

 

  • Tu as été beaucoup cité par tes coéquipiers lors des précédents mets ! Nicolas Durand nous disait que tu es le plus bavard pendant les courses et à l’entraînement ; tu confirmes ?

Je ne sais pas ça ! Moi j’aurai dit plutôt Alexandre Delettre ou Kevin ! 😉

 

  • Arnold nous confiait que tu es le plus gourmand…

C’est vrai que j’aime bien manger, mais je ne suis pas le seul… (je pense surtout à Eddy 😃) à Serge Barle aussi, mais ça fait un bon moment qu’il n’est plus monté sur un vélo.

 

  • Eddy confirmait que tu es celui qui court le plus à l’instinct qu’aux consignes, et que tout le monde saura pourquoi… on veut savoir nous aussi !

J’essaie de respecter les consignes, mais j’aime bien rouler derrière dans le peloton aussi, et choisir mon moment pour tenter un coup ! Je suis quelqu’un qui aime le vélo spectacle, qui n’a pas peur de partir de très loin. Mais ça ne correspond pas toujours avec les tactiques des DS.

 

  • Tao Quemere pense que tu es l’un des plus superstitieux, à juste titre ?

C’est vrai qu’en déplacement, j’ai besoin de retrouver Eddy ou Tao comme compagnon de chambre pour faire une bonne course…

 

  • Enfin, quel coureur de la meute est le plus populaire chez la gente féminine ?

Tao, mais pas forcément parce qu’il est beau… il a quelque chose « d’autre » qui pourrait intéresser les femmes… !

 

Véloup est là pour encourager les coureurs, même sous la pluie ! Photo via le VCVB

 

Merci à Sten Van Gucht d’avoir partagé ce mets croustillant à nos côtés, et ce toujours grâce à la collaboration de Divergentes Communication. Qui sera le prochain loup à se dévoiler ? Réponse dans la prochaine étape de la série consacrée au Vélo Club Villefranche Beaujolais !

Rédigé par

Natacha Cayuela
Natacha Cayuela

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *